SYSTEME MUSCULAIRE
Le système musculaire des poissons est presque entièrement constitué par deux grandes masses latérales, dites muscles latéraux. Ils s'étendent depuis la tcte jusqu'à la nageoire caudale. Outre ces muscles latéraux, on distingue les muscles grêles du tronc et le muscle rouge ou cutané^ faisceau musculaire coloré et placé entre les masses des muscles latéraux. Les muscles des poissons sont toujours plus ou moins décoIor('s. Il y a cependant d'assez nombreuses exceptions à cette règle.
SYSTEMI': NERVEUX
Le système nerveux comprend : le cerveau, la moelle, les nerfs.
Le cerveau des poissons est, en général, peu développé. Il n'occupe qu'une portion de la boîte crânienne, les vides étant comblés par une matière graisseuse, transparente, (^liez les poissons osseux, le cerveau est constitué par une sorte de chapelet formé par des lobes disposés à la suite les uns des autres. On admet que les lobes antérieurs sont les lobes olfactifs, puis viennent les lobes ou hémisphères cérébraux. En arrière de ces lobes cérébraux, se montre sur la ligne médiane une petite protubérance, la glande piné aie. Viennent ensuite les lobes optiques et enfin les lobes représentant le cervelet.
En examinant le cerveau par sa face inférieure, on voit au-dessous des lobes opticfues deux protubérances (Ud}es inférieurs de Cuvier), et plus en avant la glande pituitaire.
Les nerfs crâniens sont au nombre de douze paires. Chez beaucoup de poissons osseux, le nerf facial semble n'être qu'une
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l)ranclie du li'ijumcaii. Les nerfs ojjliques sont tièsdoveloppf^s. Les nerfs spinaux naissent, comme choz les autres vertébrés, paideux racines et vont se distribuer à loutes les parties du corps. Quant au grand sympathique, il est formé par de nombreux ganglions placés de chaque côté de la colonne vertébrale ; les nerfs de ce système offrent de nombreuses anastomoses avec les nerfs crâniens et spinaux.
ORGANES DKS SENS
Toucher. — Le sens du toucher s'exerce chez les poissons par divers organes : i° par les lèvres et les replis labiaux; 2° par les barbillons, c'est-à-dire par ces prolongements charnus que l'on observe autour de la bouche de certains poissons; 3" par les nageoires. Dans toutes ces parties, on trouve, en effet, de nombreux corpuscules tactiles. 11 arrive même que les nageoires modifiées semblent détournées de leurs fonctions ordinaires pour être spécialement utilisées pour le tact. C'est ainsi que chez les Trigles ou Grondins on voit trois rayons de la nageoire pectorale devenir libres et servir à fouiller la vase pour y découvrir les corps organisés qui servent d'aliment au poisson. Le sens du toucher semble encore s'exercer par le système de la ligne latérale. Lorsque l'on examine un poisson, on distingue vers la ligne médiane du corps une sorte de ligne sinueuse, formée par des écailles d'une forme spéciale. Sous ces écailles se montrent des organes d'une structure très comphquée. On distingue un canal traversant la série d'écaillés de forme particulière, canal qui existe non seulement sur les flancs des poissons, mais qui se prolonge également sur la tête, où il se ramifie en tubes plus ou moins nombreux.
GoiU, — Le sens du goût semble peu développé chez les poissons. Cependant, chez quelcjues espèces, la langue présente des papilles nerveuses bien déterminées.
Odorat, — Ce sens existe chez les poissons. L'appareil de l'olfaction est constitué par un double sac placé sur les côtés de la tête. Chacun de ces sacs présente une ouverture antérieure et une ouverture postérieure. On trouve à l'intérieur de ces cavités une membrane pituitaire contenant des éléments nerveux (bâtonnets olfactifs) qui ne permettent pas d'hésiter sur le rôle des sacs dont il est ici question.
Ouïe. — L'organe de l'audition est ici très simplifié. L'oreille externe fait complètement défaut , l'oreille moyenne elle-même n'est pas représentée. Le labyrinthe persiste seul, et il est plus ou moins libre dans la cavité crânienne. Il semble inutile de donner une description détaillée de cet appareil. Nous rappellerons cependant que la vessie natatoire semble, chez certains poissons, jouer un certain rôle dans l'audition. On v,oit, en elVet, quelquefois, cette poche remplie d'air reliée au vestibule de l'oreille, soit par un canal (Alose, Hareng), soit par une chahie d'osselets (Carpe, Loche).
Vue, — Les paupières manquent ordinairement chez les poissons. Cependant, chez quelques-uns d'entre eux (Clupes, Muges, etc.), on peut observer une paupière adipeuse ne jouissant d'ailleurs d'aucune mobilité. Les yeux sont le plus souvent disposés d'une manière symétrique. Seuls, les Pleuronectes (Sole, Turbot, etc.) font exception à cette règle, et encore la symétrie existe chez ces poissons au moment de leur naissance.
L'œil est formé par la sclérotique, la cornée, la ciioroïde^ l'iris, la rétine, le cristallin, l'humeur aqueuse et le corps vitré.
Les procès ciliaires sont remplacés par un organe spécial, le ligament falciformc, comprenant deux parties : le cordon et la cloche.
La cornée est légèrement aplatie; le cristallin est presque complètement sphdrique et très volumineux.
D'après MM. Trémy et Valenciennes, le cristallin dos poissons s'éloigne entièrement, par sa composition chimique, du cristallin des autres vertébrés. Le noyau est tout à fait inso-
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Organes (Hecirù/ues. — Au systènne nerveux se rattachent les organes qui permettent à certains j)oissons (ht développer une quantité d'électricité très apprécial)le et (jui semble leur constituer un appareil olTensif et défensif. Sans entrer ici dans une description détaillée, nous nous bornerons à rappeler que l'appareil électrique est très développé chez un poisson bien connu sur nos côtes, la Torpille.
Téguments. — La peau des poissons comprend deux couches distinctes, l'épiderme et le derme. La couche de Malpighi manque ordinairement. On observe dans le derme de grandes cellules contractiles renfermant du pigment. Ce sont les chromatophores ou chromaioblastes. Ces cellules sont noires ou rougeâtres. D'après M. Ganestrini, ce serait à l'élargissement des chromatophores rouges que seraient dues les vives couleurs présentées par certains poissons à l'époque de la reproduction. Lorsque les poissons sont exposés à une lumière vive, leurs couleurs deviennent plus claires par suite de la contraction des chromatophores. Si, au contraire, ils se trouvent placés dans l'obscurité, les chromatophores se dilatent. M. G. Pouchet a montré que les contractions ou les dilatations des chromatophores se faisaient sous Finfluence des nerfs du grand sympathique.
Suivant le même auteur, la vue jouerait un rôle important dans les changements de coloration. Les poissons ont une tendance à prendre une couleur en harmonie avec celle des fonds sur lesquels ils se meuvent. Si, par exemple, un poisson passe d'un fond clair sur un fond sombre, il prend une teinte plus foncée. Or, si l'on vient à enlever l'un des yeux d'un poisson mis en expérience, on le verra encore changer de couleur, mais seulement du côté où l'organe de la vision aura été respecté.
Écailles, — Chez l'immense majorité des poissons, la peau est recouverte d'écaillés, quelquefois de plaques osseuses. Ces écailles sont en partie contenues dans des prolongements de la
NOTIONS SUR L'ORGANISME DES POISSONS. Il
peau. Chacune de ces écailles est enveloppée d'une tunique très mince, parfois garnie d'une substance blanc d'argent.
Les écailles peuvent d'ailleurs présenter de grandes différences de forme et de structure. Agassiz avait même basé toute une classification sur ces caractères. C'est ainsi qu'il distinguait :
.4" Les Ganoides, c'est-à-dire les poissons chez lesquels les écailles très épaisses sont formées de deux substances distinctes et superposées : 1" une couche supérieure luisante et lisse (émail) ; 2° une couche osseuse dite écusson,
2" Les IHacoïdes, chez lesquels les écailles sont presque complètement formées de dentine. Elles forment, soit des petites aiguilles dentelées et pointues, soit des plaques arrondies.
3° Les Cycloïdes, poisso!is chez lesquels les écailles présentent un grand nombre de petites lignes, en général concentriques, partant d'un seul point excentrique d'où rayonneni, vers les bords, des sillons creusés dans l'épaisseur de l'écaillé.
4° Les Cténoïdes, dont les écailles construites comme les précédentes ont le bord libre dentelé en forme de scie.
Epines appareils vulnérants et appareils à venin. — Un certain nombre de poissons portent des parties épineuses qui peuvent leur servir d'armes offensives ou défensives. Ces épines sont quelquefois de simples instruments vulnérants, mais très souvent elles servent à inoculer un venin sécrété dans des glandes spéciales. M. le D' Bottard a publié un mémoire d'un vif intérêt sur ce sujet ^ Parmi les poissons cités par cet auteur, j'appellerai un instant l'attention sur la Vive, espèce très commune sur nos côtes. Toutes les espèces de ce genre portent sur l'opercule une épine qui se montre particulièrement dangereuse. Cette épine est creusée au-dessus et au-dessous d'un canalicule s'étendant de la pointe vers la base. Elle est en connexion avec une glande fort bien décrite par le D"" Bottard, qui a montré que sa