Lamy, Éléments de pisciculture
98 LA PISCICULTUHE DANS LKS EAUX DOUCES.
sera bon de pourvoir h leur nourriture, pendant les premiers jours surtout. On leur jettera quelques poignées de petit son ou des boulettes faites avec deux tiers de son et un tiers de petit blé bouilli.
Les choses étant ainsi disposées, on songera à mettre les Truites dans l'étang. Si nous supposons que cet étang ait un hectare de superficie, on y placera cinq Truites femelles et cinq Truites mâles, ayant un poids moyen de 500 à 1,500 grammes. On mettra les poissons à l'eau dès les premiers jours d'octobre.
Comme je l'ai déjà dit, s'il existe une frayère naturelle dans l'étang, on n'a pas besoin de s'en préoccuper, les Truites sauront bien la trouver au moment nécessaire. Mais, dans le cas contraire, il faudra faire le nécessaire. Dans un endroit peu profond, tranquille, on jette du gravier sur une surface de 2 à 3 mètres et sur une épaisseur de 0™,30 à 0"',40.
11 est bien certain qu'un grand nombre d'œufs seront perdus, quelques précautions que l'on prenne. Mais comme nos cinq Truites donneront au moins 8,000 œufs, si on admet que le dixième de ces œufs vienne à bien, on aura encore 800 poissons, quantité bien suffisante pour peupler un étang d'un hectare.
11 ne faut pas oublier que, dans bien des cas, il sera plus rapide et plus sûr de peupler directement l'étang avec de jeunes Truites ayant déjà un an ou dix-huit mois d'existence.
La nourriture des poissons sera assurée parles mollusques, insectes aquatiques et petits Gyprinides, habitants de l'étang. Si on voulait augmenter encore cette alimentation, — et nous verrons qu'il y a toujours intérêt à nourrir abondamment les poissons que l'on veut élever, — on pourra leur fournir une certaine quantité de nourriture artificielle. On peut, par exemple, employer le procédé suivant, recommandé, d'après les auteurs américains, par M. Gauckler, qui l'a décrit de la façon suivante : a Audessus de la surface de l'eau, on fixe sur un piquet solidement planté dans le fond une corbeille en treillis de fer galvanisé. Dans cette corbeille, on place des déchets de viande crue, des
intestins, etc., sur lesquels les mouches viennent déposer leurs œufs. Bientôt les asticots ou larves de mouches éclosent et vont tomber dans l'eau où les attendent les Truites. Pour empeciier que la chair ne se dessèche au soleil, qu'elle devienne la proie des oiseaux carnivores, ou répande au loin une odeur désagréable, on recouvre la corbeille avec un tonneau défoncé par le bas (jui forme cloche et plonge dans l'eau. Ce tonneau est percé d'un grand nombre de trous permettant l'accès des mouches. A côté du toimeau est planté un j)oteau muni d'une console (jui porte une poulie. Une corde passe sur la poulie et vient se lixer au centre du plafond du tonneau, muni pour cela d'un ciochet. Elle permet de le soulever et de l'abaisser quand on veut visiter les provisions et les renouveler \ n
M. Dill, (l'IIeidelberg, a récemment publié divers articles oïl il s'est occupé de la nourriture à donner aux Truites et aussi de rélevage en étang de la Truite arc-en-ciel. Cet auteur donne aux Truites de ses étangs une nourriture artificielle. Après les avoir alimentées dans le jeune âge de la manière que j'indiciuerai plus loin % il donne aux Truites ayant déjà 0"Vli2 à 0'",15, des petits vers, des escargots, de la viande de cheval, aussi bien que des petits poissons de faible valeur.
La croissance des Truites arc-en-ciel serait très rapide. En les nourrissant convenablement on obtient, en deux ans et demi, des poissons pesant en moyenne une demi-livre. ^lais, en donnant une alimentation plus abondante, on peut obtenir ce poids beaucoup plus tôt.
D'après M. Dill% les Truites arc-en-ciel ne commencent généralement à pondre qu'à l'âge de trois ans. Les mfdes, au contraire, seraient aptes à frayer dès leur deuxième année.
(( Dans une exploitation rationnelle, dit M. Dill, il convient d'avoir cinq bassins ou étangs disposés à la suite l'un de l'autre