‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 53 sur 106 · De Montgaudry, Bull. Soc. dWccl, t. I, 1854, p · texte numérisé non relu

De Montgaudry, Bull. Soc. dWccl, t. I, 1854, p

170 r-A PISCIGULTUHK DANS LKS EAUX DOUCES.

pour des œufs fécondés naturellcînent. C'est bien, si l'on veut, de la pisciculture, mais c'est de la pisciculture nalurcAla, et la fécondation artificielle n'est pas encore intervenue. Cependant la ressemblance existant entre les boîtes de Dom Pinchon et celles de Jacoby est assez intéressante.

Mais ce n'est que vers 1740 que le lieutenant Jacoby de Hohenhausen commença à s'occuper des questions se rapportant à la fécondation des poissons.

Dès 1758, le capitaine de vaisseau de Marolle, qui avait eu connaissance des travaux de Jacoby pendant un séjour qu'il fit à Hamel en Hanovre, en donna communication à Buiïon, et celui-ci transmit ces renseignements à Lacépède^

A la même époque (1758), le comte de Golstein remit à Fourcroy un manuscrit de Jacoby où se trouvait mentionné le procédé de fécondation artificielle. En 1763, un journal du Hanovre publiait un article de Jacoby relatant les succès qu'il avait obtenus. En 1764, Gleditsch communiqua à l'Académie des sciences de Berlin les travaux de Jacoby, et en 1770 cette communication était reproduite dans un journal français, Extrait des mémoires de l'Académie de Berlin,

En 1771, le marquis de Pezay, dans un livre intitulé Soirées helvétiennes ^ raconte la découverte du lieutenant hanovrien et rapporte que l'inventeur a obtenu une pension du gouvernement anglais. En 1772, Adanson, professeur au Jardin du Roy, parlait dans son cours de la fécondation artificielle des œufs de poisson, et disait que ces procédés étaient habituellement employés en Suisse et dans diverses localités de TAllemagne.

La même année (1772), Duhamel publiait, sous les auspices et par ordre de r Académie des Sciences j, son Traité de péche^ où il donnait une traduction du mémoire de Jacoby.

Tout cela paraissait à peu près oublié quand, en 1815, le

1. Nous empruntons ce renseignement à un travail de M. Soubeiran, fait avec beaucoup de soin et servant d'introduction au livre de M. Dabry de Thiersant, Sur la Pèche et la Pisciculture en Chine, Paris, 1872.

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pasteur Armack, de LipersdorlT, près de Roda, organisa dans la principauté de Waldeck des essais qui furent poursuivis, sur une grande éclielle par le garde général Scell et par le grand maître des eaux et forêts Ikuchel de Meureback.

En J82/|, le giand maître des eaux et forets de Knas disposa à Buckebury des appareils de pisciculture artificielle, et on obtint des Truites qui servirent à repeupler les eaux de Schauen* bouig-Lippe \ En 1827, un établissement analogue fut installé à Schieden par le garde général 3Ieriins. Enfin, en 1837, on organisa un grand établissement à Dctmold. Pendant ce temps, en France, MM. Hivert et Pitachon poursuivaient avec succès des expériences semblables à Torcillon et à Fontenay près Montbard (Côte-d'Or).

En Italie (1824), Rusconi opéra des fécondations artificielles de poissons, dans un but purement scientifique-. En 'J8/r2, ]M. Vogt s'occupa de cette question à propos du travail qu'il publia sur Y Embryologie des Salmo?iés. Agassiz et lui avaient fait d'assez nombreuses fécondations artificielles, et à la suite de ces travaux, le (jouvernement de Neufcliâtel fit publier une instruction complète sur cette question et fit distribuer cette brochure aux pécheurs.

En Angleterre et en Ecosse, quelques essais avaient également eu lieu. Dès 18.'W, Shaw fit des fécondations artificielles à Edimbourg. En 18»^8, Lord Grey essaya, par le même procédé, d'augmenter le nombre des poissons dans la rivière La Tay \ Boccius fit également des essais en Ecosse (18/il).

Toutes ces expériences, d'autres encore qu'il est inutile de rappeler, ne semblent pas avoir donné de résultats pratiques d'une grande importance, et la pisciculture était retombée dans l'oubli, lorsqu'en 1848 survint un petit événement qui la remit en faveur.

1. Artig, Tcichwistlicrhoft, p. 413, 1831. — Cité par Soubeiran, loc. cit., p. 9.

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