Ilandbuch dcr Fisclizuclil und fischerci, p
60 LA PISCICULTUIIK DANS LKS K A IJ X DOIJCKS.
Récemment, divei's observateurs ont avancé : i° que les Bécards pouvaient être des femelles, bien que cependant la grande majorité de ces Saumons diiïormes appartînt au sexe mâle; 2** que de jeunes Saumons pouvaient être Bécards.
Mœurs. — Nous décrirons ces mœurs telles qu'elles ont été indiquées jusqu'ici par les auteurs classiques, d'après les observations faites en Ecosse et en Angleterre.
Coste en 1861, Coumes en 1852, publièrent sur ce sujet des rapports importants dont M. Blanchard a donné le résumé dans son livre sur les poissons de France.
Lorsque le jeune poisson vient d'achever la résorption de la vésicule ombilicale, il a 0°',03 de longueur, mais il grandit
Fig. 44. — Jeune Saumon ou Saumonneau.
rapidement; son corps s'allonge, prend une teinte grisâtre et porte 15 à 18 bandes transversales noirâtres. Il est à l'état de Parr et reste sous cette livrée pendant un an ou deux. Puis cette apparence change; les parties supérieures deviennent d'un bleu métallique, des taches de même coloration apparaissent sur les flancs, le ventre est d'un beau blanc argenté : c'est l'état de Smolt (fig. 44). Remarquons d'ailleurs qu'un certain nombre de Parrs ne se changent pas en Smolts au bout d'une année ; la moitié environ de ces Parrs conserve la même coloration et séjourne deux ou trois années dans les eaux douces. Quoi qu'il en soit, c'est sous la livrée Smolt que les saumons accomplissent leur premier voyage à la mer. Arrivés à l'embouchure du fleuve,
ils s'arrêtent pendant deux ou trois jours, comme s'ils voulaient s'habituer au changement de milieu, puis ils disparaissent dans la mer. Au large des côtes françaises, le Saumon n'est jamais capturé, mais il ne semble pas en être de même partout.
Dans un discours prononcé à la Chambre des députés, M. de la Ferronnays avait dit : a Nous avons en permanence dans nos ports des matelots norvégiens, et tous nous disent que, dans leur pays, quand ils se livrent à la pêche au large des côtes, ils recueillent à la fois dans leurs filets des gros, des moyens et des petits saumons, c'est-à-dire des saumons de tout Age... » M. le professeur Collet, de Christiania, s'est expliqué comme suit dans une lettre adressée à 31. Vaillant^ : « Quant au dire des matelots norvégiens sur la pêclie des saumons sur nos côtes, voici ce qui en est : pendant l'été, des milliers de saumons sont capturés dans les filets le long de la côte, depuis le Linderneese jusqu'au Finmark; la plupart sont déjeunes individus, mais il y en a d'adultes; ils suivent évidemment le rivage pour chercher l'embouchure des fleuves dans lesquels ils remontent pour frayer... »
Ce n'est donc pas au large des côtes que Ton pêche le saumon en Norvège, mais près du rivage.
11 reste toujours un fait inexpliqué. Que devient le saumon dans les profondeurs de la mer? » S'il se réfugie dans les régions abyssales, comment se fait-il que les dragages aujourd'hui assez nombreux exécutés par de grandes profondeurs n'en aient pas encore ramené aucun, ou même qu'on n'en ait pas accidentellement pris, comme certains poissons de ces mêmes régions, à la suite des grandes tempêtes? Ce fait de non-capture paraît d'autant plus extraordinaire que l'accroissement rapide de volume acquis par le saumon dans les eaux marines indique assez qu'il y mène une vie active'. »
1. Vaillant, Sur la présence du Saumon dans les eaux marines de la Norvège. (R. Se. nat. app., p. 111.)