Voir p
280 LA l'ISCICLLTLRE DANS I.KS EALX DOUCES.
Établissement de la Buisse (Isère).
Cet établissement est certainement un des plus anciens qui existent en France. 11 a été, en eiïet, créé en 1849 par M. le comte de Galbert.
La Buisse est située au pied des contreforts de la Grande- Chartreuse, dans un des angles nord de la vallée inférieure du Grésivaudan. L'établissement est alimenté d'eau par des sources d'une abondance et d'une fraîcheur extrême (1° C). Ces eaux pénètrent dans la propriété de M. de Galbert après avoir fait tourner les ailes d'un moulin et s'être ainsi chargées d'oxygène ^
En dehors de ces eaux il y a encore un grand nombre de sources qui sourdent au fond des pièces d'eau.
Les bassins ne gèlent jamais; leur profondeur varie de O'^jôO à i'^jSO. Un seul a 4 mètres de profondeur; c'est le vivier d'approvisionnement et de réserve pour les fécondations*.
Les eaux donnent naissance, au printemps, à une grande quantité d'herbes aquatiques dans lesquelles vivent en abondance des hydrophiles, des infusoires, des crustacés, des mollusques, etc. A la Buisse, on s'est toujours servi d'un vieil appareil en z inc pour contenir œufs et alevins ; les petits trous des boîtes ne laissent passer aucun insecte et la circulation de l'eau y est très suffisante. Ces boîtes reçoivent les eaux et sont placées sur un lit de gravier. L'eau arrive à une température constante de 9° C.
Établissement de Thonon (Haute-Savoie).
L'établissement de Thonon appartient à l'Etat. Mais malheureusement il est tout à fait incomplet. Il se compose
1. A l'époque des Romains, un établissement hydrothérapique existait à la Buisse; on y trouve encore des ruines nombreuses, des piscines, etc.
2. De Galbert, Établissement de pisciculture de la Buisse (Isère) (Bull. S. C d'Aquic.y t. V, p. 143) .
essentiellement d'une grande salle dans laquelle sont installées des rigoles pour l'incubation des œufs. Les appareils sont alimentés par une eau excellente dont la température est, en liivei", de 8° G., et cette température ne s'élève pas au-dessus de 12 degrés pendant les jours de grande chaleur*. Les œufs arrivent facilement à éclosion. Mais on ne peut, dans cet établissement, conserver ni reproducteurs ni alevins. On est obligé d'aclieter à haut prix les œufs fécondés et de se borner à les faire éclore. Il serait à la fois bien utile et bien facile de compléter cet établissement, qui est situé sur les bords du lac Léman et entouré de terrains propriétés de l'Etat, où pourraient être creusés des bassins d'alevinage.
Actuellement, ne disposant d'aucun bassin pour conserver les jeunes poissons, l'établissement de Thonon est obligé de les expédier presque immédiatement après leur naissance dans les diverses localités de la Haute-Savoie.
L'établissement a, d'ailleurs, des ressources bien faibles. Son budget est réduit à 1,000 francs. Il est possible avec cette subvention de faire éclore quelques œufs, mais c'est absolument insuffisant pour le bon fonctionnement d'un établissement de l'Etat destiné à fournir gratuitement des alevins à tout un département *.
Établissement de Gremaz (Ain).
L'établissement de Gremaz est situé dans le département de TAin, près de la frontière suisse, à proximité de Genève. Il est connu surtout par la facilité avec laquelle des crustacés de petite taille, Daphnies, Gammarus, etc., semblent se multiplier dans ses bassins. Je me suis déjà occupé de cette question
1. Brocchi, Rapport sur la pisciculture en Savoie {null. du Minis., de l'Agr.f 1893, p. 389).
2. Peut-être serait-il possible d'appliquer à cet ctabli<;scment les subventions que l'on accordait & celui de Bouzey, si tragiquement disparu.
28'2 LA PISC:i(:iJLT[IUK DANS LKS KAJJX DOLCES.
Cil parlant de l'alimentation des alevins. Je ne veux donc pas y revenir ici. Je mécontenterai de répéter que plusieurs personnes, parmi lesquelles je citerai M. Raveret-Wattel, M. le docteur Le Play, M. d'IIalloy et moi-même, ont pu constater l'abondance de la nourriture naturelle dans les bassins de Gremaz.
L'établissement comprend : l*" 66 bassins ayant chacun 32 mètres de longueur sur i°%iO de largeur, et 7 autres bassins ayant ii mètres de longueur sur 4 mètres de largeur. Tous ces bassins sont alimentés par une eau de source ayant constamment une température de 8"^ à 9^ G. Jusqu'à présent, l'établissement a fourni surtout des alevins, mais peu de poissons comestibles. Gomme je l'ai rappelé déjà, l'École pratique de pisciculture de Gremaz a été abandonnée.
A ces divers établissements il convient d'ajouter tous ceux qui ont été installés par les soins du Ministère de l'agriculture dans diverses écoles ou fermes-écoles.
Tels sont ceux des écoles pratiques de Merchines (Meuse), de Saint-Remy (Haute-Saône), de Saint-Bon (Haute-Marne) \ d'Écully (Rhône), du Paraclet (Somme), des fermes-écoles de Laroche (Doubs), des Plaines (Gorrèze), de la Villeneuve (Greuse), de Ghavaignac (Haute-Vienne) , de la Pilletière (Sarthe) , école d'irrigation du Lézardeau (Finistère) .
La plupart de ces établissements ont été établis à peu de frais et sur une petite échelle, mais ils n'en rendent pas moins de sérieux services. Non seulement, en effet, ils fournissent aux cours d'eau une certaine quantité d'alevins, mais encore — et c'est peut-être là leur plus grande utilité — ils mettent les élèves de ces écoles à même de s'occuper plus tard pratiquement de ces intéressantes questions.
Je n'ai eu ni la prétention ni la possibilité d'énumérer ici tous les établissements de pisciculture existant sur notre territoire. Je pense que cette énumération est suffisante pour montrer