‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 67 sur 106 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Soins à donner aux alevins.

BASSINS d'alevinage. — ALIMENTATION. — MISE A l'eAU ET THANSPORT. MALADIES ET ENNEMIS DES POISSONS.

Lorsque l'éclosion des œufs a été obtenue, on se trouve en présence des alevins à élever, et c'est à ce moment que commence pour le pisciculteur l'ère des difficultés. J'ai hâte d'ajouter cependant que dans ces dernières années, et cela grâce aux recherches constantes des intéressés, ces difficultés ont notablement diminué.

Au moment de sa naissance, le jeune poisson porte la vésicule ombiUcale, aux dépens de laquelle il va s'alimenter pendant les premiers jours de son existence ^ A ce moment, alourdis par cette vésicule même, les alevins de Saumons et de Truites restent presque immobiles, se dissimulant entre les graviers qui garnissent parfois le fond des appareils où ils ont pris naissance.

Lorsque ces appareils ont des dimensions suffisantes, on enlève les claies qui ont servi à l'incubation, on augmente

1. On voit cependant quelques alevins vigoureux rechercher et prendre de la nourriture avant même que cette vésicule soit complètement résorbée. M. J. de Bellesme pense qu'il y a intérêt de commencer à nourrir les alevins une quinzaine de jours après leur naissance.

, l'épaisseur de la couche d'eau dans les bacs, et on peut alors y laisser séjourner les poissons pendant quel(|ues jours.

Mais enfin arrive le moment où les poissons sont placés dans les bassins d'alevinage et celui où il faut pourvoir à leur nourriture.

Les bassins d'alevinage doivent avoir une faible profondeur, surtout ceux qui sont destinés à recevoir les très jeunes poissons. II y a grand avantage à avoir plusieurs de ces bassins pouvant au besoin communiquer les uns avec les autres, et il est également fort utile d'entretenir dans ces bassins une certaine quantité de plantes aquatiques, qui, tout en entretenant la pureté de l'eau, fournissent aux poissons une certaine quantité d'insectes, de mollusques, etc., qui vivent sur ces plantes.

Je crois d'ailleurs qu'on ne saurait recommander une meilleure manière d'agir que celle employée récemment par M. Raveret-Wattel à l'Établissement de pisciculture du Nid-du-Verdier.(près Fécamp) K

M. Raveret-Wattel place les alevins dans des bacs spéciaux immergés dans des sortes de ruisseaux, véritables cressonnières. Voici comment cet éminent pisciculteur décrit les appareils et les bassins dont il est ici question :

« Ces bacs sont de solides caisses en bois A, de 0'",70 de long sur 0'",30 de large (fig. 101), à fond de zinc perforé 6, et avec les deux extrémités fermées d'une toile métallique à grandes mailles qui laisse librement circuler l'eau. Les alevins s'y trouvent très sainement et dans une demi-liberté qui leur est très favorable. En elTet, lors des distributions de nourriture artificielle, les parcelles de nourriture non consommées, au lieu de s'amasser au fond des bannes et d'obliger à de fréquents nettoyages, s'échappent par les trous du fond de zinc, grâce au mouvement continuel des alevins, lesquels effectuent ainsi euxmêmes le nettoyage. Ces parcelles de nourriture tombent dans

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