Voir Bull. Soc. centr. d'aquic, t. V, p
3. M. Archambault a fait de son côté quelques essais infructueux dans un étang du Loir-et-Giier. II est vrai qu'il n'avait pas pris la précaution d'assurer l'alimentation de ses truitelles, alimentation qui, d'après M. Lugrin, serait indispensable.
dans les eaux saumàtres. Il y a donc intcict non seulement à conserver les élangs existants, mais à remettre en eau, lorsque cela peut se faire sans trop de frais, d'anciens étangs desséchés.
Dans les contrées où le sol est peu fertile, d'une faible valeur, le produit de l'hectare d'étang est toujours supérieur à celui de Thectare mis en culture; j'en fournirai de nombreux exemples.
J'examinerai d'abord le cas le moins favorable, c'est-à-dire celui où l'on n'a à sa disposition qu'un élang c|ue l'on doit garder sous l'eau d'une manière presque constante.
Pour être propre à l'élevage de la Carpe, et pour que ce poisson puisse s'y reproduire, un étang doit être alimenté, soit par les eaux i)luviales, soit par une rivière dont la température est suirisamment élevée. Il est nécessaire, en eiïet, que les eaux mêmes de l'étang puissent atteindre une température de !2V C environ pour i\ue les Carpes puissent y frayer facilement. Nous verrons que, dans les élangs de la haute Somme, les Carpes ne peuvent se reproduire à cause de la température de l'eau, sufilsante ce])endant pour le frai de la Tanche.
C'est par la même raison qu'il est préférable que les bords de l'étang ne soient pas plantés d'arbres. Le fond doit être vaseux, au moins sur une certaine étendue, car pendant l'hiver les Carpes s'enfoncent dans la vase et y subissent une sorte d'hibernation.
11 est utile également que le nombre des poissons carnivores, et particulièrement des Brochets, ne soit pas trop considérable dans l'étang.
Le frai a lieu d'habitude en juin ou juillet, suivant la température extérieure. Une Carpe pond environ 100,000 œufs; en admettant que le quart de ces œufs arrive à éclosion, une Carpe d'un kilogramme aura donné environ 25,000 alevins ou feuilles.
Si l'on suppose que l'on ait empoissonné un étang d'un hectare avec six Carpes femelles et quatre mâles, on aura dans l'étang environ 100,000 alevins.
40i I.A PISClGULTUrU-: DAiNS LES EAHX DOL'CFIS.
Abandonnes à cux-mônacs, ces nombreux petits poissons ne tarderaient pas à })érir en grande partie, faute d'une nouriiriturc suffisante. 11 faudra donc les alimenter, soit avec des tourteaux, soit avec le mélange suivant, préconisé par M. Uai-z, de Munich :
1*011(1 re do viande GO |)arli('S (en poids).
Gâteau de sésame 'iO —
— de lin 4 —
Avoine 10 —
Quand les poissons ont acquis une certaine taille, on peut les alimenter avec des graines bouillies, des vers, des pommes de terre râpées, du fumier de porc ou de mouton, e(c.
J'ai déjà insisté sur la nécessité absolue de nourrir les poissons que l'on veut élever et faire croître rapidement. M. Vandem Borne a fourni des exemples de l'eflét d'une alimentation suffisante pour les Carpes. D'après lui, une Carpe abondamment nourrie peut peser une livre et même plus au bout du premier été.
Au printemps de 1876, on mit dans un étang de 3/16 d'hectare deux Carpes femelles et un mâle, d'un poids de quatre à cinq livres, et trente Tanches ayant de 0^,i5 à 0"',20 de longueur. A l'automne de 1877, on mit l'étang à sec et on trouva que les trois Carpes pesaient 11, 12 et 15 livres^
D'après Horack, l'accroissement des Carpes pendant une année se fait dans les proportions suivantes :
Mai. • • . 10 pour 100.
Juin 30 —
Juillet 35 —
Août 20 —
Septembre 5 —
100 pour 100.
Pendant l'hiver, il est inutile de penser à ahmenter les
1. M. Van dera Borne, Handbuch der fischzuih uni fischerei. Berlin, 1886.
Carpes. Ces poissons s'enfonccnl alors dans la vase et ne mangent que peu ou pas du tout.
II faut avoir le plus grand soin de maintenir le niveau de l'eau dans l'étang à l'époque du frai, sinon les œufs resteront à sec et seront perdus.
Dans le cas même où l'on ne possède qu'un seul étang, il est utile de faire construire un réservoir. 11 peut, en eflet, se produire tel ou tel accident qui oblige de pécher rapidement l'étang, et on serait fort gêné pour loger tous les poissons capturés, si on ne pouvait les placer en réservoir.
Si maintenant nous supposons que l'on puisse avoir plusieurs étangs à sa disposition, nous verrons que l'élevage de la Carpe pourra se faire dans de meilleures conditions.
Il est bon de pouvoir disposer d'au moins trois étangs. L'un sera destiné à recueillir le frai, les alevins ou feuilles; le deuxième servira à élever les alevins, et enfin le troisième recevra les poissons que l'on voudra faire croître rapidement.
1° ÉtaïKj à feuilles. — La profondeur de cet étang ne doit pas dépasser un mètre; les berges seront complètement dépourvues d'ombrage, bien exposées au soleil, garnies d'une abondante végétation. Tout doit être ici disposé pour que les eaux de cet étang puissent s'écliauirer rapidement.
11 est très utile que cet étang, qui ne doit jamais avoir une grande superficie, puisse être vidé rapidement. Cet étang d'ailleurs sera mis à sec pendant l'hiver, car c'est le meilleur moyen de faire périr les ennemis des œufs et des alevins.
Si l'étang à feuilles n'a ({ue t25 ares, on y mettra trois mâles et deux femelles; s'il a une superficie d'un hectare, on mettra six femelles et quatre mâles. Je dois ajouter que, d'après les pisciculteurs allemands, il vaudrait mieux augmenter le nombre des mâles. Ainsi pour un hectare d'étang on prendrait six femelles et neuf mâles.
Ces reproducteurs doivent peser 2 à 3 kilogrammes, des sujets de quatre à cinq ans.
106 LA PISCICULTURE DANS LKS KAUX DOUCKS.
(( Il est, didicilo, dit I\I. Ilorack, de reconnaître exaclerncnt Tagc de la Carpe... Toulefois, on se trompera rarement en choisissant des sujets dont la tête est petite en proportion du corps. 11 y a là un indice assez sur qu'on a affaire à un poisson qui s'est rapidement développé et (jui est, par conséquent, jeune encore ^
Il y a, en eiïet, grand avantage à ne pas employer des reproducteurs trop âgés, bien c{ue pour les Truites il ne semble pas en être de même.
Les alevins recueillis sont placés au printemps suivant dans le deuxième étang ou étang à nourrains.
2^ Etang à nourrains ou à empoissonnages. — Cet étang doit avoir une profondeur d'environ 2 mètres, et il doit, comme le premier, être bien exposé aux rayons du soleil. En Allemagne, il semble que l'on arrive à mettre J ,000 et même i,200 nourrains par hectare. En France, on ne met guère plus de :240 empoissonnages par hectare de bon fond, .160 sur les médiocres, 120 sur les mauvais. On a l'habitude d'ajouter 8 à 10 kilogrammes de Tanches et 10 Brochets de 250 grammes par 100 d'empoissonnages. Les Brochets doivent jouer un double rôle. D'abord ils diminuent le nombre des Carpes, lorsque celles-ci sont trop nombreuses, et puis ils détermineraient chez ces poissons une agitation qui les forcerait à aller, venir et à chercher plus activement leur nourriture.
Si l'étang est bon, si les poissons y trouvent une alimentation suffisante, les petites Carpes, qui à un an devaient avoir environ la longueur du doigt, devront, quand elles auront deux ans, peser 250 à 350 grammes et dépasser de beaucoup la longueur de la main; « quelques sujets atteindront même, dans de bons étangs, un poids de 400 à 450 grammes* ».
3** Etaiig à Carpes proprement dit, — On mettra dans cet étang 200 à 300 poissons de deux ans par hectare. Cela semble