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PÈCHE A LA LIGNE

Les Chinois sont très -amateurs de la pêche à la ligne, qui est pour les uns un passe-temps très-agréable, et pour les autres une ressource lucrative. Ils emploient tantôt des lignes flottantes, tantôt des lignes de fond (1).

(1) Les pêcheurs chinois observent le temps avant de tendre leurs lignes ou leurs filets. Dès que la chaleur est excessive , qu’il fait un grand vent, qu’il tonne, grêle, neige, qu’il tombe une forte pluie ou que l’eau se retire après une crue, les poissons sont tranquilles, jouissant d’une sorte de trêve, qui est rompue aussitôt que ces troubles de la nature ont cessé. Du reste, pendant ces désordres atmosphériques, de même que lorsqu’il règne un vent froid ou des vents d’ouest et de sud-ouest, les habitants des eaux circulent très-peu. Quand le ciel est pur et serein, que l’eau est claire et transparente, ils se défient de leurs ennemis et recherchent les endroits qui leur offrent le plus de sécurité. Mais qu’une légère brise vienne à rider la surface de l’eau, que le temps soit couvert, qu’une pluie fine et douce vienne rafraîchir l’atmosphère, ou bien que l’air soit chargé d’électricité, que l’eau soit un peu trouble, chaque espèce quitte son abri ou sort de son logement, à la recherche de sa nourriture. C’est alors que sont dressés les engins de destruction et que la pêche est abondante. Le meilleur moment de la journée, en hiver, est de dix heures à quatre heures. C’est l’inverse en été. Si l’eau est profonde et courante, le poisson se tient généralement près de terre, dans les remous ; si au contraire l’eau est basse, il préfère le milieu de la rivière et le courant.

Les pêcheurs chinois sont très-habiles pour présager les changements de temps. Les poissons sont pour eux des indices qui les trompent rarement. Lorsqu'ils les voient sauter à la surface de l’eau, c'est un signe que l’eau ne tardera pas à augmenter Les grandes inondations du Yang-tsee-kiang ont presque toujours été prédites longtemps d’avance. Toutes les fois qu’on aperçoit les poissons nommés ou-yu (Ophicéphales) s’élancer hors de l’eau et s’efforcer de remonter le courant, on peut être assuré que le temps sera beau; la carpe indique au contraire la pluie. Il existe à ce sujet un dicton très-connu : « Ou-kan-ly-che, avec l’ophicéphale, sécheresse: avec la carpe, humidité. » Tsy-yu (Gibeloides) annonce la pluie, clmng-yu (ilagrus) la sécheresse. Un peu avant et après le solstice d’été, si les poissons nommés houang-chang-yu (Bagrus) pondent abondamment, les champs n’auront point à craindre la sécheresse. Si, à cette même époque de l’année, les petits poissons qui vivent dans les rivières ou les fossés meurent frappés par les rayons solaires, la pluie n’est pas éloignée ; si leur bouche reste ouverte, les chaleurs ne seront pas très-pénibles à passer. Si au commencement de juin on remarque que l’épine dorsale des tsy-yu est un peu recourbée, c’est un signe qu’il ne tardera pas à tomber de

LA PÊCHE EN CHINE

La ligne flottante tiao-yu-heou (pl. I, fig. 4), avec laquelle on prend les espèces de poissons qui vivent à la surface de l’eau, se compose d’un bambou mince et flexible de quatre pieds de longueur, à la partie supérieure duquel est attachée une cordelette desoie ou de chanvre dont l'extrémité est armée d’un petit hameçon recourbé. On appâte ce bain avec des vers de terre ( Idn-chan ), tels qu’on lésa extraits du sol, ou écrasés et mélangés à de la farine de froment; quelquefois encore on fait usage de mouches communes trempées dans de 1 huile de sésame (; ma-yeou ), de sauterelles, de moules de rivières ou de papillons, qui constituent également de bons appâts.

Les lignes sont quelquefois munies àe flottes de sorgho et portent en outre un petit plomb qui permet à l’hameçon de descendre aussi profondément dans l’eau que le pêcheur le désire. Les lignes de tond, très-analogues à celles que nos pêcheurs ont coutume d employer, sont un peu différentes suivant la pêche à laquelle on veut les appliquer.

Pour la pêche de ly-yu (Perça fluviatilis), on lait usage d’une ligne qui consiste : 1° en un bambou long d’une douzaine de pieds, et divisé en trois parties qui s’emboîtent l’une dans l’autre, 2° une corde de crin qui a été préalablement trempée dans une dissolution bouillante, mais peu concentrée de sel marin, 3° une flotte en sorgho, pao tsee , 4° un plomb, tsoiii tsee , 5° enfin un hameçon moyen à une branche, hy-yu-heou. On emploie les mêmes appâts que pour la ligne flottante, mais seulement, quelques minutes avant de jeter la ligne, on amorce avec une pâte faite de son, haricots mâchés, blé, le tout détrempé et pétri (I). L’automne est la saison la plus favorable pour ce genre de pêche.

Dans le grand fleuve, on fait usage pour pêcher houany-chany-yu (Bagrus calvarius) et nien-yu (Silurus xanthesteus) d’une ligne un peu différente de la précédente : le bambou n’a que trois pieds de longueur et est muni d’une corde de chanvre à trois brins, sans flotte; le plomb est plus pesant et l’hameçon plus fort et à deux ou trois branches. On appâte avec des intestins de poulet ou de poisson. Il est recommandé de ne laisser jamais la ligne immobile, mais au contraire de l’agiter continuellement (2).

Les Chinois font encore usage d’une ligne qu’ils nomment yiien-tchoui-keou (pl. I, fig. I) et qu’ils tendent au milieu des fleuves : elle se compose d’une corde de chanvre à six ou huit brins,

l’eau. Il en est de même quand ou trouve dans les filets des kiue-yu (Perça fluviatilis) morts, ou si les poissons capturés meurent aussitôt et conservent la bouche ouverte. La bouche fermée annonce incertitude du temps, mais pas de pluie. La tempête ou plutôt l’orage est annoncé par les tchang-yu , que l’on prend en quantité dans les nasses. La pêche abondante des anguilles est aussi un pronostic certain.

Quand les tortues, mettant la tête hors de l’eau, se tournent du côté du midi, il fera beau; si elles regardent le nord, il pleuvra. Lorsque dans les fossés les kouei-sse apparaissent à la surface de l’eau, il faut s’attendre à du vent et à de la pluie. Le cri bruyant de la grenouille indique le beau temps; mais si elle coasse en rejetant l’eau, il ne tardera pas à pleuvoir. Si au solstice d’été les crabes se tiennent près du rivage, une crue est imminente. À la troisième lune, à l’époque dite ko-yu (commencement de la pluie), vers le 20 avril , lorsque les poissons frayent, c’est une grande joie parmi les pêcheurs lorsqu’il tombe de l’eau. «Chaque goutte d’eau, ne cessent-ils de répéter, nous vaut un poisson. » À la dixième lune, à l’époque dite ta-tong , vers le 10 novembre, si la température est plus chaude que froide, il y aura beaucoup de poissons; s’il pleut, les poissons seront rares.

Tels sont les principaux signes auxquels les pêcheurs chinois reconnaissent les changements de temps qui leur servent à diriger leurs travaux et à avoir leurs espérances annuelles. (D. de Th.)

(1) En France, on se sert de la même pâte pour amorcer.

(2) On agit de même quand on pêche la truite en Europe.

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qui porte, suspendus au milieu et aux extrémités par des fils de soie, un plomb et deux hameçons assez forts ; on amorce avec des morceaux de bœuf ou des entrailles de poissons (1).

Le kuen-keou (pl. Il, fig. I ) est une ligne de deux à trois cents pieds de longueur et à plusieurs branches. La corde qui la constitue est en chanvre qui a été plongé dans une forte décoction d’écorce de ko -chou (chêne) ou dans un bain de sang de porc, puis séchée à la vapeur. Elle est munie de forts hameçons à une ou à deux pointes, distants d’un pied et attachés à l’extrémité de filaments ou empiles , de quatre à cinq pouces de longueur. Les pêcheurs fixent cette ligne, qui n’est pas appâtée, par une de ses extrémités à un corps mort fixe, et la maintiennent au fond de l’eau au moyen de pierres ou d’autres poids (2). On tient le kuen-keou tendu nuit et jour de la deuxième à la huitième lune [eul-yue , pa-yue) dans les fleuves aussi bien que dans les lacs, pour prendre de très-gros poissons et principalement houany-yu (Acipcnser Dabryanus), ly-yu (Cyprinus obesus (3), tsin-yu (Leuciscus (idellus) et kan-yu (Elopichthys bambusa).

Le leany-keou ne diffère guère du kuen-keou que parce que ses deux extrémités sont fixées à des pieux, parce qu’il est soutenu par des flottes et est armé d’hameçons à deux branches. On ne peut en faire usage que là où il n’y a pas de courant et où l’eau offre une certaine profondeur.

L c pe-chên-keou (pl. Il, fig. 4), qui sert à prendre des poissons de moyenne dimension et surtout des anguilles, diffère du kuen-keou , avec lequel il a une certaine analogie, par ses hameçons moins forts qu’on appâte avec des vers de terre, du mais, de petits poissons vivants, etc. (4). Sa longueur qui est variable, peut quelquefois être extrêmement grande.

(1) Les Japonais emploient une ligne qui leur sert pour les poissons de fond, et qui a la plus grande analogie avec Vyuen-tchoui-keou. C’est une pièce de fil de cuivre, qui porte au milieu un plomb assez pesant et dont les deux extrémités sont armées d’hameçons simples supportés par du fil de Florence (vers à soie étirés dans du vinaigre). (J. L. S.)

(2) Les Russes, sur les bords de la mer Caspienne, de celle d’Azof et le long des fleuves qui s’y jettent, emploient, pour prendre les esturgeons et quelques autres espèces volumineuses, un engin qu’ils nomment corde. C’est une longue corde de 50 toises environ, garnie de lignes munies de traînes et éloignées de 10 à (2 pouces environ; quelquefois on place plusieurs de ces cordes les unes au bout des autres, de façon à avoir une longueur de plusieurs verstes. Les hameçons ne sont pas amorcés et penden t à quelque distance audessus du fond, où ils accrochent les poissons qui s’aventurent dans leur voisinage, à la condition que ceuxci ne seront pas protégés par une épaisse cuirasse d’écailîes. Pour obtenir de bons résultats de cet engin, il est nécessaire que les hameçons soient très-rapprochés les uns des autres. (J. L. S.)

(3) Nous devons remarquer que les Chinois ne paraissent pas ici partager l’opinion des pêcheurs du Volga, qui croient que cet engin ne peut servir que pour*des poissons sans écailles, tels que les esturgeons, et que les hameçons glissent sans pénétrer sur le corps des poissons protégés par une couverture de larges écailles.

Les pêcheurs du Oualo (Sénégal) tendent perpendiculairement aux rives du fleuve une longue corde solidement fixée à ses deux extrémités et soutenue sur l’eau, de distance en distance, par des calebasses vides ; à cette corde principale sont attachées une multitude de cordelles de toutes longueurs, depuis GO centimètres jusqu’à I mètre 50, et terminées chacune par un hameçon. Le lit du fleuve se trouve ainsi partiellement barré par une espèce de mantelet, hérissé de crochets auxquels les poissons sont arrêtés par une partie quelconque de leur corps. On tend ces cordes le soir, pour les relever soit dans la nuit, soit le matin. (J. L. S.)

(4) Le pe-chên-keou est exactement la ligne de fond dormante ou traînée dont nos pêcheurs font usage dans diverses parties de la France. Comme elle, il doit être placé dans une eau courante un peu vive, débarrassée d’herbes et de joncs pour qu’on ne coure pas le risque de voir ses hameçons et leurs lignes s’enchevêtrer les uns dans les autres ; d’autre part, le mouvement du courant fait paraître les amorces pins vivantes et favorise ainsi la capture du poisson. Cet engin est quelquefois aussi employé dans des eaux dormantes, mais alors il faut avoir grand soin que la corde reste bien tendue entre deux poids ou pierres. (J. L. S.)

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On désigne sous le nom cïho-ye-feeou (pl. II, H;-. 2) un corps mort fait de bois, de tresses de bambous, à la périphérie duquel sont suspendues des lignes armées de forts hameçons (1 .

Le kia-tse (pl. IV, fig. 3) est une ligne dormante sans hameçon, ceux-ci étant remplacés par de petits nœuds de bambou très-flexibles et ayant la forme d’un A majuscule. Pour les employer, on presse avec deux doigts sur les deux branches qu’on maintient rapprochées à l aide d’un lien de mo -tche (Equisetum hyemale) ou de paille : on amorce en introduisant au milieu des branches un grain de riz, d’avoine, de maïs ou un petit morceau de poisson. Lorsque le poisson avale l’appareil, il détermine la rupture du lien, et les deux branches du piège, obéissant à leur élasticité, s’ouvrent et le retiennent captif. Ce moyen, qui est mis en usage avec le plus grand succès dans les lacs et les rivières de presque toutes les provinces centrales de la Chine, paraît devoir sa réussite à ce que les poissons s’en méfient moins que des hameçons, et a l’avantage d’être extrêmement économique, en raison du prix très-modique du hia-tse. Avec les plus petits de ces instruments en bambou, on prend des poissons qui pèsent jusqu’à une livre; avec les plus gros, on capture des carpes de trois et quatre livres.

On applique quelquefois les hia-tse (pl. II, fig. 3) à des corps morts qu’on abandonne à euxmêmes.

Le hiang-ling-heou (pl. IV, fig. 4) est formé d une corde très -résistante et longue de deux à trois et quatre cents pieds de longueur, à laquelle on fixe, de quatre en quatre pouces, une ligne longue de six pouces environ et armée d’un fort hameçon : tous les quarante ou cinquante pieds on place un bâton de sept à huit pieds de hauteur qu’on enfonce dans le sable ou la boue, de façon qu’il puisse résister à de lortes secousses; chaque bâton porte à sa partie supérieure une sonnette. On fixe la corde à ces bâtons et on la maintient au moyen de Hottes en bambou qui sont espacées de vingt en vingt hameçons. (Quelquefois on rapproche davantage les hâtons, mais alors il n’y a pas de flotte, et on ne laisse guère qu’une douzaine d’hameçons entre les sonnettes.) Lorsqu’un poisson est pris, ses mouvements saccadés agitent la corde et par suite la sonnette, dont le timbre argentin avertit le pêcheur, qui accourt avec son bateau. On tend l’appareil nuit et jour dans les endroits où il y a du courant, et toujours en travers des rivières. Le plus ordinairement on n’appâte pas; quand on le fait, on emploie des hameçons plus petits et on met un plus grand nombre de flottes pour une même longueur de ligne.

Les Chinois désignent sous le nom de hia-heou-tchuen (pl. IV, fig. 1) un engin qui ressemble beaucoup à hiang-ling-heou. Cette ligne, qui peut quelquefois acquérir des dimensions très-considérables en longueur, est à hameçons moyens; elle se tend au moyen d’un bateau dans les lacs et pièces d’eau où il n’y a pas de courant. Le jeu est levé sur l’avant du bateau et est mis à l'eau , au fur et à mesure que le bateau avance, par un homme qui le dispose, en ligne plus ou moins droite, en fixant les pieux dans le sable et la vase. La ligne est munie, de distance en distance, de flottes qui aident à maintenir les bains à une certaine distance au-dessus de l’eau.

Tous ces genres de lignes sonnantes sont assez productifs et permettent de capturer le plus souvent des ly-yu (Cyprinus ohesus),pien-yu (Parabramis Pekiniensis), han-yu (blopichthys bambusa), et houang-yu (Acipenser Dabryanus).

(1) Les pêcheurs de nos cotes font aussi souvent usage de ce genre d’engins, et fixent autour de paniers, de croix de bois, de plombs, de cercles, etc., des lignes inunies d’hameçons, qu’ils laissent séjourner sur le sable durant les hautes marées. (J. L. S.)

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Le so-lieou (pl. IV, fig. 2) est une corde de cinquante à soixante pieds de longueur, portant de trente à quarante hameçons à deux branches, fixés à des empiles de deux à trois pouces. Quelques pêcheurs, mais c’est une exception, n’appâtent pas. Chacune des extrémités de la corde est fixée à l’arrière d’un bateau, à rames ou à voile, qui parcourt une certaine distance en croisant ses mouvements avec celui de son compagnon. (Les Chinois disent en faisant la navette so.) Suivant les pêcheurs, le so-lieou est muni ou non de flottes en bambou qui ont l’avantage de maintenir la ligne à une hauteur plus régulière. Cette pèche réussit assez bien, pendant les grands froids, dans les eaux qui ne sont pas trop courantes.

Le che-keou (pl. V, fig. 1) est une ligne de cent à cent cinquante pieds de longueur, armée d’hameçons espacés de cinq à six pouces, et amarrée par une de ses extrémités à un bateau, tandis que l’autre est fixée à un assemblage de bambous, formant un petit radeau de cinq pieds de longueur sur quatre de largeur, et qui est maintenu verticalement par deux pierres attachées aux angles d’une de ses faces. Le batelier tend avec soin sa ligne, qui est munie de flottes en bambou, et se laisse aller à la dérive, en ayant soin de manœuvrer pour que la ligne soit autant que possible dans une direction perpendiculaire à celle du courant. Cette pêche (1) se fait très-fréquemment sur le grand fleuve et n’est possible que quand les eaux sont hautes.

FOUÉNES.

Les fouênes chinoises sont des instruments en fer qui servent à harponner le poisson et qui sont composés d’une fourchette à une ou plusieurs dents pointues, en forme de lance ou d’hameçon, et emmanchés d’un bambou de cinq à dix pieds de longueur.

La plus simple, appelée tien-tsee ou na-tsee (pl. VI, fig. 5), n’offre qu’une seule pointe semblable à la pique d’une lance, et est employée par les Chinois à la capture des gros poissons.

Le chên-yu-lteou (pl. VI, fig. 4) est une fouêne à crochet, usitée principalement pour la pêche des anguilles et qui ressemble beaucoup à la gaffe de nos mariniers (2).

Le hia-mo-tcha (pl. V, fig. 2) porte trois dents barbelées et est employé avantageusement à prendre des anguilles, des grenouilles, etc.

Sous les noms de yen-yu-tclia (pl. VI, fig. 8) ou de kio-yu-tclia , les Chinois désignent une fouêne à trois, quatre ou cinq dents terminées chacune par un crochet qui forme hameçon ; cet instrument sert surtout pour la pêche des tortues, kio-yu.

Le yu-tcha (pl. VI, fig. 2) ou pa-tsee ne diffère du lyuen-yu-tcha que parce qu’il est armé de six ou sept dents, terminées par un crochet.

Le tchao-tcha (pl. V, fig. 3) est formé d’un grand nombre de dents disposées latéralement sur un manche et qui permet de s’emparer facilement de poissons à peau glissante, comme les anguilles (3).

Le yu-pa-tsee (pl. V, fig. 4) est une fouêne à cinq dents munies d’un double rang de crochets.

Toutes ces fouênes, dont se servent les Chinois, ont une grande analogie de forme avec

(1) La pêche au che-keou ressemble beaucoup à celle que nos pêcheurs appellent pêche à la quille.

(2) Nous avons observé, à l’Exposition de Boulogne-sur-Mer, une sorte de croc ou de petite gaffe très-analogue, employée par les pêcheurs de Cullercoath (Northumberland) pour pêcher VAmmodytes lancea. (J. L. S.)

(3) Cette fouêne ressemble beaucoup à l’instrument employé en Suède pour pêcher les anguilles sur les bas-fonds argileux {Exposition de Boulogne-sur-Mer). (J. L. B.)

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celles employées par les pêcheurs des diverses nations, mais nous ne connaissons que les pêcheurs du Céleste Empire qui fassent usage d’un engin qu’ils nomment tsao-tsee (pl. VI, fig. 3); c’est une sorte de nasse en bambou de forme tronco-conique qui a de deux pieds et demi à quatre pieds de hauteur : le diamètre de l’orifice supérieur est d’un pied à un pied et demi, tandis que celui de l’orifice supérieur est de deux pieds et demi à trois pieds; les bambous qui forment les parois de cet instrument sont couverts d’un filet à mailles très-serrées. Lorsque le pêcheur, penché sur l’avant de son bateau, a reconnu par l’inspection de l’eau et du fond la trace révélatrice de quelques poissons, il laisse tomber doucement le tsao-tsee (pl. VI, fig. 3) et, introduisant adroitement sa fouêne par l'orifice supérieur, il fouille le sol dans l’espace limité par l’espace inférieur. Au moyen de cette pêche, qui se fait aussi bien pendant la nuit que pendant le jour, tout le poisson, dont la présence a été décelée sur le fond, se trouve rapidement pris. Lorsque la pêche se fait de nuit (pl. VI, fig. 1), on place à l’avant du bateau une lanterne, une petite lampe ou une torche qui permet de distinguer le fond, et qui peut avoir aussi pour résultat d’attirer quelques poissons par son éclat (1 ).

Pour la pêche des anguilles on fait quelquefois usage de pinces, kien-tsee (pl. VII, fig. 2), de fer ou de bois, et munies de dents et de pointes qui empêchent le poisson de glisser entre les deux branches lorsqu’il est saisi (2).

Les petits pêcheurs, sur les bords des lacs et des étangs, font usage d’un râteau, toui-tang (pl. VI, fig. 7), qui consiste en une planche de 5 pieds de longueur et de 7 à 8 pouces de largeur emmanchée à un long bâton, qui le plus souvent est en bambou. Ils emploient cet instrument pour pousser devant eux, en raclant le fond de l’eau, les poissons, et lorsqu’ils sont réunis dans un certain espace, on les couvre adroitement avec le tsao-tsee.

Il est un autre genre de râteau, teou-pa-tsee (pl. V, fig. 5), que l’on traîne dans les lacs au moyen d’une corde amarrée à un bateau : cet instrument se compose de sept à huit morceaux de bambou, longs de 2 pieds et demi à 4 pieds et ajustés dans un bambou, d’un pouce d’épaisseur sur deux pouces de longueur : à ce bambou est fixé solidement un manche de 1 pied à 1 pied et demi de longueur et portant un poids dans son milieu. A l’extrémité du manche est attachée une corde, de 15 à 20 pieds, dont l’autre bout est amarré à l’arrière du bateau. Les branches sont armées de deux à trois rangées de très-gros hameçons. Malheur au poisson assez imprudent pour se laisser accrocher par ce terrible engin.

Nous avons vu sur le lac Po-gang un autre instrument, destiné au même usage et qui se manœuvrait comme le précédent. Cet appareil, qui porte le nom de toui-pa-keou (pl. VI, fig. 6), a exactement la forme d’une herse.

(1) La prise du poisson à la fouêne et an moyen de la lumière est usitée dans un grand nombre de pays, soit en èau douce, soit à la mer. Cette pratique est en particulier appliquée à la pêche du saumon dans le Hardangerfjord (Norvège) et sur la côte occidentale du lac Onega (Russie). En France, nous l’avons vu employer avec succès dans la baie d’Àrcachon, où se fait la pêche au flambeau de plusieurs espèces de poissons de mer. Du reste, on retrouve ce mode de pêche, qui parait avoir été usité depuis la plus haute antiquité, employé également par les sauvages; c’est ainsi que le capitaine Ilarton rapporte que les naturels du lac Tanganyaka (Alrique orientale) attirent le poisson par la lueur des torches. (J. L. R.)

(2) Les Suédois font aussi quelquefois usage de pinces de bois ou de fer, pour prendre les anguilles. (Voir J. L. Soubeiran, Rapport sur /’ Exposition de Bergen, p. 49, 18(36.)

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