Vander Snickt, Étangs et Rivièt-eSj 1894, p
(( Un propriétaire possédant dans son jardin deux bassins de 2 ou 3 mètres de diamètre de O'^JïO à (r,50 de profondeur peut encore fabriquer de la carpe à plaisir. Les deux bassins doivent être séparés; celui qui est destiné à contenir les Carpes mrdes et femelles doit avoir, sur deux points de sa circonférence, des retraites pratiquées dans le sol ayant au moins 0'",/]0 de profondeur et autant de largeur. En été, (juand le poisson trouve l'eau trop chaude, il se retire dans ces petites excavations où l'eau a toujours plus de fraîcheur. Le bassin doit être garni d'herbes aquatiques qui, tout en servant de nourriture à la Carpe, assainissent l'eau et l'empêchent de se troubler.
(( Quand le temps de la ponte approchera, il faudra surveiller les Carpes, observer leurs mouvements, tout en prenant garde de les troubler dans leur opération.
(( Lorsque la ponte sera faite, que les herbes seront chargées d'œufs, on les retrouvera et on les portera dans le bassin à éclosion ou à élevage. Ce bassin doit mesurer la même grandeur et la môme profondeur que le premier ; seulement ses bords devront être disposés de façon à présenter tout autour une retraite superficielle de 0"',20 de largeur et toujours baignée j)ar ()'",0i ou 0°',02 d'eau. Le petit poisson aussitôt éclos se plaît à gagner les endroits peu profonds. Sans cette précaution, rélevage ne réussirait qu'incomplètement. Si on ne peut pas donner au bassin à élevage cette retraite indispensable, on enfoncera dans son milieu un pieu sur le sonnnet duquel on fixera une table ronde de 0"\50 à 0"',G() de diamètre faite de bois blanc et qu'on pourra recouvrir d'un peu de terre glaise. Cette table devra être baignée par 0"',01. ou O^jO^ d'eau. Deux ou trois jours après son éclosion, le poisson mange; il faudra donc une ou deux fois par jour lui donner des ponniies de terre cuites et bien broyées, un peu de farine d'orge, des pois, du maïs, etc.
(( 11 faudra en même temps tenir le bassin garni d'herbes
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aquati([iics ou renouveler l'eau, autrement elle se gâterait et le poisson nnourrait. 8i l'on remarque que sa peuplade est trop nombreuse, on en diminuera le nombre au fur et à mesure que les sujets grossiront, et le trop plein sera jeté à la rivière... Dans un bassin de 3 mètres de diamètre, de 0"',60 de profondeur, avec deux ou trois retraites souterraines on pourrait placer soixante petites Carpes et soixante autres de grosseur moyenne. Si le bassin est garni d'herbes sur ses bords, si la Carpe est bien nourrie avec des pommes de terre ou des graines bouillies de toute sorte, vers de terre, etc., j'ai l'intime conviction qu'une Carpe, proportion gardée, peut augmenter chaque année de 250 à 300 grammes \.. »
Je crois devoir donner maintenant quelques renseignements sur des groupes d'étangs qui ont une certaine importance.
Étangs de la Bombes (Département de l'Ain).
Le pays de la Bombes a possédé des étangs depuis une époque très reculée. La nature du sol, argile glaciaire", étant absolument favorable à l'établissement de ces étendues d'eau, le nombre s'en augmenta toujours jusqu'au xviif siècle. Dès le XIII® siècle, leur nombre était déjà considérable. Quoi qu'il en soit, en septembre 1792, la Convention rendit un décret qui disait que :
« Lorsque les étangs, d'après les avis et procès-verbaux des gens de l'art, pourront occasionner, par la stagnation de leurs eaux, des maladies épidémiques ou épizootiques, ou que, par leur position, ils seront sujets à des inondations qui envahissent les propriétés inférieures, les Conseils généraux des départements (aujourd'hui les préfets) sont autorisés à en
1. D»" Lamy, Nouveaux éléments de pisciculture. Paris, 1866, p. 59.
2. D*" Brocchi, Bapport adressé au Ministre de V Agriculture {Bull, du Minist, de l'Agr., 9'= année, n« 8, 1890).
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ordonner la destruction sur la demande rornielle des Conseils généraux des communes (conseillers municipaux) et après avis des administrateurs de district (aujourd'hui les sous-préfets). »
Et le 14 frimaire an II, une nouvelle loi ordonna, sous peine de confiscation au profit des prolétaires de la commune, le dessèchement, dans l'espace de deux mois^ de tous les étangs de la /{l'piibUï/ue et leur ensemencement en graines de maïs ou leur plantation en légumes propres à la subsistance de l'homme.
Cette loi était inapplicable, et elle fut d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, rappoitée peu de temps après.
A une épo(|ue bien plus rapprochée de nous, en 4859, une Commission fut chargée d'étudier la question des étangs de la Dombes et d'amener une solution prompte dans Vamélioration sanitaire et agricole de la Dombes, Cette Commission déposa assez rapidement un rapport dont voici les conclusions principales :
1° Suppression de tous les étangs de la Dombes qui, après enquête, seraient déclarés insalubres, dans un délai de quinze ans ;
2° Allectation d'une somme déterminée à des primes destinées à faciliter et à accélérer l'assainissement et la transformation du sol occupé par les étangs, etc.
Il y avait une difficulté pour le dessèchement des étangs, difficulté résultant de la manière dont la propriété était établie.
En réalité, il y avait deux propriétés distinctes. En elTet, tout propriétaire d'un fonds ([ui pouvait recevoir l'assiette d'une chaussée avait le droit de construire sa chaussée pour établir un étang, et par suite d'inonder les fonds contigus. Si les voisins concouraient aux travaux et dépenses nécessaires pour l'établissement de l'étang, ils prenaient une part proportionnelle dans le produit de la vente du poisson. Mais, dans tous les cas, ils restaient propriétaires de leur sol et avaient le droit d'exiger un an d'assec après deux ans d'eau. De plus, ils avaient, pendant la jachère d'eau : P le droit de brouillage, c'est-à-dire le droit de
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mener paître leurs troupeaux pendant le séjour de l'eau ; l^'' le droit de naisarje, c'est-à-dire la permission de faire venir du chanvre dans l'étang, excepté dans la pêcherie et près des thons; 3° le droit d'abreuvarje ; 4'' après la jachère d'eau, le droit de champiage, c'est-à-dire le droit d'envoyer paître les troupeaux pendant que l'étang est à sec.
De là la distinction de deux propriétés distinctes placées très souvent en des mains diflerentes.
En résumé, un étang en Dombes comprend deux parties, l'eau et le sol. L'eau et son produit constituent ïévolage; le sol et la culture, Vassec.
Or, chacune de ces propriétés peut être vendue, échangée, transmise par héritage, affermée séparément, sans que l'un des propriétaires ait besoin du concours ou du consentement de l'autre.
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1863, où une convention passée entre l'Etat et une Compagnie particulière mit fin à toutes les controverses et assura l'assainissement du pays.
Cette convention disait en substance qu'un chemin de fer de Sathonay à Bourg par Villars était concédé à la Compagnie, que l'État accordait à ladite Compagnie une subvention de 3,750,000 francs. Cette somme devait être versée en dix payements semestriels égaux; mais, avant chaque payement, la Compagnie devait justifier de l'emploi en achats de terrains ou en travaux et approvisionnement de matériaux d'une somme double de celle qu'elle avait à toucher.
La Compagnie s'engageait à dessécher et à mettre en valeur dans un délai de dix ans, à partir du 15 juillet 186i, 6,000 hectares d'étangs au moins; de ce chef, la Compagnie devait toucher encore une subvention de 1,150,000 francs.
A la date du 20 juillet 1870, 5,545 hectares, 13 ares, 89 centiares avaient été desséchés. Des voies de communication étaient en même temps établies, des puits étaient creusés, et ces mesures amenèrent dans le pays un état de bien-être qui, à
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mon avis du moins, fit plus pour ramclioration de la santé publique que le dessèchement des étangs.
Superficie actuelle des étangs.
En 1845, la superficie des étangs était de 17,901 hectares. Il est diflicile de donner un chilTre exact pour la superficie actuelle. Cependant on peut évaluer cette superficie à 10,000 hectares. Les dimensions des étangs sont en moyenne de 20 à 30 hectares. On en trouve cependant un de 180 hectares, un assez grand nombre de 50 à 100 hectares, et beaucoup de 40 à 15 hectares.
Ces étangs sont alimentés par les eaux pluviales. Les poissons qu'on y élève sont les Carpes, les Tanches et les Brochets*.
Les poissons de ces étangs sont atteints d'une maladie dite du gros ventre^, qui en fait périr une grande quantité. Je décrirai plus loin cette maladie et ses causes*.
Mode d* exploitation des étangs.
Les étangs sont généralement laissés deux ans en eau et cultivés la troisième année.
Etangs à sec. — Un étang qui vient d'être mis à sec a été fertilisé non pas, comme on le dit et on le croit généralement, par l'eau elle-même, mais par l'engrais du aux déjections des poissons, et aussi par les matières organiques entraînées par les pluies, par exemple les excréments des bestiaux pâturant dans le voisinage. Les étangs sont généralement ensemencés en blé ou en avoine. On pêche dès le commencement de l'hiver pour que les gelées détruisent les herbes aquatiques qui fournissent de