‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 40 sur 106 · Voir p. t · texte numérisé non relu

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l'engrais, mais qui gnnent la cullure (}naiid les étangs sont pnchés trop peu de temps avant les semailles. Cette pèche se fait depuis le i*"" novembre jusqu'au ,31 mars; une tradition veut que l'étang soit mis à sec le plus tard au 2G mars.

Quand le propriétaire de l'assec n'est pas le même que celui de l'évolage, ces dates doivent être observées, mais il n'en est naturellement pas de même quand les deux propriétés sont réunies dans la même main.

Un fait qui me paraît devoir attirer l'attention et que dénoncent la presque unanimité des propriétaires d'étangs, c'est que la culture appauvrit le fond des étangs, surtout lorsque cette culture est continuée pendant deux ans. Cet appauvrissement est-il dû à ce qu'une partie des phosphates a été absorbée par les plantes, ou bien à ce que les poissons ne trouvent plus en quantité suffisante les plantes qui leur servent d'aliments?

Quoi qu'il en soit, il est à remarquer que cette opinion, très accréditée en Dombes, est en opposition avec les faits observés ailleurs et notamment en Allemagne, puisque le système Dubisch repose en partie sur l'avantage qu'un étang cultivé et remis en eau présente au point de vue de l'alimentation du poisson. Il est vrai qu'en Allemagne les étangs reçoivent l'eau chaque année.

Culture des étangs en eau.

On distingue dans les Dombes deux sortes d'étangs : i'' les étangs blancs; 2° les étangs brouilleux ou grenouillards. Les étangs blancs sont ceux qui renferment peu ou pas de plantes aquatiques; ils sont bien inférieurs comme rendement aux étangs brouilleux, où la brouille (fetuca) croît avec abondance.

Dans un bon étang, on met par hectare 160 empoissonnages, 15 kilogrammes de tanches et dix brochetons.

Le mille (1,600) de feuilles se vend, prix moyen, 20 francs; mais ce prix est souvent dépassé; il atteint 10 francs, parfois

même 80 francs. Le prix moyen de l'empoissonnage est de 20 francs le cent (IGO). Cet empoissonnage pèse environ 125 grammes. Ce poisson atteindra un poids de 500 à 750 grannnes. Dans les bons fonds on gagne ordinairement une livre. On obtient donc environ 100 kilogrammes à l'hectare.

La Carpe vaut 0 fr. 00 le kilogramme (sur le marché de Lyon, 1 franc le kilogramme).

La Tanche et le Brochet se vendent 1 franc à 1 fr. 20 le kilogramme.

Production de la feuille ou pose. — On choisit un étang de petite dimension à l'abri du vent, et l'on met un nombre de Carpes tel que le nombre des mâles soit double que celui des femelles. Les deux poses de l'année fournissent ordinairement une quantité considérable de feuilles de Carpes et d'aif/uillons de Tanches qui, laissées l'année suivante dans le même étang, ne trouveraient pas de nourriture pour y prendre de l'accroissement *.

Empoissonnage, — Les feuilles sont pochées avant l'hiver et on les distribue dans d'autres étangs. Dans un étang de huit milliers de feuilles on met, au commencement du printemps, 180 à 100 petits Brochets de la grosseur du doigt [filets ou filatons), pour empêcher que les Carpeaux ou Carnanciers ne s'amusent à poser (Bossi). Sans cette précaution, on aurait trop de petits poissons. A propos des Brochets il faut noter que la bonté d'une pêche en Brochets ne dépend pas de la quantité qu'on a mise dans l'étang, mais bien de la nourriture que ces poissons trouvent. On dit en Bresse : Beaucoup de Brochets, pas de Brochet; peu de Brochets, beaucoup de Brochets.

On a remarqué ici, comme dans beaucoup de pays d'élevage de poissons, qu'en séparant les sexes, en empêchant la reproduction, on arrivait à de bons résultats.

En 1803, M. Vaulpré fit l'expérience suivante. 11 plaça au

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