Koltz, Traité de pisciculture
DK L'ÉCREVISSE. 295
la nourriture déposée sur le fond de l'appareil qui est alimenté par un filet d'eau continu. Quand les œufs sont éclos, on relire les mères, et les jeunes sont conservés dans le bassiu.
Ce système, imaf^iné par M. Brussowen 1876\ ne semble pas donner des résultats bien remarquables. Gomme le fait remar((uer M. Koltz, « un réci[)icnt dcstiué à la culture de l'Ecrevisse ne sera parfait (jue pour autant qu'il n'entravera pas son habitant dans sa manière de vivre et dans ses moyens de défense; or les appareils en terre cuite pèchent contre ce principe* ».
On tend à adopter les bassins mis en usage en Suède; ces bassins sont munis d'un double fond à claire-voie permettant le passa^^e aux jeunes, les mettant à l'abri des attaques des adultes et où ils se rendent pour prendie leur nourriture. Ce fond s'établit avec des tuiles plates reposant sur un réseau de lattes. On laisse un interstice de 0"',i5 entre les tuiles pour le passage des jeunes.
Je ne puis passer sous silence l'établissement créé, en 18()/i, par M. de Selve, sur les conseils et avec l'aide de M. Carbonnier. Cet établissement était situé à Villiers, près de la Ferté- Alais, sur la rivière d'Essonne. J'ai donné ailleurs^ des renseignements précis sur cette tentative remarquable, je n'y reviendrai pas ici; mais je tiens à remarquer que ces essais avaient, quoi qu'on en dise parfois, parfaitement réussi. L'exploitation était dans un état florissant au moment où éclata la guerre de 1870. A la suite de nos revers, l'établissement fut occupé par l'ennemi, et les Allemands détruisirent avec soin tous les canaux, brisèrent les barrages, etc.
Après la guerre, M. de Selve recula devant la nécessité de recommencer un travail qui avait coûté tant de soins et aussi une somme d'argent considérable.