‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 55 sur 106 · C. R. A. s. y t. XXVII, p · texte numérisé non relu

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avoir oublié tout ce qui avait été publié sur la question, on peut bien admettre que Kéniy et Géhin ignoraient absolument ces travaux, et que l'observation seule les avait guidés dans leurs recherches.

Quoi qu'il en soit, les procédés de pisciculture seraient probablement retombés une fois encore dans l'oubli, si la question n'avait pas été reprise par un homme à qui sa situation scientifique et son talent de vulgarisateur donnaient une grande autorité; je veux parler de M. Goste, professeur au Collège de France.

Non seulement il écrivit sur la pisciculture de nombreux mémoires, mais encore il installa au Collège de France un laboratoire spécial, et obtint un peu plus tard la création d'un vaste établissement piscicole aux environs d'Huningue, en Alsace (4852). On féconda, dans cet établissement, de nombreux œufs de Saumon et d'autres poissons, et ces œufs furent mis à la disposition de tous, avec une libéralité extrême.

Il y eut un moment où ce fut la mode, dans un certain monde, d'élever de ces œufs fécondés et de les faire éclore. Rien ne semblait plus facile, et on conçut à cette époque des espérances exagérées qui durent bientôt être abandonnées.

Puis la réaction se fit, et à l'enthousiasme exagéré succéda un abandon non moins injustifié; la pisciculture retomba dans une période d'oubli.

11 y avait cependant, en France, des hommes d'initiative qui ne s'étaient pas découragés, et, en 1869, quelques eiïorts individuels pouvaient encore être signalés. M. Soubeiran avait dressé à cette époque une sorte de tableau de l'état de la pisciculture dans notre pays. J'en donne ici un résumé rapide.

Aisne. — M. Ilautmann, en 1862, s*est occupé de l'élevage de la Truite dans un petit ruisseau situé près de Charly. Les poissons peuvent gagner facilement la Marne.

Dans le même département, M. de Tillancourt fit des essais

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dans son domaine de la Doullie, près de Château-Thierry, et obtint quelques succès ^

JJasses-Alpes, — La Société d'agriculture des Basses- Alpes avait fondé un établissement de pisciculture; les alevins obtenus furent portés dans les diverses rivières du département, la Durance, la Bléone, le Verdon et dans divers étangs ou lacs. M. Garcin de Saint-André avait également installé un établissement piscicole.

Ardèche. — M. de Gigord, profitant d'une source qui servait à l'irrigation de sa propriété, y avait installé, de 1859 à 1861, un établissement de pisciculture. Dans le même département, M. de Plagniat fit quelques essais heureux.

Aube. — En 1864, M. Tlngénieur en chef institua des essais de pisciculture à Nogent- sur-Seine, à Méry-sur-Seine, à Arcis-sur-Aube et à Bar-sur-Aube. Puis une organisation plus complète fut faite à Bar; les produits obtenus furent jetés dans la Seine, la Saigne et l'Ource.

Aveyron, — M. le vicomte de Beaumont fit des tentatives heureuses au ,Gluzel, près de Rodez, pour l'élevage de divers poissons. Il aurait réussi l'acclimatation de laFéra(?). M. de Beaumont employait une frayère en éponge, placée dans une eau courante de telle sorte que l'eau arrivait sur les œufs par capillarité sans que ceux-ci fussent complètement immergés ■* M. de Beaumont aurait aussi introduit dans l'Aveyron le Gardon, qui, paraît-il, n'avait jamais été signalé dans ces eaux.

Bouches-du- Rhône. — M. L. Vidal avait fait des essais fort intéressants sur l'élevage en stabulation des Muges et de quelques autres poissons.

Creuse. — M. le docteur Cancalon opéra la fécondation artificielle d'œufs de Truite, et il obtint des alevins qui parurent réussir.

Eure. — M. le docteur Lamy de Maintenon obtint de beaux

1. Bull de la s. d'Accl., 2^ sér., t. II, p. 46. ' 2. De Beaumont, Études théoriques et pratiques sur la pisciculture.

PISCICULTURE ARTIFICIELLE. 17i>

résultats on fécondant artificiellement des œufs de Perches et de quelques Gyprinodes. M. le comte d'Epremesnil, à Beaumont-le- Hoger, M. Mathieu, près de Beuil, ont organisé des établissements de pisciculture. Enfin M. J/llermitte, près de Gisors, et M. Léonard, à Étrépagny, liront quehiuos essais suivis de réussite.

Gironde. — Go département fonda, en 1805, un établissement de pisciculture à Gadillac-sur-Garonne. M. l'abbé Durassié a fait aussi de nombreux essais à l'école de la Sauve.

Hérault. — 31. le professeur Gervais, alors professeur à la Faculté des sciences de 31ontpellier, fit en 18G3 phisieurs tentatives pour introduire le Saumon dans le bassin de rilérault, mais ses tentatives no réussirent aucunement.

Isère. — Ge département a vu faire de nombreuses expériences, et ([uelquos-unes ont donné des résultats fort heureux. Dès 1770, le curé Gardon (de Yenosc en Oisans) mit des Truites dans le lac Lovitel, et obtint un succès complet; le conseiller Bonneau empoissonna de même le petit lac de Porcollet, commune de Lamorte. Il y déposa sept Truites qui ont prospéré depuis. De même, M. Giroud empoissonna le lac de Pierro- Ghatel, et M. Losbrios introduisit la Truite dans le bassin de la 31ure.' Dès cette époque M. de Galbc^rt s'occupait avec succès do pisciculture dans son établissement de la Buisse, Nous verrons plus loin que cet établissement existe encore et ({ue d'autres essais suivis de succès ont été faits dans le département de l'Isère.

Jura. — L'Admiiîistration des eaux et forêts s'était occupée avec activité du repeuplement des cours d'eau du département.

Landes. — L'Administration des ponts et chaussées avait établi à Mont-de-Marsan, sur un ruisseau alimenté par une source d'eau vive, des bassins en toile métallique formés de tous côtés et où étaient déposés les alevins aussitôt après la résorption de la vésicule ombilicale, et étaient mis en liberté en octobre.

Loir-et-Cher. — M. le curé Luca avait fondé à La Ghartre

un élablissement de pisciculture qui, transformé en établissement départemental, lâcha dans les eaux du Loir de grandes quantités d'alevins.

IJaiUe- Loire. — M. de Causans, dès cette époque, s'occupait de Tempoissonnement du lac de Saint-Fronts Cet établissement existant encore, j'aurai à y revenir plus tard.

Loire-Inférieure, — M. Leroy s'occupait avec succès de pisciculture. Toutefois il employait de préférence les œufs fécondés naturellement.

Marne. — En 1862, M. Delouche, à Saint-Martin-d'Ablois, fit des expériences de pisciculture dans les propriétés de M. de Talhouët.

Meuse. — M. Gicile Brion de Verdon avait imaginé un appareil d'incubation assez singulier : M. Malard de Gommercy avait commencé des essais qui promettaient beaucoup, mais qui furent interrompus par la guerre.

Nièvre. — C'est dans ce département que se trouve le lac des Settons^ et j'ai eu occasion de rappeler déjà qu'on y avait bien réussi l'acclimatation de la Fera.

Oise. — M. Garon, de Beauvais, M. le baron de Tocqueville et M. de la Blanchère s'étaient occupés de pisciculture dans ce département.

Puy-de-Dôme. — Dès 1857, le Conseil général du département vota une subvention pour les essais de pisciculture. M. Lecoq, puis M. Rico s'occupèrent de ces essais et arrivèrent même à fonder à Clermont une sorte d'école de pisciculture. Nous verrons plus tard que cet établissement est, en partie, disparu.

Seine-et-Marne. — En 1863-1861, M. Roy, de Coulommiers, fit quelques essais, à l'aide d'œufs provenant de Tétasement d'Huningue. Ces tentatives ayant semblé réussir, l'ingénieur des ponts et chaussées continua les expériences. Un

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