‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 10 sur 106 · Moreau, Ichthyologie française, p · texte numérisé non relu

Moreau, Ichthyologie française, p

DK SCRIPT ION DES ESPKGKS. 35

recouvert d'une paupière étroite et circulaire. Le dos est brun;

Fig. 11. — Le Muge capiton.

les flancs grisâtres portent six à sept bandes longitudinales. C'est une espèce commune sur toutes nos côtes.

MALAGOPTKHYGIENS

FAMILLE DES CYPRINIDES

Les Cyprinides ont le corps plus ou moins allongé, les écailles cycldides. La tète est dépourvue d'écaillés; il n'y a pas de dents aux mâchoires, mais on en distingue sur les os pharyngiens.

Genkk Gakpe (Cjjprinus).

La Carpe commune {C. rarpio),

La Carpe (fig. :2o) a le museau obtus; la bouche porte quatre barbillons (deux de chaque côté) ; les ouïes sont largement fendues, l'opercule est strié; la dorsale est longue et comprend deux rayons simples et de 17 à 22 rayons ramifiés.

Ce poisson est, en général, d'un brun verdâtre avec reflets dorés sur les côtés; mais on connaît de nombreuses modifica-

LA iMsciciJi/ruiu-: dans ij:s kalx dolcks.

(ions dans la coloration, ronscmble des formes du poisson, etc. On distingue quelques variétés ou plutôt monstruosités de

cette espèce. Telles sont : 1" les Carpes dauphins, qui ont la face raccourcie et chez lesquelles la partie antérieure du crâne fait saillie en avant.

2° Les Carpes à miroirs^ dites aussi Reines des Carpes. Ici les écailles sont peu nombreuses, mais prennent un énorme développement.

2>'' Les Carpes à cuir; les écailles sont atrophiées , le derme acquiert une grande épaisseur et prend l'apparence d'un cuir noirâtre. On élève aussi en France une variété dite Carpe jaune, etc.

Quant au Carpeau, ce n'est autre chose qu'une carpe chez laquelle les organes reproducteurs semblent atrophiés; ce poisson peut acquérir un grand embonpoint.

La Carpe est un poisson d'eau douce, mais elle peut vivre

DESCRIPTION Di:S ESPÈCKS. .{5

dans les eaux saumàtres ; ainsi on en prend de grandes quantités dans la mer Caspienne et dans la mer Noire. J'ai pu en observer également dans les étangs de la Camargue.

Ce poisson se plaît dans les eaux slagnantes et s'échauflanl facilement. 11 faut en elfet que l'eau présente une tempéralui-e de plus de S^** C. pour que la fraye se produise. 11 peut d'ailleurs y avoir deux frayes dans la même année, une en mai et l'autre en juillet.

Le nombre des œufs donnés par une Carpe est considérable (300,000 à 500,000). Ces œufs ont l'"'",5 de diamètre. Ce sont des œufs adhérents que Ton trouve fixés sur les plantes aquatiques. La Carpe se range parmi les poissons herbivores, mais on sait qu'à certaines époques elle recherche avec avidité les vers, les insectes, et autres petits animaux vivant dans nos élangs. La Carpe peut atteindre des dimensions considérables. On aurait péché, en Allemagne, quelques-uns de ces poissons ayant 4°\50 de longueur et pesant 30 kilogrammes.

En France, on cite comme tout à fait exceptionnels des poissons de cette espèce pesant 4 7 kilogrammes. Tel est celui r[ui aurait été pris à Bruniquel (Tarn-et-Garonne) dans un goulTre de l'Aveyron^

Quant à l'origine de ce poisson, on n'est pas absolument fixé, Noël pense que la Carpe nous vient de l'Asie Mineure. Il fait observer que Pline en parle comme d'un poisson de mer parce que de son temps la Carpe venait encore des côtes de l'Asie Mineure où des barques légères allaient chercher les espèces les plus délicates. Ce qui est certain, c'est qu'au moyen âge la Carpe était conmiune en Allemagne et en France. Noël cite les faits suivants : Albert le Grand parle longuement de ce poisson, et il en parle d'après ses observations personnelles. Cet auteur dit que, dès cette époque, on nourrissait la Carpe dans les étangs, dont les uns étaient destinés à contenir le frai, et les autres à

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