‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 18 sur 106 · Sommeraye, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Ouen · texte numérisé non relu

Sommeraye, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Ouen

étangs dits fosses aux bequiez qui étaient surtout destinés aux brochets.

On les y noui'rissait avec des petits poissons qu'il était pernais de pêclier dans la rivière sans encourir la peine que la loi édictait contre ceux qui détruisaient le frai, pourvu qu'on ne leur donnât pas une autre destination que celle de servir de pâture aux brochets. On prétend aussi que sous Charles IX, roi de France, des brochets étaient élevés dans un des bassins du Louvre et qu'ils venaient, à certains appels, chercher leur nourriture.

Le Brochet est un poisson des plus voraces. ]\L IMillet rapporte qu'un de ces poissons qu'il conservait en captivité absorba, en vingt jours, 200 goujons de la grosseur du doigt. Cela nie paraît en somme une quantité relativement faible de nourriture pour un poisson tel que le brochet. On a raconté l'histoire de brociiets qui auraient vécu un temps considérable. C'est ainsi que nous connaissons un récit disant qu'en IGIO on pocha dans la Meuse un brochet muni d'un anneau de cuivre portant la date de lû/18; en 1497, on prit dans le lac de Kaiserweg, près de IManheim, un brochet qui avait plus de six mètres de longueur et qui pesait 360 livres ! 11 était orné d'un anneau de cuivre doré attaché par ordre de l'empereur Barberousse deux cent soixantesept ans avant l'époque de cette pêche miraculeuse.

Ces récits ne doivent être acceptés qu'avec d'extrêmes réserves.

FAMILLE DES SALMONIDES

Les Salmonidés ont le corps couvert d'écaillés lisses; les yeux sont ordinairement entourés d'une paupière adipeuse. 11 y a deux nageoires dorsales, mais la deuxième n'est en réalité qu'une sorte de prolongemeut adipeux.

Il y a des dents aux mâchoires et souvent même sur le vomer, les palatins et la langue.

LA PISCICULTUni- DANS LKS KAÏJX T)0( CES.

( i E N R E S \ l M 0 N (Sa Im O) .

Les Saumons ont le corps allonge, comprimé et couvert de petites écailles adhérentes; les mâchoires, le vomer, les palatins et la langue portent des dents qui peuvent disparaître chez les adultes.

Le Saumon commun {Salmo salar). — Noms vulgaires : los petits saumons sont nommés : Renny (Moselle), Tacons, TaconneLs, Orgues,

Gui-Moisson Suivant leurs livrées diverses, on les Mésigne sous les

noms suivants : Saumons de carême, Madeleinaux, Cocards, Gros blancs, Saumons d'Alose^ Marcassins, etc.

Nous donnerons une description sommaire de ce poisson dont l'extérieur est si connu. Le corps est allongé, fusiforme ; les écailles lisses sont adhérentes (fig. 40). D'après M. Moreau,

la tête a, chez les adultes, une longueur égale au sixième de la grandeur totale.

Les mâchoires sont bien gar-

Fig. 40. — Écaille de Saumon prise sur les flancs.

nies de dents ; le chevron du vomer est denté. Le bord postérieur de l'opercule dessine une courbe régulière; il y a deux nageoires dorsales, la seconde constituée par un prolongement adipeux.

Les parties supérieures sont, chez radultej,d'un bleu métalhque, les flancs gris argenté, le ventre blanc d'argent. Le dessus de la tête et l'opercule sont marqués de taches noires; des taches semblables se montrent au-dessus de la ligne latérale. La coloration varie d'ailleurs avec l'âge du poisson. Chez les jeunes sujets, cette coloration est grise, avec quinze à dix-huit bandes transversales noires (fig. 41). Chez certains sujets, la mâchoire

DKSCRIPTION DES ESPÈCES.

inférieure se recourbe eu crochet. Cette déformation est assez prononcée pour ({ue di- ^

vers auteurs aient consi- ' '

déré cette forme comme constituant une espèce particulière (Salmo liamalus). C'est \e Saumon BécariL Jusqu'il présent, on a toujours écrit que ces Bécards étaient de vieux mâles. C'est

Ki^-. il. — Jeune Saumon, après 'a répor]»tion

do la vésicule ombilicale, grossi.

La lij^no A indiqua sa Kraïuituir iiaturi'Ut».

ainsi que M. E. Blanchard disait: « Aujourd'hui, on est assuré que la courbure parfois très prononcée de la mâchoire inférieure

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Fig. 42. — Saumon Bécard (mâle) i»ris le 14 janvier 1889, à Léry (embouchure do l'Eure), en état de frai. (Poids : 6*^,700.)

Fig. 43. — Saumon franc (femello) \n'h le 21 janvier 18S0, au ^Manoir (Seine), vouant de frayer. (Poids : 6 kilogrammes.)

des mâles n'est pas un caractère spécifique '... » M. Benecke considère le Bécard [llakenlaschen) comme un vieux mâle' (fig. /|2 et h?*).

1. E. Blanchard, les Poissons (1rs cour douces de l<i France, p. 451.

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