‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 65 sur 106 · Raveret-Wattel, loc, cit., p. 1G · texte numérisé non relu

Raveret-Wattel, loc, cit., p. 1G

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LA TMScirïJi/rcni- dans i.ks kaux doucks.

Unis sous le nom de jarres de Chase, I/appareil consiste essentiellement en une jarre de verre ayant O'^ySO de liauteur sur 0'",j.5 de diamètre. L'eau amenée, par un tuyau en caoutchouc, entre par un tube en verre placé au centre et ressort sur le cottî par un ajutage placé vers le bord supérieur de la jarre.

M. Mac-Donald est l'inventeur d'un appareil d'éclosion dit à triage automaticiue {Automatic fisli hatclwig jar) qui semble avoir donné d'excellents résultats, l'inventeur a donné la description de l'appareil dans un mémoire spécial, auquel sont empruntés les quelques détails suivants^ :

M. Mac-Donald, poursuivant des expériences tendant à déterminer la limite extrême de durée qu'il est possible d'obtenir dans le développement des œufs par un abaissement de la température de l'eau, avait placé des œufs dans des flacons de laboratoire hermétiquement bouchés. Au centre du bouchon passait un tube descendant presque jusqu'au bas du flacon et par lequel on faisait arriver l'eau. En examinant cet appareil, M. Mac-Donald eut l'idée de ces jarres à éclosion dont il donne la description suivante :

(( Deux jarres sont disposées (fig. 98), l'une A pour l 'éclosion des œufs, l'autre R pour la réception des alevins. Ces jarres sont des vases cylindriques en verre épais dont le fond est hémisphérique. Elles ne doivent pas être soufflées, mais moulées, afin

1. M. Donald, History of the experiments leading to the développement of the automatic fish hatching jar. (Transactions of the fish, Cultural Association twelfth annual meeting, p. 34, New- York, 1883.)

Fig. 98. — Jarres Mac-Donald.

que l'intérieur des vases soit parfaitement régulier, ce qui est absolument indispensable au bon fonctionnement de l'appareil. Chacun de ces vases repose sur trois petits pieds qui sont au besoin retouchés à la meule, afin que l'appareil se trouve parfaitement d'aplomb et que Taxe du cylindre soit rigoureusement vertical, toutes conditions fort importantes.

(( Le col de la jarre porte un pas de vis D, lequel sert à fixer un bouchon métallique qui est garni d'une rondelle de caoutchouc pour assurer l'é-

tanchéité complète du vase et qui est percé de deux trous de 15 millimètres de diamètre, l'un au centre, l'autre

Fig. 90. — Fonctionnement des jarres ]Mac-Donald.

à égale distance du centre et de la circonférence. Le trou central sert à introduire le tube d'amenée de l'eau GE; dans l'autre est placé le tube de sortie F. Tous deux portent une garniture en caoutchouc qui sert à rendre le joint parfaitement étanche, tout en laissant sufTisamment de jeu pour que l'on puisse hausser ou baisser le tube à volonté et amener ainsi Textrémité inférieure juste au niveau convenable. C'est en effet par le jeu de ces deux tubes qu'on règle le mouvement des œufs. Ainsi, si l'eau arrive en trop petite quantité ou sous une pression trop faible, on peut, sans rien modifier à l'alimentation, augmenter la vitesse du courant qui pénètre dans la jarre. Il sutTit d'amener l'extrémité inférieure du tube central presque en contact avec le fond de l'appareil. Aussitôt le courant, resserré dans un plus petit espace, acquiert plus de force et produit autant d'elTet que s'il était plus abondant. Quand, au contraire, arrive le moment

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des éclosions, où les œufs ont besoin de plus d'eau et de moins de nnouvement, en mênae temps qu'on augmente le débit du tube central on remonte plus ou moins ce tube pour diminuer la pression et la vitesse du courant.

Le tube de sortie sert à la fois à Tccoulement de l'eau et à l'enlèvement quotidien des œufs morts. Cette opération qui n'est généralement utile qu'une fois par vingt-quatre heures se fait avec la plus grande facilité. On enfonce peu à peu le tube dans la jarre jusqu'à ce que l'on voie les œufs les plus voisins de l'orilice inférieur du tube commencer à s'y engager entraînés par le courant. Une fois le tube bien placé, quelques minutes suffisent pour que toute la couche des œufs morts soit enlevée et rejetée au dehors. Quand approche la période d'éclosion, au lieu de laisser l'eau s'écouler librement à la sortie des jarres on lui fait traverser un appareil collecteur, c'est-à-dire une seconde jarre R semblable à celle qui a servi à l'éclosion, à cette seule différence près cjue les fonctions des deux tubes de verre sont interverties. Ici, c'est le tube le plus court placé sur le côté du bouchon qui sert à amener l'eau et le tube central qui la laisse échapper. L'extrémité inférieure de ce tube porte un petit sac en tissu de coton soutenu par une légère carcasse en fil de fer. Le tissu de coton laisse aisément tamiser l'eau et retient les minuscules et délicats alevins. »

Pour terminer ce qui est relatif à ces appareils sur lesquels je crois avoir suffisamment insisté, j'ajouterai seulement que M. Van dem Borne, en modifiant son auge cahfornienne, était parvenu à en faire un appareil à triage automatique. Je renverrai d'ailleurs les personnes qui désireraient avoir plus de détails sur ce sujet à l'excellent mémoire publié par M. Raveret- Wattel et que j'ai eu à citer bien des fois.

J'ai dit que les appareils à courant ascendant me paraissaient présenter de sérieux avantages, mais peut-être n'ai-je pas suffisamment insisté sur la nature de ces avantages. Le plus important est d'exiger du pisciculteur des soins moins constants

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pour les œufs mis en incubation. Comme nous allons le voir bientôt en effet, les œufs placés dans les appareils doivent être l'objet d'une grande surveillance. Un des accidents qui se produisent le plus souvent est renvasemeiit des œufs. Si, en effet, les eaux sont impures ou insuffisamment filtrées, les sédiments qu'elles tiennent en suspension se déposent sur les œufs et les éiouffenl. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que les œufs sont des êtres vivants et que, par suite, ils ont besoin de respirer pour que l'embryon puisse se développer. Or si on laisse les sédiments, la vase se déposer à la surface de l'œuf, il se produit le phénomène cherché quand on veut conserver des œnifs d'oiseau frais, c'est-à-dire empêcher l'embryon de se développer. Il faut donc, lorsque la vase s'est déposée en trop grande abondance, s'empresser d'y remédier par les moyens que j'indiquerai tout à riieure. Or, on comprendra facilement que, lorsque l'eau passe sur les œufs en venant de bas en haut, les sédiments ne peuvent se déposer que difficilement, les œufs se trouvent lavés d'une manière constante.

De Veau qui doit servir à alimenter les appareils d*éclosion, — L'eau qui doit alimenter les appareils doit être surveillée avec soin. Je dirai d'abord que, lorsque la chose est possible, il faut donner la préférence aux eaux de source. Non seulement, en effet, ces eaux sont généralement plus claires, plus limpides que les autres, mais elles offrent l'avantage d'avoir une température plus constanle. En hiver, elles ne ris({uent pas de geler, ce qui n'est pas le cas pour l'eau des rivières. J'ai eu occasion de voir de ces dernières eaux se prendre tout à coup en glace dans les appareils mêmes. Le phénomène me paraît pouvoir s'expli(juer de la manière suivante. Quand la température s'abaisse suffisamment, on voit les rivières charrier parfois de très petites particules de glace qui, arrivant en contact et par le phénomène du regel, peuvent former rapidement des glaçons.

Sans doute, un semblable accident peut n'avoir pas de suites graves, mais cependani il convient de l'éviter.

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Mais, (ju(3llc (juc soit l'origine des eaux, elles doivent être ; 1" aussi pures que possible; 2*" être suffisamment aérées.

Pour ol)tenir la première condition, pureté aussi grande que possible, il est presque toujours nécessaire de filtrer les eaux avant de les laisser pénétrer dans les appareils.

Pour filtrer les eaux, bien des sortes de filtres ont été proposés. Je me contenterai de rappeler que l'un des plus employés est le filtre à graviers. On remplit de graviers plusieurs compartiments en pierre communiquant les uns avec les autres. La couche de graviers doit avoir une épaisseur de O'^yGO environ, et les graviers doivent être de la grosseur d'une noix environ. On fait passer l'eau successivement dans chacun des compartiments.

Quelques grands établissements ou même des établissements moins importants, mais où l'économie n'est pas de rigueur, se servent des filtres dits américains.

Ces filtres sont composés d'une suite de cadres sur lesquels sont tendues des pièces de flanelle ou de molleton. L'étoffe n'est pas clouée sur le cadre; ce dernier est double, c'est-à-dire formé de deux parties entrant l'une dans l'autre, à frottement serré, de manière à maintenir fortement le tissu employé, et ce tissu doit déborder des châssis pour être plus aisé à saisir et aussi pour boucher tout interstice entre les cadres et le fond et les côtés du bac dans lequel sont placés ces tamis filtrants.

M. Lefebvre, d'Amiens, emploie avec succès un tissu d'amiante pour remplacer la flanelle.

Ces filtres et bien d'autres encore que l'on pourrait citer sont certainement très bons, mais tous me paraissent, surtout les filtres en étofle, être trop coûteux à établir.

Dans la plupart des cas, on peut se servir d'un filtre plus simple, moins cher, et qui donne de bons résultats. On place dans une caisse de zinc, ou même simplement de bois, une certaine quantité de ces éponges grossières, connues dans le commerce sous le nom d'épongés de Barbarie. L'eau en passant à

travers ces éponges s'épure suiïisammcnt, à moins qu'elle ne soit par trop chargée de matières étrangères.

Aération de l'eau. — Un des moyens les plus simples d'aérer l'eau destinée aux appareils d'éclosion est de lui faire exécuter une petite chute avant son entrée dans le laboratoire Pour faciliter cette disposition, on peut installer les appareils d'incubation dans un sous-sol, ce qui permet également d'obtenir une température plus égale. On peut faire tomber l'eau par des tubes verticaux ayant à leur extrémité supérieure plusieurs petites ouvertures permettant l'introduction de l'air.

Un autre système ([ue l'on peut employer avec avantage est celui imaginé par M. Werger, de Brunn. L'eau arrivant sous une forte pression est introduite dans un tube de fer-blanc de 0'",0i de diamètre. Ce tube, terminé en cône, ne présente plus à son extrémité inférieure qu'une ouverture de 1 millimètre environ; il pénètre à frottement serré dans un autre tube, jusqu'à ce qu'il .soit arrêté par un anneau de fer formant arrêt. Son extrémité se trouve ainsi à un demi-centimètre environ de quatre trous présentés par le second tube; ces trous, qui ont 3 millimètres de diamètre, laissent pénétrer Pair qui est entraîné par l'eau.

M. Raveret-Wattel signale la disposition suivante qu'il a pu voir chez un pisciculteur de Berlin : « C'est un robinet aérateur d'un modèle très simple et assez satisfaisant. Presque immédiatement après la clef se trouve accolé longitudinalement sur le robinet un petit tube de môme métal que ce dernier et ayant environ le diamètre d'un tuyau de plume. Ce petit tube, dont Pextrémité supérieure est ouverte, pénètre, après quel(|ues centimètres de parcours, dans l'épaisseur d'un robinet, à l'intérieur duquel il va déboucher en y introduisant de Pair. Lorsque le robinet est ouvert, Peau qui tombe entrahie cet air et s'en sature*.

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