‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 87 sur 106 · Voir p · texte numérisé non relu

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3. Brocchi, Bapport sur la piscicultU7'e dans le Puy-de-Dôme {Bull. min. de VAgric, 1885, p. 230).

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3" Étang. — Tous ces canaux sont en communication avec un étang de !2 licctarcs. Bien ombragé, peuplé d'une grande quantité d'insectes, de crustacés, de mollusques aquatiques, cet étang oiïre aux Truites d'excellentes conditions pour leur alimentation. Il possède une frayère naturelle d'une grande étendue; là sont facilement capturés les reproducteurs à réi)oque du frai.

Établissement de Theix (Puy-de-Dôme).

L'établissement de Theix est situé dans le village de ce nom, à j/i kilomètres de Clermont, sur la route du Mont-Dore. Il a été fondé et est dirigé par M. F. Chauvassaignes.

Laboratoire. — Il existe dans cet établissement un laboratoire construit avec beaucoup de luxe. Il est en forme de serre, trop largement éclairé peut-être. De chaque coté de la pièce se voient sept vasques de faïence ornée, chacune ayant environ 2^,50 de longueur sur l'%75 de largeur. Au-dessous de ces vasques destinées h l'éclosion des œufs se trouvent de grands bassins en ciment destinés à recevoir les reproducteurs. Le milieu du laboratoire est occupé par un vaste bassin également en faïence et divisé en cinq compartiments.

Un deuxième laboratoire se trouve dans une serre. Les rigoles destinées à l'incubation sont en zinc, les claies employées sont garnies de baguettes de verre. A chaque extrémité des rigoles se trouve un petit appareil imaginé par J\I. Chauvassaignes, et destiné à éviter un accident qui se produit assez souvent dans les établissements piscicoles. Quand la pression qui s'exerce dans les tuyaux chargés d'amener l'eau est Iroj) considérable, cette eau se charge d'acide carbonique. Ce gaz se dépose sous forme de globules sur la surface du corps des alevins aux([uels ils peuvent nuire. Ce sont les globules des pisèiculteurs. M. Chauvassaignes a donc imaginé un petit instrument constitué par un cylindre de zinc garni à sa partie supérieure d'un petit tamis en toile métallique; l'eau, en traversant

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CG tamis, se débarrasserait des globules. Le meilleur procédé pour éviter ce petit accident est d'aérer suiïisamment l'eau qui arrive aux appareils.

Étangs. — Les étangs de l'établissement sont au nombre de trois. Le plus grand et le plus élevé a une sui)erricie d'environ 2 hectares. Il est alimenté par des sources peut-être insuffisantes.

Ce grand étang communique avec une deuxième pièce d'eau plus petite. Le niveau de ce deuxième étang est à près de H mètres en contre-bas de celui du premier. Il n'existe d'ailleurs pas de vannes entre ces deux étangs et c'est seulement le trop-plein de la grande pièce d'eau qui alimente la seconde. Enfin un troisième étang est en communication avec le deuxième.

L'eau de ces étangs est chargée d'alimenter les canaux d'alevinage. Sur le grand étang viennent s'embrancher ces canaux qui, construits en maçonnerie, communiquent entre eux par une série de vannes. D'autres bassins d'alevinage, alimentés par une source particulière, sont au nombre de sept et disposés parallèlement les uns aux autres ; à chaque extrémité et à l'extérieur des bassins, des tuyaux projettent des jets d'eau de façon h renouveler et à aérer celle qui se trouve dans les canaux. Le bassin supérieur est alimenté par un grand jet d'eau.

Établissement de Pontgibaud (Puy-de-Dôme).

Cet établissement a été fondé par la Société des mines de plomb argentifère. H comprend :

i° A Pontgibaud même, dans le jardin attenant aux bâtiments de la direction, avait été créé en 1874 un laboratoire de pisciculture auquel se trouvaient annexés quelques canaux d'alevinage et un étang de 20 ares de superficie. Cet établissement avait été construit par M. Rico. Le laboratoire, qui existe encore, a 5^^,50 de long sur 2'", 50 de large. Ce laboratoire, fort

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bien disposé, a du cependant être abandonné ; la cause de cet abandon n'est pas sans présenter quelque intérêt.

L'établissement était alimenté, non par Feau de source, mais par une dérivation de la Sioulle. Or les froids sont assez intenses dans cette région pour que la rivière puisse, sinon se prendre, du moins charrier de petits fragments de glace, très ténus à la vérité, mais qui, par un phénomène bien connu, se soudent lorsqu'ils sont mis en contact. C'est ce phénomène qui se produisait chaque année dans les rigoles d'éclosion et gênait révolution des œufs.

2° La deuxième partie de l'établissement est de beaucoup préférable. Elle est formée par un étang (étang de Péchadoire) et par un laboratoire servant à la fécondation et à l'éclosion des œufs.

L'étang, d'une superficie de 28 ares, est alimenté par une source abondante, fournissant une eau d'excellente qualité et froide, pûisqu'à l'époque où je visitai cet étang, la température de l'eau était de 8 degrés seulement, tandis que Peau de la Sioulle, située dans le voisinage, accusait une température de 2,r G.

Cette pièce d'eau alimente un petit moulin, et c'est dans la partie basse de cette usine que l'on a installé le laboratoire. C'est une sorte de cave traversée par un courant d'eau fourni par le trop-plein de l'étang. Ce canal est divisé par des planches, en compartiments destinés à recevoir les reproducteurs à l'époque du frai. Le long du mur sont disposées les auges d'éclosion, également construites en bois. Cette installation des plus simples, et en même temps des plus pratiques, a été obtenue sans dépenses sérieuses et les frais d'entretien sont presque nuls.

Établissement de Bourges (Cliorj.

Cet établissement a été créé par la Société de pisciculture du Cher, fondé, en 1883, dans un emplacement de l'hôtel Lal-

lemcnt, accordo par la ville. Le laboratoire a été aménage dans une grande salie située au rez-de-chaussée de l'iiôtel. Cette salle (les anciennes cuisines) est située au nord, et la tennpérature en temps ordinaire est de ^2" G. Le laboratoire est alimenté par les eaux de la ville, qui ont une température moyenne de 9 à 11° G. L'eau passe d'abord par un filtre à éponges, puis se répand dans des appareils d'éclosion de types divers.

Les bassins destinés à conserver les poissons ont été creusés dans une des cours de l'hôtel. Ils ont une longueur de 3™, 10 sur 1"',60 de largeur et 0'",65 de profondeur.

Get établissement, construit par M. Delafosse et dirigé par M. M. Leprince, est de bien modestes proportions; mais il est loin d'être sans utilité. Il permet d'abord de mettre en incubation une notable quantité d'œufs, puis son existence est un excellent moyen de propagande pour l'industrie piscicole. Le laboratoire est, en effet, visité souvent non pas seulement par les habitants de Bourges, mais encore par les propriétaires des environs, et les visiteurs reçoivent du directeur tous les renseignements nécessaires.

Établissement de Ligoure (Haute-Vienne).

M. le sénateur Le Play, lauréat de la prime d'honneur, à Ligoure (Haute-Vienne), a créé, il y a dix ans, un établissement de pisciculture qui a pour but de repeupler en Truites les rivières du voisinage. G'est une application du système de repeuplement par têtes de bassins qui est considéré comme le plus pratique, et les résultats ont répondu aux espérances. Ghaque année, suivant la réussite de l'élevage, on lâche dans les petits ruisseaux un nombre plus ou moins considérable d'alevins dès la résorption de la vésicule. Ge nombre varie de 20,000 à 60,000. Le succès est démontré par ce fait que les pêcheurs ont été très surpris de prendre des Truites d'espèces jusqu'alors inconnues dans le pays, telles que les Truites des lacs et de Lochleven.

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Aujourd'hui, rétablissement se livre exclusivement à la propagation de la Truite indigène, la petite Truite de ruisseau. L'établissement n'a pas été fondé à cause de l'heureuse disposition des lieux et de l'abondance des eaux, mais seulement à cause de la présence d'un ruisseau, d'une petite rivière et de quelques sources à proximité de l'habitation, dans un parc clos de 100 hectares, ce qui donnait certaines garanties contre les maraudeurs.

Le ruisseau du (Mabi, dès son entrée dans le parc, coule dans une vallée assez large et à pente relativement faible. On a profité de cette situation pour creuser des bassins et des retenues d'eau dont nous allons donner le détail en descendant le cours du ruisseau :

4° Une dérivation d'une superficie de 20 ares et d'une profondeur de i'",50. C'est là où vivent toute l'année les Truites destinées à la reproduction.

2" Une dérivation semblable sert à conserver les alevins de douze à trente-six mois.

fV Au-dessous, on rencontre un bassin pour élevages divers.

i** Puis vient un étang d'un hectare et demi de superficie où se rendent les eaux supérieures. C'est dans cet étang que l'on transborde les Truites de trente-six mois élevées dans la deuxième dérivation. Cet étang est péché tous les deux ans.

5° En sortant de l'étang, les eaux se rendent dans une nouvelle série de bassins, qui servent de viviers où on garde le poisson péché dans l'étang pour les besoins de la table du propriétaire.

Un premier bassin est destiné aux Carpes, un second aux petits poissons de variétés diverses destinés aux fritures; un troisième enfin, rafraîchi par des sources, est destiné aux Truites.

Le laboratoire a été construit sur les bords de l'étang. Il est alimenté par deux sources d'eau très pure dont la température se maintient en été de 10 à .12°

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Les eaux sont distribuées par de nombreux tuyaux et robinets aux auges d'cclosion et aux aquariums où sont élevés les alevins. Ce laboratoire est entouré de plusieurs petits bassins où on confine séparément les reproducteurs au moment de la ponte vers la fin d'octobre; on peut ainsi les surveiller et pratiquer facilement la fécondation artificielle. D'un côté du laboratoire se trouve une grande table sur laquelle trouvent facilement place quarante auges à éclosion, pouvant contenir chacune 2,000 œufs. En face, de grandes auges en ciment, alimentées par des jets d'eau vive, reçoivent les alevins d'âges divers; de petits aquariums vitrés, accolés aux murs, servent aussi à l'élevage et à l'étude du développement des jeunes sujets.

Une petite rivière, la Ligoure, entre dans l'enceinte du parc à une autre extrémité. Cette rivière est malheureusement très encaissée, de sorte qu'il n'a pas été possible de tirer parti de ses eaux pour créer de vastes superficies de bassins. On a dû se contenter de faire de chaque côté une dérivation d'une largeur variant de 3 à 5 mètres et d'une longueur de 400 mètres. Ces dérivations, alimentées par un fort courant d'eau, sont peuplées d'alevins qui s'y développent assez rapidement.

En résumé, l'établissement de M. le docteur Le Play possède une population de reproducteurs suffisante pour produire chaque année 100,000 œufs de Truite donnant de 20,000 à 60,000 alevins qui sont lâchés dans les ruisseaux environnants. On conserve seulement chaque année 2,000 ou 3,000 alevins pour les élever dans les dérivations de la Ligoure et dans l'étang, et dans les dérivations alimentées par le ruisseau le Galis.

Dans le département de la Haute- Vienne existent quelques autres établissements de moindre importance ; tel est celui de la Jonchère K La ferme-école de Chavaignac, habilement dirigée par M. de Bruchard, s'occupe également du repeuplement des cours d'eau. Les alevins obtenus sont versés dans la Glane.

1. Brocchi, liapport sur la pisciculture dans la Haute-Vienne (Bull, du Min, de VAgric, 1886, p. 9G3).

Enfin, je dois dire quelques mots d'un établissement dit École de pisciculture et situé dans la ville môme de Limoges. Cette école a été fondée à l'aide de fonds votés par le Conseil général, sur la proposition d'un de ses membres. Dans la pensée de ses fondateurs, rétablissement devait non seulement servir à l'enseignement, mais encore fournir chaque année un certain nombre de poissons pour le repeuplement des cours d'eau.

Je considère les établissements de pisciculture placés dans les grandes villes comme offrant de grands inconvénients. J'ai déjà insisté sur ce point et je juge inutile d'y revenir. Enfin, l'existence de l'établissement de Limoges peut avoir l'avantage d'attirer Tattention des visiteurs sur l'industrie piscicole; il est seulement observé que les résultats obtenus ne semblent pas être en rapport avec les dépenses exigées par la construction de cet établissement.

Établissement de Bergerac (Dordogne).

Cet établissement a été fondé par M. Geneste, fermier d'un canton de pêche de la Dordogne. Ce pisciculteur, aux termes de son contrat avec l'Administration, doit verser annuellement dans la Dordogne une certaine quantité d'alevins. Cette quantité, fixée à 20,000 alevins de Saumon et /|0,000 alevins de Carpe pour les deux premières années, va, pour le Saumon, en augmentant de 10,000 alevins chaque année, jusqu'à concurrence de 80,000 '.

Quoiqu'il en soit, cet établissement a été créé en 1886, près du barrage de Bergerac. Les Saumons arrivent chaque année au pied du barrage; on les capture et on les place dans des bateaux-viviers amarrés en rivière jusqu'à l'époque du frai.

Le laboratoire d'éclosion est alimenté par l'eau de la

1. Bordine, Établissement de Bergerac (Bull. Soc.d'Aquic., t. IV, p. 200).

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rivière à l'aide d'une prise d'eau ménagée à une certaine distance en amont du barrage. Les appareils d'éclosion sont constitués par des caisses en bois garnies de zinc intérieurement; ces caisses ont i'",50 de longueur sur O"^,!^ de largeur et 0°",!^ de profondeur; disposées par paires, ces caisses sont placées en gradins. Dans toute la longueur de chaque caisse se trouve, sur l'un des côtés, un tuyau d'alimentation percé de petits trous très rapprochés, d'où s'échappent de minces filets d'eau, lesquels retombent en pluie dans la caisse et contribuent à l'aération de l'eau. Les boîtes sont garnies de claies en baguettes de verre pour recevoir les œufs. Ces claies sont munies de pieds qui portent sur le fond des caisses ; elles sont ainsi rendues plus maniables.

Les alevins sont placés dans des bacs en ciment alimentés par de l'eau courante. Pour assurer l'aération de cette eau, chaque robinet d'alimentation est muni d'une trompe d'Alvergniat.

On commence les fécondations artificielles vers la fin de novembre; la durée de l'incubation est en moyenne de quatrevingt-dix jours.

Les alevins sont conservés pendant une quarantaine de jours; on les nourrit d'abord avec de la cervelle de veau, puis avec de la viande de cheval finement hachée et plus tard avec de l'alevin de Vandoise (Squalins leuciscus). On se procure ces alevins de la manière suivante : au moment du frai des Vandoises, on capture quelques sujets adultes, on fait des fécondations artificielles, et l'on met les œufs en incubation dans un petit bassin où ils n'ont besoin d'aucun soin. Au bout de deux à trois jours, on a des milliers d'alevins qui forment une nourriture vivante très précieuse.

Quand les jeunes Saumons se sont ainsi habitués à chercher leur nourriture, ils sont mis en rivière.

L'établissement de Bergerac rend des services signalés pour le repeuplement des cours d'eau de cette région.

Établissement de Réaumont (Isère).

L'établissement de Réaumont a été fondé par M. Rivoiron. Il est situé près de Rives, dans la petite vallée de la Fure. La Fure reçoit les nombreuses sources qui jaillissent à Réaumont, petit village de sept cents habitants, situé au fond d'un vallon. M. Rivoiron a longtemps dirigé un établissement qu'il avait fondé à Servagette, sur la rive droite du Guiers. Obligé d'abandonner cet établissement, M. Rivoiron est venu s'installer à Réaumont, sm^ les propriétés de MM. Blanchet et Kléber, qui dirigent et possèdent en cet endroit une des plus importantes papeteries de notre pays.

L'établissement comprend deux laboratoires bien aménagés; dans le premier de ces laboratoires, les appareils sont disposés de. manière à faire facilement éclore 120,000 œufs; les rigoles d'éclosion ont 0™,40 de profondeur, et le fond en est recouvert d'une couche de 0'",05 à 0'",06 de gravier et de charbon de bois. Ces rigoles reçoivent les claies de verre sur lesquelles sont disposés les œufs à faire éclore. Toutes les auges sont recouvertes d'un grillage pour mettre les alevins à l'abri des attaques des Musaraignes aquatiques. M. Rivoiron conserve les alevins dans ces auges jusqu'à l'âge de sept mois. Un deuxième laboratoire permet de mettre à la fois 180,000 œufs en incubation.

L'établissement est complété par une série de bassins alimentés par les eaux de source.

Les Truites adultes sont nourries avec de la viande de cheval. Quant aux alevins, j'ai rappelé précédemment ^ que M. Rivoiron avait le premier indiqué une méthode pour se procurer une grande quantité de daphnies. Enfin, j'ai eu également occasion de rappeler les beaux succès obtenus par ^l. Rivoiron dans le repeuplement des lacs situés à des altitudes élevées.

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