Fanncr's Magazine
En .18/j8 donc, M. de Quatrefages faisail à l'Académifi dos Sciences une communication sur les fécondations artificiel las appliquées à l'élève du poisson^. Dans cette communication, le savant naturaliste attirait l'attention sur les services que pourrait rendre la fécondation artificielle des œufs de poisson au point de vue du repeuplement des cours d'eau.
L'Académie écouta avec intérêt la communication de M. de Quatrefages, et aucune réclamation ne se produisit alors. Mais, quelques jours après, arriva une lettre adressée par M. le docteur Haxo. Cette lettre informait l'Académie que, dès 1812, la Société d'émulation des Vosges avait accordé à deux artisans, Rémy et Géhin, une récompense pour l'application de la fécondation artificielle des poissons au repeuplement des cours d'eau. Rémy et Géhin avaient fécondé des œufs de Truites, avaient obtenu des jeunes, et repeuplé avec eux un petit cours d'eau, la Moselotte. La surprise de l'Académie et celle de toutes les personnes s'occupant d'histoire naturelle fut alors assez vive. Chose curieuse, toutes les tentatives, toutes les publications que j'ai rappelées plus haut, avaient été absolument oubliées !
On nomma une Commission pour s'occuper des travaux de Rémy et de Géhin, et on rechercha alors ce qui avait bien pu être publié sur cette question. C'est alors que l'on s'aperçut que la fécondation artificielle des œufs de poisson n'était pas chose nouvelle. Quelques savants rendirent justice à Rémy et à Géhin, d'autres les accusèrent de plagiat!
En réalité, ces deux artisans avaient accompli un travail des plus intéressants. S'il est incontestable que Jacoby d'abord, d'autres ensuite, s'étaient occupés de la question plus d'un siècle avant eux, s'il est indéniable qu'ils n'ont pas inventé le procédé, au moins peut-on penser qu'ils l'ont réinventé. Lorsque l'on voit, en effet, les naturalistes les plus autorisés de cette époque