Noël, loc. cit., p
fique prétendait que c'était le seul poisson qui méritât d'être introduit dans les eaux de l'Angieterre.
M. Millet s'éleva contre cette opinion; il avança non seulement que la chair des silures était peu digne d'estime, mais encore que ce poisson très vorace serait un danger pour nos espèces indigènes. M. de Quatrefages appuya cette manière de voir, et 31. Sacc conclut en disant que Ton ne pouvait trop désirer voir échouer les essais de multiplication du Silure.
En France, on a essayé l'introduction du Silure, sans résultats d'ailleurs. C'est ainsi que M. Valenciennes avait apporté de ces poissons en France ; il les plaça dans les bassins de Versailles, où ils périrent rapidement. 11 en fut de môme des individus que M. Goste introduisit dans les lacs du Bois de Boulogne.
FAMILLE DES CLUPEIDES
Les Glupéides ont le corps allongé, avec des écailles lisses et se détachant facilement; le ventre porte généralement une carène dentelée; la tête est nue; il a une seule nageoire dorsale.
A cette famille appartiennent des poissons très importants au point de vue des pêches maritimes, la Sardine et le Hareng. Nous ne nous occuperons ici que de l'espèce capturée dans nos eaux douces.
Genre Alose (Alosa),
Les poissons appartenant à ce genre ont le corps plus ou moins allongé; les écailles caduques; la carène ventrale présente des boucliers épineux; l'opuscule est strié.
L'Alose vulgaire [A. vulgaris). — Noms vulgaires : Poisson de mai,
Gatte, Alveiro, Sabre, etc.
L'Alose (fig. .*^8) a le corps comprimé; la carène ventrale est finement dentelée ; le museau est court; la bouche grande;
r.A piscicni/ruRK dans lks i;au\ douces.
les mâchoires armées de dents, mais ces dents disparaissent souvent de très bonne heure. L'œil porte une paupière adipeuse laissant devant la pupille une ouverture verticale, elliptique. La caudale fourchue est écailleuse à la base. Les nageoires ventrales sont très petites.
Ce poisson a les parties supérieures d'un vert bleuâtre et les parties inférieures bleuâtres; les écailles sont piquetées de noir; on distingue près de l'épaule une tache irrégulière noirâtre.
L'Alose quitte la mer pour venir, au printemps, frayer dans nos eaux douces. Elle remonte alors les fleuves ou les rivières
Fia. 38. — L'Alose commune.
s'éloignant beaucoup de la mer. On pêche l'Alose dans les départements de l'Yonne, de la Gôte-d'Or, de la Haute-Saône, du Jura, de la Savoie, de l'Isère, de la Haute-Loire. Or, comme le fait remarquer M. Moreau, pour arriver dans ce dernier département, les aloses doivent parcourir un trajet de plus de 800 kilomètres.
Les aloses se rapprochent, pour frayer, des bords des rivières, dans les endroits où l'eau n'a que O'^jSO de profondeur.
C'est pendant les premières heures de la nuit qu'a lieu la reproduction. L'évolution des œufs est rapide (de soixante à soixante-dix heures) dans l'eau à 20° G. ; une semaine dans l'eau à 16 ou 48° G. Les œufs ont besoin d'être agités pendant l'incubation.
UESCIUPTION I)i;S KSPÈCKS. 55
Ce poisson est un de ceux qui claient autrefois des plus communs dans nos eaux douces.
On pèche également dans nos cours d'eau une espèce très voisine de l'Alose ordinaire, c'est V Alose feinte. Chez celte espèce, il y a une gi'ande tache noire sur l'épaule, et sous cette tache se voient quatre à six marques plus petites et également noires. Les mâles semblent être très précoces en ce qui concerne la reproduction.
FAMILLE DES ÉSOCIDES
Les Esocides ont le corps couvert de petites écailles; la bouche bien fendue porte une grande (juantité de dents. La nageoire dorsale est reportée tout à fait en arrière.
Genre Bkochei {Esoj').
La tète est grande; on trouve des dents sur les maxillaires inférieurs, sur le vomer, les palatins et la langue. La mâchoire supérieure n'a pas de dents.
Le Brochet commun i7>\ Li(ciiis\ — Noms vuliraircs : BucJir, PugiKiN, nrfjurl. Bécot, cU".
Le Brochet (Og. »M)) a le corps allongé, jirismatique en arrière; les écailles sont petites et minces, mais très adhérentes; la tête, nue en dessus, est grande, large et aplatie; la bouche est très grande. La coloration varie beaucoup avec la nature des eaux ; le plus souvent les parties supérieures sont d'un verdàtre foncé avec de grandes taches grisâtres; les flancs sont verdâtres et le ventre blanc argenté.
Le Brochet est commun dans nos cours d'eau; il manque cependant dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le Var, l'Hérault, le canal du Midi, le lac d'Annecy.
LA PISCICULTlir.K DANS LKS EAUX DOUCKS.
Los IJi'ocliels peuvent vivre dans les eaux saunaâtres ; on en trouve dans les lagunes de Venise, dans quelques marais de la Ca-
margue.
Ce poisson fraye en février, mars, avril. Les œufs passent pour être vénéneux; cependant on prétend que, dans quelques parties de l'Allemagne, on fabriquerait avec ces œufs une sorte de caviar, et il est certain que du caviar de brochet est consommé en Russie.
La longueur du poisson peut atteindre et même dépasser un mètre. Le Brochet était connu dans le Nord de toute antiquité. La Saga célèbre d'Hervor ne laisse aucun doute à cet égard, et l'on voit dans celle de Hromund qu'il fut péché en Norvège un brochet si grand qu'il avala une épée !
Dès 1239, en France, on parle de ce poisson dans un acte relatif à la pêche des poissons de la Seine*, et les ordonnances de 1312 à 1102 en parlent également.
On y voit que dans plusieurs rivières, et notamment dans la Saône, il était défendu de pêcher le brochet avant la Saint-Laurent.
Il paraît aussi qu'il y avait alors sur les bords de la Somme des