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que la France n'est pas aussi en arrière qu'on veut bien le dire des autres nations au point de vue de la pisciculture.
L'élan est maintenant donné, et les propriétaires d'étangs surtout commencent à comprendre quelle était leur erreur de laissera l'abandon des propriétés qui, avec peu de soin, peuvent devenir si productives. C'est là, d'ailleurs, suivant moi, qu'est le véritable avenir de la pisciculture. Ce sont les eaux closes (étangs ou lacs) dont la culture doit surtout attirer notre attention. Ici la réussite est certaine. La surveillance est plus lacile à établir, les méthodes à employer absolument fixées.
Est-ce à dire qu'il faut négliger l'entretien et le repeuplement de nos cours d'eau? Je suis bien loin de le penser, et ici il convient de distinguer entre les rivières dont la pèche appartient aux riverains et les grands cours d'eau appartenant à l'État.
Les petites rivières peuvent être améliorées au point de vue de la production en poisson sans trop grandes difficultés. Soins donnés aux frayères, repeuplement au besoin à l'aide d'alevins déposés près des sources, ce sont là des méthodes sûres, à condition cependant, et toujours, de surveiller les eaux ensemencées. Mais ici les propriétaires peuvent s'entendre, former des sortes de syndicats qui se chargeront de payer les gardes nécessaires pour une surveillance sérieuse. De plus, ces syndicats peuvent louer le droit de pêche et les fermiers se chargeront de la surveillance.
Quant aux cours d'eau appartenant à l'Etat, il ne faut pas se dissimuler que les difficultés sont ici beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus difficiles à surmonter. Avec cet engouement pour les choses venant de l'étranger, engouement dont, paraît-il, rien ne peut nous corriger, on nous cite souvent les résultats obtenus dans le repeuplement de certains cours d'eau d'Amérique. Il est facile de comprendre cependant que nous ne pouvons pas réussir de la même manière, parce que les conditions ne sont pas les mêmes. On a réussi à l'étranger à repeupler des
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cours (l'eau à rives presque inhabitées. Mais dans notre France à population si agglomérée on ne peut songer à agir de mênrie.
La loi a beau exister, comme nous l'avons vu, certains cours d'eau sont irrévocablement perdus pour la pisciculture. Il faut bien, quoi qu'on en ait, fermer les yeux sur la perte de quelques poissons, quand on voit que cette perte est compensée par le développement d'industries importantes.
Dans les grands fleuves, les grandes rivières, on peut certainement agir. Nous avons vu les moyens à préconiser (échelles, établissement de frayères, etc.). Mais tous ces moyens resteront impuissants si on ne poursuit pas les braconniers et autres délinquants. L'Administration ne peut, il faut bien le dire, agir aussi énergiquement qu'elle le voudrait, sans doute. Certaines considérations d'un ordre tout à fait extra-scientitique ne peuvent être complètement négligées... Je n'ai pas besoin d'insister.
Il est cependant un moyen de répression d'application plus facile, parce que cette application est pour ainsi dire indirecte. Que l'on agisse sur les marchés en saisissant les poissons mis en vente en temps prohibé. Si les marchands voient que leur commerce devient trop difficile, ils ne feront plus d'achat et les braconniers diminueront, s'ils ne cessent complètement, leurs pêches clandestines. Il en est malheureusement pour les poissons comme pour le gibier. On fulmine contre les braconniers, et, poussés par la gourmandise, on leur achète le produit de leur coupable industrie.