‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 45 sur 106 · Le mille comprend 1,200 individus · texte numérisé non relu

Le mille comprend 1,200 individus

(20 hectares), etc., etc. Dans cet arrondissement se trouvait un étang de 270 hectares. Etang de Vilhers qui a été mis en culture. Enfin, il faut citer l'étang de Pirot ou réservoir de la Marmande \ L'étang de Pirot a une superficie de 8»'^ hectares; sa profondeur maxima est de 15 mètres. Entouré par la forêt deTronçay, ce réservoir est fermé par une digue munie d'écluses et peut envoyer ses eaux, soit directement au canal du Berry, soit au réservoir de l'Auron. On trouve dans cet étang des Carpes et des Perches -.

Près de là se trouve le réservoir de l'Auron ou étang de Valigny, qui a 110 hectares de superficie; on y prend des Carpes et des Gardons.

Dans l'arrondissement de Sancerre se trouvent : i° les étangs de Vau ville, de Fourneau, Cliaumérian, Chaumasson, ayant ensemble une superficie d'environ 137 hectares; 2" le grand étang de la Verrerie et celui de Landerveyne; .S"" Télang de la Morne. On trouve encore de nombreux étangs dans le canton de la Chapelle-d'Angilion et dans celui d'Argent.

Enfin, il faut citer encore l'étang du Puits ou réservoir de la Sauldre. La superficie de cet étang est de 200 hectares, sa profondeur maxima est de 8'", 90. 11 est alimenlépar la Sauldre et les eaux de pluie; destiné à alimenter le canal de la Sauldre, ce réservoir renferme des Brochets, des Perches, des Brèmes, des Carpes, Gardons, Vandorses et Anguilles. On y prend quelquefois des truites venant de la Sauldre. La pêche est louée moyennant une redevance annuelle de 500 francs.

On ne peut parler des eaux du département du Cher sans appeler l'attention sur les véritables lagunes qui se trouvent aux portes mêmes de Bourges et constituent pour ainsi dire un ('tablissement tout préparé pour la pisciculture. Ces lagunes sont

1. Cet ctanjr os( en réalité situé dans le département de rAUier, mais tout à fait sur la frontière du département du Ciier.

2. Voir Brocchi, Rapport sur la piscicuUure dans le dcp. du Cher {Bull, minis. de rAijr., 1891, n-» 8).

LA i>is(:iC[:i/rrinE dans lks kai;x doi:ci:s.

formées par le croisement de nombreux cours d'eau dont les plus importants semblent être l'Yèvre, la Voiselle, l'Yevrette. Les nombreuses branches de ces ruisseaux sont séparées jjar des levées en terre soigneusement cultivées et rappelant les hortillonages ou hardines du département de la Somme. Les eaux de ces canaux sont fraîches, limpides; la faune est riche

Fig. 69. — Etang de Sylans (Ain).

en insectes aquatiques, en crustacés microscopiques; l'alimentation des poissons y serait donc assurée; la température peu élevée de ces eaux y permettrait sans doute l'élevage des Salmonidés ^

Bien d'autres étangs importants existent encore dans notre pays. Tels sont les étangs de Sylans (Ain), de la Brenne, se rapprochant des étangs du Cher ; les étangs de la Creuse (étangs de Ramade, de Montboucher, de Pinaud, etc.); mais

i. Brocchi, loc, cit., p. 874-875.

je crois iiiulilc de donner ici la description de ces étangs, et cela d'autant plus que je n'ai pas encore eu l'occasion de les étudier moi-même et que je ne pourrais, par conséquent, en parler que par ouï-dire.

L vcs

On trouve en France quelques grands lacs méritant véritablement ce nom, puis une quantité d'étangs ayant une superficie parfois bien peu considérable, mais qui prennent le nom de lacs dès qu'ils se trouvent dans les régions montagneuses. En fait, tous les étangs des Alpes, des Pyrénées, de l'Auvergne sont désignés sous le nom de lacs.

Ces lacs méritent d'ailleurs de fixer l'attention, et principalement ceux qui se trouvent à des altitudes très élevées et que Ton considérait comme impropre, à la vie des poissons. Nous verrons qu'il est loin d'en être ainsi, et qu'à l'heure actuelle un certain nombre d'entre eux fournissent à l'alimentation un tribut non sans importance.

Lacs de la Savoie.

Les lacs de la Savoie sont fort nombreux, et quelques-uns ont une importance de premier ordre.

Je rappellerai d'abord les noms d'un certain nombre de ces lacs. Ce sont : 1" dans le département de la Haute-Savoie, les lacs de Genève, d'Annecy, d'Anterne, Bénit, du Brévent, Cornu, de Flaine, de Gers, de Montriond, etc.

2" Dans le département de la Savoie, on peut citer les lacs d'Aiguebelette, des Assiettes, des Bataillières, du Bourget, Bleu, Blanc, Garoley, Céma, du Ghardonnet, de la Girotte, de la Grande-Coche, de la Loze, de Sassure, de lignes, des Vaches, etc.

Une certaine quantité de ces lacs méritent d'arrêter l'ai-

134 LA IMSCICTILTUnK DANS LKS KAUX DOUCES.

tenLion, cl je dois ciitrei' dans (jueUjucs détails au sujet de leur importance au point de vue piscicole.

Lac de Genève.

Cependant, le plus important de tous ces lacs, lac de Genève ou lac Léman, est trop connu pour que je croie utile de m'y arrêter longtemps. Sa faune et ses conditions biologiques sont admirablement décrites dans les travaux de MM. Lunel, Forel, Moreau, etc.

Je me contenterai de rappeler que le Léman a une superficie de 58,293 hectares. Son cube d'eau est de 88, 920, 661,000 mètres cubes. La profondeur maxima est de 309"", 4, et sa largeur varie de 13,935 mètres (entre Morges etEvian) à 2,181 mètres (entre Genthod et Bellerive) ; il est situé à 375 mètres d'altitude.

Les ichtyologistes suisses y comptent vingt-neuf espèces de poissons, parmi lesquels les plus connus et les plus estimés sont la Fera, l'Omble-Ghevalier, la Lotte, etc.

La pêche est encore fructueuse dans ce lac; cependant les pêcheurs accusent une diminution notable dans le nombre des poissons capturés. M. Lugrin attribue cette diminution à l'habitude prise par les nombreux bateaux à vapeur qui sillonnent ces eaux de jeter les cendres de leurs fourneaux dans le lac. Ces cendres auraient une influence des plus pernicieuses sur les insectes et sur les Crustacés aquatiques, et, par suite, l'alimentation des poissons se trouverait compromise (?).

Lac du Bourget.

Le lac du Bourget se trouve à 231 mètres d'altitude. Sa surface est de û,/i62 hectares, et il cube 3,620,300,000 mètres cubes. Sa profondeur maxima est 145''', /-lO. M. Delebecque a signalé une particularité intéressante au sujet de ce lac : « Le canal de Savières, qui lui sert d'émissaire et qui conduit ses

PISCICLLTUHE NATLRELLL]. 135

eaux dans le Rlioiie, joue pendant environ soixante jours par an le rôle d'allluent. Il lui apporte les eaux du Rhône, chargées d'une grande quantité d'alluvions (jui troublent le lac sur la moitié de sa longueur ^

En 1858 et 1859, 31. le comte de Galbei't avait remis au gouvernemeut sarde divers mémoires sui* le i'ep(^uplenient du lac du Hourget. Dès cette époque, les poissons du lac étaient loin de suffire à l'alimentation des liotes d'Aix-les-Rains, et on cherchait à augmenter le nombre de ces êtres.

M. de Galbert, dans le premiei* de ces mémoires (1858), signalait la Perche comme étant très abondante dans le lac et détruisant une grande quantité de Salmonidés. Cet habile pisciculteur attirait également l'attention sur le grand nonibre de poissons capturés et détruits au moment du frai, époque à hujuelle ils viennent en grand nombre dans les ruisseaux qui vieiment se jeter dans le lac.

M. de Galbert proposait de s'emparer, à l'aide de nasses, des poissons venus ainsi pour déposer leurs œufs, de prati(iuer, à l'aide de ces reproducteurs, la fécondation artificielle et d'élever les alevins dans des bassins spéciaux, en un mot d'établir sur les boi'ds du lac un établissement de piscicultuie".

Cette idée de M. de Galbert méi'iterait certaiiiement d'être reprise et donnerait, à tous égards, d'excellents l'ésultats. Je dois ajouter, d'ailleurs, que la surveillance de la pèche se fait ici dans d'assez bonnes conditions. Le Lavaret est de tous les poissons de ce lac celui qui jouit de la plus grande réputation. On prend également des Ombles chevaliers et une certaine quantité de Truites.

Lac d'Annecy.

Le lac d'Annecy a Î27 kilomètres carrés de superficie; il est alimenté par divers i)etits cours d'eau, Eau-^Iorle, Ire, Landon,

1. Delebecque. Étude des lacs dans les Alpes et le Jura français, 1X9-2.

2. Comte de Galbert, Docinnents de piscicidture, etc. Grenoble ISO;), p. 28.

13G LA l>ISCICULTURE DANS LKS KAUX DOUCES.

et une grande quanlilé de ruisseaux, tels ((ue ceux (Je Muiïry, d'Angon, etc. L'écoulement du lac se fait par le Thioux, qiii va se jetei' dans le Fier à II kilonnètres d'Annecy.

Ce lac est d'ailleurs fort bien connu au point de vue hydrographique, grâce aux recherches de M. l'ingénieur Delebecque. Le Ministère des Travaux publics a récemment publié une cai-te du lac résumant les études de ce savant et celles de ses collaborateurs. De nombreux sondages ont été exécutés avec l'appareil Belloc. J'ai pu moi-même faire une certaine quantité de sondages, et bien que, disposant d'appareils moins perfeclionnés, je suis arrivé à des résultats se rapprochant beaucoup de ceux obtenus par M. Delebecque.

Les sondages montrent que le lac d'Annecy est formé par deux bassins profonds (64"", 70 et 55"", 20), séparés par une barre sur laquelle la profondeur est de i9'",60.

M. Delebecque a attiré l'attention sur le phénomène suivant : c'est un entonnoir qui, à 200 mètres de la côte, s'ouvre sur le talus du lac par des profondeurs de 25 à 30 mètres suivant une ellipse ayant pour longueur d'axe 200 à 250 mètres. Le fond rocheux se trouve à 80™, 60 au-dessus du niveau de l'eau...

En i89i, le lac étant gelé, M. Delebecque a pu démontrer que la formation de cet entonnoir est due à une source souslacustre ; car, en descendant au fond du trou un thermomètre à renversement, il trouva une température de 14'', 8, tandis qu'à 64 mètres de profondeur on ne trouvait que 3°, 8.

Cette source est désignée dans le pays sous le nom de Bonbioz,

La faune ichtyologique du lac d'Annecy est assez pauvre. Les poissons le plus ordinairement péchés sont les Perches, les Gardons, les Lotes, les Carpes. On y prend aussi une certaine quantité de Truites qui vont frayer dans Y Eau-Morte et quelques autres ruisseaux affluents du lac. Les Gardons sont désignés ici sous le nom tout à fait impropre de Vérons, Ces Gardons

piscici:lïure naturelle. 137

apparlioniioiit d'ailleurs à luic espèce particulière {Leuciscus pa lie lis) \

Le nombre de ces poissons semble diminuer chaque jour. La surveillance est presque nulle, et les fermiers de pêche sont les premiers à capturer les Truites sur les frayères.

L'Administration des ponts et chaussées s*est occupée du repeuplement du lac.

En 1892, 1(),0()0 alevins (9,000 Truilelles et 7,000 Saumons) furent placés dans le lac au mois de mars. Avant cette époque, on avait fait les tentatives suivantes :

Depuis l'aimée 1(S(SG, on a déposé chaque année de o.OOO à /i,()()0 Truites dans le lac d'Annecy et ses affluents, le Landon et rire. Ces alevins étaient fournis par l'établissement de Thonon.

D'autre part, en 1890, on plaça dans le lac 2,000 Ombles- Chevaliers de six à dix mois, et, en 1888, 0,500 Corégones {W/iile fisfi ou C. WiUiamsoni). Ces poissons provenaient de l'établissement de Gremaz (Ain), établissement dirigé par M. Lugrin. Ces tentatives n'ont pas donné de sérieux résultats. Voici, en ell'et, tout ce {\m a pu être ofliciellement constaté. Un pécheur a capturé, en 1891, unCoi-égone pesant 1 ,200 grammes. Deux Ombles-Chevaliers, pesant ensemble 900 grannnes, ont été capturés à Menthon (1892). Lu 1891, capture d'un Saumon de .300 grammes; enOn (pielqucs Truites saumonées ont été capturées en 1892. ^L Lugrin prétend cependant que l'introduction des Corégones a réussi, mais que les pécheurs ne disposent pas des filets nécessaires pour prendre ce poisson (?). Le fait est que l'on ne pêche pas le Corégone dans le lac d'Aimecy. Comme je l'ai déjà dit, les Carpes vivent et se reproduisent dans le lac. J'ai déjà attiré l'attention sur la facilité avec laquelle Salmonidés et Cyprinides pouvaient vivre dans les étangs ou lacs ayant une certaine profondeur, la température diminuant rapidement avec

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