‹ La Pisciculture et la Pche en ChineChapitre 36 sur 62 · FILETS · texte numérisé non relu

FILETS

Les filets (ouang) sont tous lacés à la main par les femmes des pêcheurs, des laboureurs ou des artisans, qui, dans certaines parties de la Chine, n’ont pas d’autre occupation. La maille des filets chinois est formée par un double nœud.

Les matières qui servent à confectionner les filets sont le chanvre, le coton ou la soie, mais ces deux derniers textiles ne sont employés que pour espèces spéciales de filets (1). Les pêcheurs chinois disent qu’ils donneraient toujours la préférence aux filets de coton, si leur prix n’était pas aussi élevé, et si, d’autre part, ils n’exigeaient pas autant de soins et de précautions (2).

Les filets se vendent par pièces aux pêcheurs, qui les ajustent eux-mêmes suivant le genre de pêche auquel ils les destinent; ceux qui sont destinés aux chevrettes sont en chanvre, à deux brins, et se vendent par nombre de mailles : six cents mailles de largeur sur une maille de hauteur valent six sapèques = 0 fr. 36. Lorsque la maille a cinq à six millimètres de largeur, une pièce de filet de chanvre, de trois cents mailles de longueur sur un pied de hauteur, se paye de cinquante à cinquante-cinq sapèques = 0 fr. 30 à 0 fr. 33.

Le tableau suivant peut servir à connaître le prix d’un morceau de filet, en chanvre, plus ou moins fort, suivant les dimensions de la maille.

Mailles. Longueur.

5 à 6 millimètres 300 pieds

Hauteur. Prix.

I pied 0 fr. 30 à 0 fr. 33

1 — 0 fr. 22

1 — 0 fr. 24

5 — 1 fr. 44

5 — 3 fr. 36

Le chanvre a une valeur d’environ neuf sapèques (=0 fr. 54) l’once. On donne surtout la préférence à celui du Hou-nan, qui est légèrement rougeâtre.

Le salaire d’une femme qui prépare le fil, lace le filet et fabrique journellement environ un pied de filet, est de 30 à 32 sapèques — 0 fr. 18 à 0 fr. 22, et encore l’ouvrière paye-t-elle nécessairement, sur cette modique somme, l indispensable courtier.

La main-d’œuvre pour les filets de coton et de soie est un peu plus élevée; ces matières sont, en général, fournies par racbeteur.

Lorsque les filets sont terminés, les pêcheurs les trempent dans une décoction d’écorce de

(1) Nous avons vu les Norvégiens faire quelquefois usage de filets de soie pour la pêche du maquereau; mais c’est surtout en Suède, où on les utilise pour la pêche des lacs, que nous avons trouvé le plus grand nombre de filets en soie. (J. L. B.)

(2) Il est à remarquer que les filets de coton, malgré le prix élevé auquel s’est vendue la matière première par suite de la guerre d’Amérique, sont aujourd’hui presque exclusivement employés par les Anglais et les Hollandais, qui les trouvent beaucoup plus pêchants que les autres, et qui pensent qu’avec quelque soin ils peuvent avoir une durée aussi longue que les filets de chanvre. Nous avons vu chez M. Maas, de Schweningen (Pays-Bas), des filets de coton qui avaient résisté à six campagnes de pêche de hareng et qui étaient aussi bien conservés que d’autres en chanvre; il est juste d’ajouter que M. Maas reconnaissait que ces filets demandent plus de soins dans leur emploi. Les Norvégiens accordent aussi la préférence aux filets de coton, malgré leur prix élevé, car, disent-ils, une seule pêche couvre le prix du filet. (J. L. B.)

LA PÊCHE EN CHINE

Jiou-chou (chêne), ou clans un bain de sang de porc; on les fait ensuite sécher à la vapeur. Cette opération a pour but de rendre les blets plus forts, plus résistants et plus faciles à manœuvrer. Les Chinois pensent qu’un blet, à la condition d’être réparé chaque fois que cela est nécessaire, peut durer trois ans (1).

Le ly-ouang (pl. VII, bg. 3) consiste en une poche de blet, bxée sur un cercle, que soutient un manche de quatre à cinq pieds de long : on l’emploie pour saisir les poissons (2) déjà pris dans de plus amples blets, ou déposés dans le vivier de la barque, ou bien encore qui sont conservés dans un premier réservoir en attendant leur vente ou leur consommation (3).

Sous le nom de ta-lao (pl. VIII, bg. 1), on désigne une poche de blet bxée sur un demi-cercle dont la section est formée par une pièce de bois droite et que soutient un manche de quatorze à quinze pieds de longueur, que l’on emploie pour prendre les chevrettes, les losses (lymnées des étangs) et les petits poissons qui tombent dans la poche, lorsque le pêcheur, ayant posé son blet au fond de l’eau, le ramène doucement à lui (4).

Sous le nom de lao-tsee (pl. IX, bg. 1), les Chinois désignent une autre poche de blet, bxee sur deux bâtons croisés, liés ensemble par une corde et dont les extrémités servent de manches; la poche est maintenue ouverte par une pièce de bois qui touche et racle le fond de l eau, lorsque le pêcheur pousse le blet devant lui. Une courroie adaptée aux manches permet au

(1) En raison de la détérioration que les Blets subissent par leur séjour dans l’eau et surtout lorsqu’ils restent humides après avoir servi, on a dû chercher un moyen de leur assurer une durée plus longue, et, dans tous les pays, on a eu recours à quelques procédés particuliers. Dans ce but, l’écorce de chêne a été longtemps employée, mais elle est aujourd’hui presque absolument abandonnée par nos pêcheurs, et à juste raison, pour le cachou, qui est un meilleur préservatif, à la condition qu’on ne cherche pas à économiser sur la quantité employée. Dans quelques localités, on a recours à l’immersion dans un bain de sulfate de fer ou de sulfate de cuivre, qui sont d’un prix moins élevé que le cachou.

Pour les filets de coton, on emploie avec plus d’avantages le cachou et l’huile de pin et de lin, ou mieux encore le coaltar, qui coûte moins cher ; mais il faut avoir grand soin de n’agir avec l’huile que sur des filets préalablement bien séchés, car, sans cette précaution, ils pourraient s’enflammer spontanément.

M. Maas, de Scheveningen, a appliqué avec grand avantage le coaltar à la conservation des filets de coton, et a pu ainsi leur assurer une durée beaucoup plus grande. (J. L. B.)

(2) Le ly-ouang est l’analogue de l 'épuisette de nos pêcheurs ou coupeillon des bourdiques.

(3) Les paniers-réservoirs, hoa-lo (pl. X, fig. 4), sont faits en bambou ; ils ont de 4 à 5 pieds de diamètre sur 5 à 6 de hauteur; le fond en est solidement construit. Ces paniers-réservoirs, qu’on mouille par 10 à 20 pieds de profondeur, servent d’entrepôt pour les poissons qui ne peuvent pas être immédiatement vendus, et qu’on conserve ainsi vivants pendant plus de trois semaines, à la condition de les nourrir avec de la chair de poissons communs.

Les plus gros poissons ne sont pas placés dans les hoa-lo, mais sont attachés au moyen d’une corde, amarrée à un pieu au milieu du courant ; ce procédé ne permet de les conserver vivants que très-peu de temps.

Lorsque le poisson doit être vendu sur le marché, on le saigne à 2 pouces au-dessus de l’extrémité de la queue, au moment même ou il est retiré de l’eau, puis il est suspendu dans un endroit frais. Les Chinois prétendent que cette opération rend le poisson bien meilleur : il est à remarquer que cette pratique des Chinois est en usage chez tous les peuples exclusivement pêcheurs, chez les Norvégiens (voir Rapport cité), les habitants des Canaries (Sabin Berthelot), etc.

Pour transporter le poisson à une certaine distance, les Chinois l’enveloppent dans des herbes aquatiques; dans quelques provinces, on couvre le poisson de boue saturée de sel. Dans le Nord, on le met dans la glace. (D. de Th.)

(4) Le la-lao est le bouquetoux de nos côtes.

LA PÈCHE EN CHINE. 157

pêcheur de soutenir le filet sur ses épaules. Le lao-lsee sert au même usage que le ta-lao , mais il doit être relevé vivement (1).

Le lien-lao-lsee est un filet à poche de cinq pieds de profondeur, fixé sur deux montants en bambou formant un demi-cercle et sur une corde attachée aux deux extrémités des montants, qui sont encastrés dans un manche de 14 à J 5 pieds de longueur; trois cordes partant des deux extrémités et du centre de la première corde et réunies au moyen de deux anneaux sur le manche, permettent d’ouvrir ou de fermer le filet, qui est employé par les pêcheurs pour prendre des poissons sous les roches ou les racines.

Le hia-tseng (pl. XII, fig. 4) , est un petit filet carré surmonté par des bambous recourbés et réunis à la partie supérieure de leur convexité : on pose au milieu du filet un appât composé de son , de lymnées écrasées et cuites dans l’huile de sésame, ou bien de riz et de farine cuite avec un peu de sel dans l’huile de sésame. Généralement on tend ces filets, avec lesquels on prend beaucoup de chevrettes, à une petite distance les uns des autres dans des endroits peu profonds (2).

Le hia-çhao-lnj (pl. 1, fig. 3) est un grand panier en bambou, que I on emploie, comme le précédent, pour prendre des chevrettes (/lia), des crabes, etc. Cet appareil, au milieu duquel on place un appât , se relève au moyen d’un bâton et de cordes disposées comme pour le plateau d’une balance (3).

Le to-tag (pl. XI, fig. 3) est une poche de filet longue de deux pieds à deux pieds et demi, et tenue ouverte à une de ses extrémités par un cercle de fer, d’un pied à un pied et demi de diamètre : le cercle est traversé par deux cordes réunies au milieu par une troisième corde qui sert à soutenir l’appât. Le pêcheur dirige le filet au moyen d’une corde de longueur variable, suivant la profondeur de l’eau et fixée au cercle de fer; quelquefois on traîne cet appareil au milieu des herbes pour surprendre les poissons qui s’y sont réfugiés.

Le tcho-kij (pl. IX, fig. 2) est une sorte de nasse ouverte en forme de van, que les Chinois traînent, comme une drague, au moyen de deux longs bâtons, dans les petits cours d’eau peu profonds.

L e pan-chen-tsao (pl. XII, fig. 5) est un grand cône en bambou, sans fond, dans 1 intérieur duquel est disposé un filet â ouverture médiane, susceptible de s’ouvrir et de se fermer comme une bourse, au moyen de cordes que le pêcheur tient dans la main. On pose le panier dans un endroit peu profond, généralement au milieu des herbes; on ouvre le filet, puis, lorsqu on suppose que quelques poissons sont introduits dans l’appareil, on le referme et l’on retire le panier. Cet engin, auquel les pêcheurs substituent quelquefois le seng-tsee (voir plus loin), est emplové dans les grands lacs pour capturer de très-gros poissons, au moment où ils frayent.

Le kan-tseng-tchuen (pl. VII, fig. 1) est un filet de coton ayant la forme d’un parai lélipipède

(1) Le lao-tsee n’est autre chose que notre haveneau ou havenet; il n’en diffère que parce que, dans le havenet, on rapproche les quenouilles , ou pièces de hois, pour prendre le poisson, et parce que l’extrémité forme une poche fermée. Du reste, nous retrouvons le même engin de pêche chez les naturels du Nvassa (Afrique orientale), où Livingstone a remarqué que les deux quenouilles sont maintenues écartées au moyen d’une pièce de bois transversale, fixée entre les parties qui servent de manches. (J. L. S.)

(2) Ce procédé a la plus grande analogie avec celui en usage dans quelques-unes de nos rivières ; deux personnes traînent dans les eaux peu profondes une chaîne ou une corde munie de petites plaques de hois rapprochées, qui effrayent le poisson et l’obligent à venir entrer dans un sac de filet vers lequel les pêcheurs se dirigent. (J. L. S.)

(31 Ressemble aux balances dont on se sert en France pour prendre des écrevisses.

LA PÊCHE EN CHINE

ouvert sur un de ses côtés; sa longueur est de 4 pieds, sa largeur de 2 pieds 6 pouces, et sa hauteur de 1 pied 8 pouces. Quatre pièces de bambou réunies à leurs extrémités tiennent ce filet tendu. Le pêcheur, placé ou non sur un bateau, le prend de la main gauche, le plonge dans l’eau, et, au moyen de la main droite, armée d’un triangle de bois dont la base est garnie de rouleaux en fer, il agite la vase ou le sable et chasse ainsi les petits poissons, qui sont arrêtés dans leur fuite par le filet. Quelquefois on place le filet dans un endroit peu profond, et, au moyen d’une corde entourée d’herbes et que l’on traîne lentement, on pousse devant soi les petits poissons, qui se prennent dans le kan-yu-ijang (pl. VU, fig. 4).

Le ty-tseng consiste en un filet carré, à mailles d’un demi-pouce, ayant deux pieds de côté. On attache aux quatre coins de ce filet des morceaux de fer, gros comme le doigt, longs de 3 à

4 pouces et du poids d’une demi-livre. On rapproche ces fers et on les réunit à l’aide d’une corde assez forte et assez longue qui sert à plonger le filet dans l’eau courante et à l’en retirer, quand on sent quelque poisson. Sous le nom de ho-tsee (pl. XIII, fig. 1), on désigne une sorte de poche en filet maintenue ouverte par des montants en bambou, et dont l’ouverture peut être couverte par une sorte de couvercle ou trappe en filet, qui se manœuvre au moyen d’une corde, et qui retient le poisson captif une fois qu’il est entré.

Le kia-ouang (pl. I, fig. 5) est un filet conique, dont la base a 8 à 12 pieds de diamètre, et dont la hauteur est de 4 à 5 pieds; sur la périphérie de l’ouverture sont placés deux bambous flexibles, auxquels deux montants verticaux, de 14 à 15 pieds de longueur, réunis ensemble à une certaine hauteur par un lien de corde, communiquent le mouvement : les extrémités supérieures de ces montants servent de manches. La tète du filet porte plusieurs cordelettes pour permettre aux pêcheurs de la relever ou de l’abaisser. Lorsque le pêcheur veut tendre le kia-ouang, il le plonge dans l’eau, en faisant diverger les deux manches, de façon à étaler autant que possible le filet, et lâchant les cordes directrices dont il garde l’extrémité dans sa main gauche, il a son filet étendu horizontalement au fond de l’eau. Après quelques instants d’attente, il rapproche les deux montants l’un de l’autre et tire à lui peu à peu la corde directrice, de façon à former des sortes de poches ou bourses dans lesquelles le poisson s’engage pour ne plus pouvoir en sortir. Les meilleurs fonds pour cette pêche, qui est très-productive, sont par 8 à 10 pieds d’eau.

Le tang -kia-ouang (pl. XII, fig. 3), que l’on emploie pour capturer les poissons dans les trous, consiste en deux poches triangulaires, montées sur un cadre de bois et manœuvrées au moyen de manches en bois fixés sur la base de chaque triangle; un nœud de corde, placé au sommet des triangles, sert à réunir les deux montants, qui ont de 10 à 12 pieds de hauteur.

Un appareil qui offre la plus grande analogie avec le précédent est le yuen-kia-ouang (pl. XII, fig. 2), qu’on emploie également à capturer les poissons dans les trous : c’est une sorte de filet monté sur une carcasse de bambou et dont les deux parties se rapprochent et s éloignent comme les dents d’une pince : les montants en bois qui donnent le mouvement à cet appareil ont

5 pieds de longueur.

Le to-ouang (pl. XIV, fig. 1) est une chausse ou filet à poche de 9 à 10 pieds de profondeur, fixé sur un bois qui sert de flotteur : l’ouverture, de quatre à cinq pieds de diamètre, porte à la partie inférieure des poids qui lui font racler le fond de l’eau. Ce filet est tiré avec des cordes, et ne sert que dans les eaux dormantes. Quelquefois, ses dimensions sont doubles ou triples de celles dont nous venons de parler; il prend alors le nom de lo-tsee-ouang et exige le concours de plusieurs hommes ou l’emploi d’un bateau-

LA PÊCHE EN CHINE

Le hia-pa-ouang (pl. VIII, fig. 2) est un fileta poche fixé sur un cadre de bois et qu’on traîne, au moyen d’une corde, dans les endroits peu profonds : il est surtout en usage pour la pêche aux chevrettes.

Le pa-ouang (pl. VIII, fig. 3) est encore un filet à poche, ayant 10 pieds de profondeur sur 3 de large; les mailles ont six lignes. Il est muni dux extrémités de deux bâtons qui servent à le traîner pendant l’hiver dans les eaux des lacs profonds de 3 à 4 pieds. De distance en distance on place des bambous verticaux, fixés aux ralingues supérieure et inférieure qui maintiennent 1 ouverture béante.

Le taij-ouang (pl. XV, fig. 2), autre filet à poche, long de 10 à 12 pieds, profond de 5 à 6 pieds et ayant une bfiuche de 4 à 5 pieds, est traîné par deux hommes à l’aide de montants verticaux fixés aux deux extrémités.

Le lien-san-ouang (pl. III, fig. 2) se compose de trois poches superposées à deux pieds de distance l’une de l’autre et réunies par des cordes; leur profondeur est de 4 pieds, leur largeur de 3 pieds. Elles sont munies de flottes en bambou et portent des poids d’autant plus lourds qu’ils sont fixés à l’une des poches inférieures. On tend cet appareil au moyen d’un bateau à une certaine distance du rivage d’où on le tire ensuite au moyen d’une corde. On prend ainsi des espèces de poissons qui vivent à des profondeurs différentes.

Le houang-yu-ouang est un filet à poche profond de 80 pieds et large de 150 pieds. A la partie inférieure de la poche, qui va en diminuant progressivement, se trouvent des plombs qui servent à maintenir l’extrémité de la poche au fond de l’eau. L’ouverture est maintenue également béante au moyen de deux ralingues. On le tend avec un bateau au milieu du fleuve, et des hommes le tirent ensuite sur le rivage au moyen de cordes fixées aux extrémités de l’ouverture. On s’en sert pour prendre des esturgeons.

Le sa-ouang (pl. XVI, fig. 3) est absolument notre épervier de France; la seule différence est qu’il est muni de fer au lieu de plomb. Un quart d’heure ou une demi-heure avant de jeter l’épervier, le Chinois amorce avec de l’orge et le résidu de la fabrication des vins chinois (1).

Le siao-ouang est aussi le représentant chinois d’un des engins dont nos pêcheurs font usage; en effet ce m’est rien autre chose que notre seine , avec sa nappe de filet munie de flotteurs à la partie supérieure, de pierres pour fixer le fond au sol et de cordes au bras pour la manœuvrer. Comme chez nous, la seine s’emploie d’ordinaire dans le sens du courant et forme une courbe qui s’accentue de plus en plus jusqu’à ce que le filet soit fermé sur lui-même (2).

Le ta-ouang ou tay-yu-tchouen (pl. XVII, fig. 1) est une seine de très-grande dimension, qui ordinairement se compose d’un certain nombre de pièces de filets apportés par les pêcheurs qui les ajustent en un seul engin. En raison des difficultés de la manœuvre d’un filet aussi volumi-

(1) On sait que nos pêcheurs ont aussi soin d’amorcer avec de l’appât, tel que du son, du millet, et quelquefois de la menthe sauvage, les places où ils comptent jeter l’épervier.

(2) Connue depuis un temps immémorial (on en retrouve des représentations dans les hypogées des anciens Egyptiens), la seine était fréquemment employée parles Grecs et les Romains, et on la retrouve mentionnée dans divers actes de 1173 et 1281. Ce filet, dont le pied ne doit pas être trop chargé, ni les mailles trop étroites, permet de prendre beaucoup de poisson, mais celui-ci ne s’y emmaille pas. Nous avons vu l’emploi de ce filet, avec de très-grandes dimensions, aux environs de Rotterdam, où on l’emploie à la pêche du saumon et où on le manoeuvre au moyen de petits bateaux à vapeur. fJ. L. S.)

LA PECHE EN CHINE

neux, on ne donne guère qu’un seul coup de filet par jour, et le produit de la pêche est partagé suivant le nombre de pièces de filet apportées par chaque pêcheur.

L’ o-kia-tsee-ouang (pl. XVII, fig, 2) est encore une très-grande seine dont la partie supérieure porte des cadres de bois destinés à retenir le poisson qui chercherait à sauter par dessus le filet, comme cela arrive si fréquemment quand on haie sur la Seine : ces cadres de bois sont des parallélipipèdes de deux pieds de longueur, sur un demi-pied de hauteur et deux pieds de largeur.

Le tiao-tseng (pl. XIV, fig. 3), dont les Chinois font un très-grand usage pour pêcher sur le rivage, ressemble beaucoup au carré ou carrelet de nos pêcheurs. 11 en diffère en ce qu’au fond du filet est une poche dans laquelle le poisson tombe et reste prisonnier, ce qui permet de ne pas relever le filet aussi souvent que le font nos pêcheurs (1). Ils appuient le manche du filet sur un chandelier en bois qui leur donne un point d’appui pour tirer le filet. Quelquefois le tiaotseng est hémisphérique.

Le tiao-tseng -tchuen (pl. III , fig. 1, et pl. XVIII, fig. 3) est un grand filet de 15 à 20 pieds de côté : deux de ses bords sont amarrés par leurs angles à l avant du bateau, tandis que les autres extrémités sont supportées par des bambous incurvés qui se réunissent à la base d’une sorte de chèvre, levier triangulaire de 8 à 10 pieds de hauteur dont la base est maintenue en place par des anneaux de 1er fixés sur 1 avant du bateau. Le pêcheur manœuvre le filet qui plonge dans l’eau par son extrémité antérieure, le relevant ou le baissant à volonté au moyen d’une corde à laquelle sont suspendues des pierres servant de contre-poids, et qui est attachée au sommet du levier : en général, ce filet reste plongé dans l’eau pendant cinq à six minutes, et plusieurs bateaux, disposés sur une seule ligne, pèchent ensemble. Les meilleurs endroits pour employer le tiao-tsengchuen sont ceux ou il y a un peu de courant et où la profondeur de l’eau est de 4 à 5 pieds. Cette pêche est suspendue pendant la saison froide.

Le siao-tseng-tchuen (pl. XVI, fig. 1 ) est un filet analogue au précédent, plus petit et ayant absolument la forme du carrelet, et supporté par quatre bambous entre-croisés. On le manœuvre au moyen de deux pièces de bois qui partent de l’avant du bateau pour soutenir le filet, et remplacent la pièce de bois unique dont se servent nos pêcheurs.

Le my-tseng (pl. XVI, fig. 2) ne diffère du siao-tseng-tchuen que parce que la nappe ou carrelet est fixée à l’avant du bateau, tandis que l’autre extrémité du filet est supportée par deux bambous courbés et réunis ensemble par des pièces de bois dans la partie qui est fixée sur l’avant du bateau.

Nous pouvons encore rapprocher du tiao-tseng-tchuen le ija-tseng (pl. XVIII, fig. 1), grand filet rectangulaire long de 25 à 30 pieds sur 20 à 25 de large et qui est maintenu par deux pièces de bois de six à sept pouces de diamètre fixées sur l’avant du bateau qu elles dépassent de 7 à 8 pieds. Pour rendre l’appareil plus facile à manier, l’extrémité antérieure de ces bois est prolongée par des bambous qui supportent la partie libre du filet : la portion de l’armature qui est placée sur la proue du bateau est fixée le long d’un poteau qui empêche son recul, mais permet le mouvement de bascule que les pêcheurs sont obligés de lui imprimer pour plonger le filet dans l’eau ou le retirer. On laisse le filet à l’eau pendant environ une demi -heure avant de le relever, et on prend le poisson qui s y trouve captif au moyen d’une épuisette pour le placer dans le vivier. Le

(1) Le tiao-tseng se rapprocherait plutôt du venturon que du carré. (J. L. S.)

LA PÈCHE EN CHINE

ya-tseng est en général employé par quatre ou cinq forts bateaux qui pêchent de conserve; c’est par son moyen que l’on prend le hou-yu (Gobioides) pendant la sixième et la septième lune.

Le lao-tseng-tchuen (pl. XVIII, fig. 2), qui est encore un instrument de la même espèce que les précédents, a la plus grande analogie avec le ya-tseng; c’est un filet de 10 à 15 pieds de longueur sur 6 à 8 de largeur, que manœuvre un seul homme au moyen d’un levier de 5 à 6 pieds de largeur, fixé sur lavant du bateau, et sur l’extrémité duquel l’homme fait contrepoids en s’y plaçant de façon à relever le filet.

Le tan-tchay-tsee (pl. XIV, fig. 2) est un filet rectangulaire de 12 à 15 pieds de longueur sur 8 à 10 de largeur; il est établi sur des bambous dont une des extrémités est fixée sur un des côtés du bateau, tandis que l’autre est tenue par des cordes qui servent à lever ou à abaisser le filet. Le corps du filet est en chanvre et à mailles assez larges, tandis que la portion qui fait poche est à mailles très-fines et faite avec les fibres de Xurtica nivea. Les Chinois font usage de ce filet dans les lacs, par les temps calmes, et prennent ainsi une grande quantité de petits poissons, tels que yn-yu (Eperlanus clnnensis) et tiao-yu.

Le chouang-tcliay-tsee (pl. XIX, fig. 2) se rapproche beaucoup du précédent; il consiste en deux poches de 10 à 12 pieds de longueur sur 7 à 8 de largeur, que des bambous tiennent ouvertes : chacune de ces poches est fixée sur un des côtés de l’avant du bateau qui est sous voile. On relève ou abaisse le filet au moyen d’un jeu de cordes qui parlent de l’extrémité antérieure de l’ouverture des poches pour se réunir à l’avant du bateau entre les mains du pêcheur.

Le fong-tay -ouang (pl. XX, fig. 2) se compose d’une poche de 15 à 20 pieds de profondeur, avec une ouverture de 10 à 15 pieds, munie de flottes à sa partie supérieure et de poids à sa ralingue inférieure. Ce filet, qui est traîné par un ou par deux bateaux, s’emploie sur les grands lacs. Quelquefois le fong-tay-ouang est disposé absolument comme un chalut, avec une pièce de bois transversale supérieure à laquelle la poche est attachée, et deux fers recourbés inférieurs auxquels sont attachées les cordes de traction. Quelquefois ce filet n’est autre qu’une espèce de seine munie de flottes à sa ralingue supérieure et de poids en bas, avec une poche de 30 à 40 pieds de profondeur dans sa partie médiane (1).

L e pay-tay-ouang est un filet composé de plusieurs poches superposées ayant chacune 10 pieds de longueur sur 30 de largeur et attachées à une nappe de filet de 100 pieds de profondeur et de la largeur des poches. L ouverture de chaque poche est maintenue par des flottes en bambou. A la partie inférieure du filet sont des plombs; différentes cordes partant des deux côtés du filet viennent se réunir à leur extrémité supérieure en une seule, qui est attachée à barrière du bateau quand il marche. Ce genre de filet n’est employé que lorsque les eaux sont très-profondes.

Le fong -ouang -tclmen (pl. XXI, fig. 1) se compose de douze à quinze poches triangulaires fixées par des poids attachés à la pointe et dont l’ouverture reste béante au moyen de poids portés par sa partie inférieure, tandis qu’une corde qui fixe l’appareil aux deux bateaux qui le manœuvrent passe dans la partie supérieure, qui est munie de flottes.

Le c he-py -ouang , qu’on nomme aussi ly-ouang (pl. XXII, fig. 1), est un filet à poche ayant

(1) On se sert également de filets semblables à nos ganguis et qui sont composés d’une poche à laquelle sont adaptées deux ailes: la poche a la forme d’un sac conique tronqué sans étranglement; ce filet est manœuvré par un ou par deux bateaux ; dans le premier cas, les ailes sont reliées par une perche, et la ralingue supérieure est munie de flottes, tandis que l’inférieure est chargée de poids.

LA PÊCHE EN CHINE

10 pieds de profondeur et une ouverture de même dimension; à la partie supérieure de l’ouverture est une pièce de bois qui sert de flotteur et sur laquelle sont amarrées les cordes de traction; des poids fixés à la ralingue inférieure maintiennent l’ouverture béante. Deux bateaux traînent chacun un de ces filets au fond de l’eau, puis se rapprochent peu à peu et manœuvrent de façon à opposer les deux bouches; à ce moment on relève les deux filets.

Le chouang-fey ou fey-fong-ouang (pl. IX, fig. 3) se compose de trois filets formant poche, et fixés de chaque côté du bateau; le premier, qui forme une nappe tendue par des poids, a 10 à 12 pieds de longueur et de largeur, qui partage en deux la cavité formée par le second filet; celui-ci a 15 pieds de largeur sur 20 de longueur. Le troisième filet, long et large de 40 pieds, contient dans son intérieur les deux premiers. On emploie cet appareil, dont l’ouverture est à l’avant du bateau, quand le vent est très-fort et quand l’eau est très-haute, en remontant l’embouchure des lacs. On prend ainsi de grandes quantités d’anguilles.

Lefong-ouang (pl. XXI, fig. 2) se compose d’une nappe de filet à mailles assez larges qui est maintenue tendue par un cadre de bois ayant 6 pieds de hauteur sur 12 à 15 de largeur; sur les deux parties latérales de cette nappe sont fixées deux poches en filet dont l’ouverture, qui a 4 pieds de diamètre, est retenue béante par des bambous; ces poches ont 7 pieds de profondeur. A lavant du bateau, qui se manœuvre à la voile, est amarrée solidement une pièce de bois faisant saillie et percée à sa partie antérieure d’un trou où passe le montant supérieur du cadre; deux cordes qui partent des extrémités du cadre servent au pêcheur à maintenir le filet en position pendant la marche du bateau.

L e kao-ouang (pl. XXIII, fig. 1), qui a une grande analogie avec le tchou-kao-chen , se compose d’un filet à poche muni à sa ralingue supérieure de flottes de bambou et à sa ralingue inférieure de poids en terre auxquels sont fixés des bambous, entre lesquels passent les poissons qui ont évité le harpon. Deux bateaux sont nécessaires pour la manœuvre de cet engin.

Le pa-yen-ouang (pl. XXIV, fig. 2) , qu’on n’emploie guère que dans les lacs, consiste en une nappe de filet haute de 7 à 8 pieds, longue de 60 à 70 pieds, portant des flottes à sa ralingue supérieure et des poids (pierres) à sa ralingue inférieure; les mailles en sont très-larges. On amarre une des extrémités de ce filet à des pieux sur le rivage, puis, au moyen d’un bateau, on tend le pa-yenouang comme une seine ordinaire, et on rapproche l’extrémité libre de celle fixée au rivage (1).

Le ho-ouang (pl. XXV, fig. 4) se compose de deux seines à mailles très-fines, avec des bourses à la partie inférieure, et dont une des extrémités est amarrée à un corps mort flottant (pièce de bois). On tend les deux filets à une certaine distance l’un de l’autre, puis on les rapproche peu à peu, au moyen de bateaux, jusqu’à ce qu’on les ait réunis.

Le tche-kao-ouang (pl. XV, fig. 1) est un très-grand épervier de 15 à 25 pieds de hauteur sur 12 à 15 de diamètre à l’ouverture, avec dès bourses, et qui est muni de poids. Le filet, retenu fortement par des bâtons placés sur l’avant du bateau et passés dans des anneaux, plonge en

(1) En Suisse, on emploie Jes mêmes procédés pour prendre les feras dans les lacs lorsque ces poissons, au moment du frai, quittent les profondeurs de l’eau. Dans les lacs, on amarre la seine à un pieu ou longue perche qu’on a d’abord enfoncé dans l’eau à une partie peu profonde (6 à 8 mètres). Le bateau qui porte le filet au large lui fait décrire un cercle et vient rejoindre le pieu où il est bien amarré, puis le filet est halé à bord. Quand la profondeur du lac ne permet pas d’enfoncer un pieu d’amarre, on le remplace par un long câble qu’on fait soutenir verticalement dans le lac, au moyen d’une grosse pierre fixée à un bout et d’une futaille qui surnage à l’autre extrémité. Le filet est alors comme fixé à un pieu artificiel. (J. L. S.)

LA PEG11E EN CHINE

partie dans l’eau pendant que le pêcheur lient la corde qui s’attache au fond du filet; au moment propice, pendant que le bateau est en mouvement, le pêcheur retire les bâtons des anneaux et file de la corde jusqu’à ce que le filet ait atteint le fond de l’eau. On retire ensuite le tche-kaoouang comme un cpervier ordinaire. On peut prendre ainsi des poissons pesant jusqu’à quarante livres; cette pêche, qui se pratique de la neuvième lune à la troisième, réussit surtout quand il y a un peu de courant (1).

Le che-yu-ouang (pl. XXIV, fig. 3), qui sert à prendre le che-yu (Alosa), qui quitte la mer à la troisième lune pour remonter le grand fleuve et qui retourne à la mer à la fin de la sixième lune, est un filet de 200 à 300 pieds de longueur sur 12 à 15 de hauteur, et dont les mailles ont de 2 pouces à 2 pouces et demi; il est garni à sa ralingue supérieure d’un chapelet de Hottes allongées en bambou, et à sa ralingue inférieure de poids suffisants pour maintenir la nappe verticale. Le filet est amarré d’un côté à une pièce de bois flottant à la surface de l’eau, et de l’autre côté à un bateau que dirige un pêcheur en se laissant aller à la dérive. Les che-yu , en remontant le courant, rencontrent cet obstacle, qu’ils cherchent à traverser, et s’emmaillent par les ouïes et les nageoires. Le temps le plus favorable pour prendre les che-yu est de la pointe du jour à trois heures de l’après-midi (2).

Le sse-ouang (pl. XXVI, fig. ] ) est un filet de soie ou de chanvre très-fin, long de 10 pieds, large de 3 pieds et demi à quatre pieds, qui est maintenu par un chapelet de flottes fixées à la ralingue supérieure et par des poids fixés en bas de la nappe; ses mailles ont de 1 à 2 pouces. Pour employer le sse-ouang , on établit 1 un à côté de l’autre, sur des pieux enfoncés dans le sol, dix à vingt nappes de cette dimension, de façon à leur faire circonscrire un certain espace. Quand tout l’appareil est ainsi disposé, plusieurs bateaux s’en approchent en faisant le plus de bruit possible avec un bâton qu’ils frappent sur des planches ou sur des bambous creux, de façon à effrayer le poisson, qui cherche à fuir et vient s’emmailler par les ouïes dans le filet. Cette pêche, qui ne peut se pratiquer que dans les lacs à eaux assez profondes, se fait de nuit comme de jour. Dans le premier cas, on pose les filets le soir pour les relever le matin. On emploie généralement le sse-ouang en automne et en hiver; il est surtout productif au moment où il va neiger (3).

(f) La pêche au gille , qui se fait quelquefois en France, a quelque analogie avec celle au tcha-kao-ouang. Le gille est un grand épervier, très-chargé de plombs, qui réussit surtout quand les eaux sont peu claires. Un pêcheur est uniquement chargé de faire dériver le bateau, sur un des côtés duquel, celui qui regarde l’amont, est étendu le filet, au moyen de deux chevilles implantées dans le plat bord, et par une partie de la corde plombée du bord. Le reste du filet plonge dans l’eau et forme une nappe qui vient raser le fond, tandis qu’un second pêcheur tient à la main la corde de la culasse. Quand celui-ci sent, au moyen des vibrations que lui transmet la corde, que quelque poisson, qui tend à remonter le courant, vient toucher le filet, il détache, ainsi que son compagnon, les chevilles ; le filet tombe rapidement et enveloppe le poisson. Le gille se remonte par le même procédé que l’épervier. Quand le pêcheur ne sent pas de secousses, il laisse tomber, à l’aventure, le gille tous les deux ou trois cents mètres. (J. L. S.)

(2) Le che-yu-ouang a la plus grande analogie avec le filet employé sur le Volga pour prendre l’esturgeon, et dont une extrémité est amarrée sur un baril qui sert de corps mort.

(3) On emploie, en France, sous les noms de manets , baüures , rissoles, des filets à peu près semblables; ce sont de grands filets ou nappes simples dont les mailles varient de grosseur, suivant l’espèce de poisson pour laquelle on les tend ; très-serrées pour les sardines, moins pour les harengs, les mailles sont plus larges poulies maquereaux, et sont plus grandes pour les mulets, car il faut que la tète du poisson puisse entrer dans la

LA PÊCHE EN CHINE

L e pan-ta-tseng (pl. XXVII, fig. 1) est un grand filet en forme d’échiquier dont chaque côté a de 15 à 20 pieds de longueur et qui offre à sa partie centrale une poche terminée par un panier en bambou dans lequel tombe le poisson une fois qu’il est capturé. Quatre pièces de bambou adaptées aux angles de ce filet se réunissent au sommet de l’appareil, et sont fixées à l’extrémité d’un levier long de 10 à 12 pieds et ayant la forme d’une chèvre de maçon. La base de ce levier repose sur un fort bambou qui reçoit aussi la base d’un second levier semblable au premier et destiné à lui faire équilibre; ce second levier porte des poids pour contre-balancer le filet supporté par le premier levier; les deux bras de l’appareil sont assis et consolides au moyen de quatre cordes. A l’extrémité supérieure du second levier est fixée une corde qui vient s’enrouler autour d’un cabestan et qui permet à un homme seul de manœuvrer sans difficulté tout l’appareil. A la sixième et à la septième lune, lorsque l’eau du fleuve se retire, les deux rives sont garnies de ces filets, qu’un enfant, grâce à leur mécanisme ingénieux, peut élever et abaisser à volonté. Cette pêche, qui se pratique aussi bien la nuit que le jour, mais dans ce cas deux pêcheurs se relèvent tour à tour, permet de prendre d’assez gros poissons.

Le kio-ouang ou tay-tsee-ouang (pl. XI, fig. 5), employé aussi bien dans les lacs que dans les fleuves, se compose d’une série de poches en filet profondes de 14 à 18 pouces, ayant une ouverture de 7 à 8 pouces et se terminant en pointe; les mailles ont de 1 demi-pouce à 1 pouce; des flottes sont placées a la partie supérieure du filet, tandis que des poids tendent à faire tomber la pointe. On fixe ces filets à des bambous enfoncés dans le sol et espacés de 12 pieds; chacun de ces bambous est muni d’une sonnette dont le tintement avertit le pêcheur qu’un poisson vient de se prendre. Quand on veut pêcher dans un endroit assez profond, il faut ajouter une nappe de filet au kio-ouang.

Sous le nom de tcha-kao (pl. XXVI11, fig. 7), les Chinois désignent une immense bourse en filet terminée par un panier en bambou et dont l’ouverture est maintenue béante par un cercle de bambou fixé sur des chevalets munis de filets, qui obstruent la voie au poisson et l’obligent à pénétrer dans l’ouverture.

Le siao-tcha-kao (pl. XIII, fig. 2) est une grande poche en filet dont 1 ouverture est ajustée à un cadre de bois rectangulaire et qu’on fixe sur certains points du fleuve, au moyen de cordages, sur des pieux enfoncés dans le sol.

Le san-yen-kao (pl. XXIX, fig. 1) se compose de trois verveux ayant une ouverture de 3 pieds de diamètre, et longs de 4 à 5 pieds ; des poids en fer maintiennent l’extrémité de ces poches, qui viennent s’ouvrir dans une nappe de filet à mailles assez larges. Celle-ci est maintenue tendue par deux pieux de 5 à 10 pieds de longueur et de 4 à 5 pouces d’épaisseur, qui sont fichés dans le sol à une distance de 12 à 14 pieds l’un de l’autre. Sur ces deux montants et au-dessus de la nappe en filet est fixée une planche de 3 pieds de largeur, enduite d’un vernis blanc et dont la moitié plonge dans l’eau. Sur les côtés de l’appareil sont deux cloisons trcillissées en bambou qui y sont placées en équerre et doivent empêcher le poisson de s’enfuir par les côtés. Le sanyen-kao se tend dans le fleuve ou dans les lacs, par paires peu éloignées l une de l’autre et que l’on visite plusieurs fois par vingt-quatre heures.

maille, où il se trouve retenu par les ouïes et les pectoi’ales. Ces filets, et principalement les rissoles, destinées aux malettes, anchois ou sardines, s’emploient flottants et mobiles, ou fixes et stationnaires ; dans ce dernier cas, ils sont fréquemment munis d’une grande poche ou manche.

LA PÈCHE EN CHINE

Le kieou-long-tan (pl. XXVIII, fig. 2) est aussi une nappe de filet tendue sur deux pieux enfoncés dans le sol; les mailles en sont très- lai 'ges; sa longueur est de 18 à 25 pieds, et sa largeur de 12 à 15. Un système de flottes de bambou est attaché à la ralingue supérieure, tandis que le bas est muni de poids. Au milieu de cette nappe sont neuf ouvertures de 2 pieds de diamètre, maintenues par des cercles de bambou, et communiquant avec des poches profondes de 4 pieds. On associe, en général, plusieurs de ces filets aussi bien dans le fleuve qu’à l'embouchure des lacs.

Le leang-ouang (pl. XIII, fig. 5) est constitué par un barrage de bambous long de 100 à 200 pieds et dépassant de 2 à 3 pouces la surface de l’eau des lacs dans lesquels on l’établit; en arrière de ce barrage, on plante deux rangées de bambous auxquels on attache des nappes de filets affleurant la surface de l’eau. Cet engin, qui, disent les pêcheurs chinois, imite les vagues et trompe les poissons, qui, en voulant franchir le barrage, viennent tomber dans les plis du filet, est en usage aux septième, huitième et neuvième lunes, lorsque l’eau se retire.

Le pe-yu-ouang (pl. XIII, fig. 6), destiné à prendre 1 e pe-yu (Puntius), est fait d’après le même système que le leang-ouang Une nappe verticale de filet, en chanvre blanc, longue de 110 à 120 pieds, large de 3 pieds, et garnie d’une poche de chaque côté, est attachée à des pieux plantés de distance en distance au milieu de l’eau. La poche affleure la surface de l’eau. Il faut, pour cette pêche, un peu de courant et 3 à 4 pieds d'eau.

Le yn-yu-ouang (pl. X, fig. 3) est un appareil composé de deux filets tendus l’un derrière l’autre à 15 à 20 pieds de distance et dont les bords sont amarrés sur les deux rives des cours d’eau. Le premier est en chanvre et à mailles assez larges; sa longueur est de 60 à 80 pieds, sa largeur de 10. Le second filet, fait en urtica nivea, aussi large que le premier, est long de 80 à 120 pieds; ses mailles sont très-fines et il présente au milieu une poche dans laquelle les yn-iju (Eperlanus chinensis), qui sont de petite taille, viennent se jeter après avoir traversé les mailles du premier filet.

Yao-ouang est une espèce de filet dont on se sert à l'embouchure des fleuves pour prendre au printemps les poissons appelés ma-kao-yu et kia-ky-yu. C’est une grande nappe terminée par des poches ayant 15 pieds d'élévation sur 20 pieds de large, garnie à sa partie supérieure de flottes en bambou et à sa partie inférieure de plombs. On en tend dix à douze à côté l’un de l’autre. Ces poissons meurent aussitôt qu’ils tombent dans la poche.

L e pao-ta-ouang, ou kiang-kao (pl. XXIX, fig. 2), est un grand filet de forme cylindrique, à mailles petites, qui atteint une longueur de 100 pieds sur un diamètre de 40 pieds; l’extrémité inférieure est fermée par une corde ; l ouverture supérieure est attachée à un corps mort dans les lacs ou dans les fleuves quand l’eau se retire. De distance en distance, sur la paroi de eet immense filet, sont des ouverture? communiquant avec une manche sans fond, par lesquelles le poisson peut pénétrer à l’intérieur, mais dont il ne peut retrouver le canal pour sortir. Tout l’appareil est consolide par de fortes cordes de chanvre qui vont du sommet à la base. On prend, avec cet engin, des especes de poissons de taille moyenne, telles que mao-lioa-yu (Leuciscus), tsan-Uee-yu (Leuciscus), houang-ya-yu (Siluroïde).

Quelquefois les Chinois se livrent à la pêche qu’ils nomment oey-ouang (pl. XXX, fig. I); pour cela, ils circonscrivent, au moyen d’une seine, une portion d’un lac ou d’un étang; puis, au moyen de fouênes et de l’appareil désigné sous le nom de pen-chen-tsao (voir p. 1 5 3 à , ils s’emparent du poisson qui s’est réfugié au milieu des herbes.

Tchou-lan est le nom que l’on donne à la réunion de bambous de 5 pieds de hauteur qui sont

LA PÊCHE EN CHINE

attachés l’un à l’autre au moyen de cordes sur une longueur d’environ 5 à 6 pieds et que l’on plante dans des terrains susceptibles d’être inondés. On garnit ainsi un très-long espace, et quand l’eau se retire, on prend à la main ou avec un filet les poissons, crabes, etc., qui sont arrêtés par cet obstacle; ces bambous, quand la pêche est finie, sont déplacés et transportés facilement.

Le tchou-kao-chen (pl. XXXI, fig. 1) est un appareil particulier employé surtout pendant l’hiver, par des profondeurs de 7 à 8 pieds d’eau, et au moyen duquel on prend de très-gros poissons. On prend une corde d’un pouce à un pouce et demi d’épaisseur, entre les torons de laquelle on fixe, à l’aide d’une ficelle, des bambous longs de 8 à 10 pieds et épais, à leur base, de 1 à 2 pouces; au-dessous de chacun de ces bambous, on place une boule de terre cuite, pesant environ une demi-livre et dont l’usage est de maintenir les bambous dans une position verticale; à l’extrémité de cette espèce de barrage mobile sont deux cordes amarrées à des bateaux qui s’avancent de conserve. Le poisson, effrayé, cherche à fuir et vient se heurter contre les bambous auxquels il communique un ébranlement qui prévient les pêcheurs, dont les bateaux sont en dehors du barrage et qui sont prêts à les harponner au moyen d’un instrument nommé leao ; c’est une sorte de bâton en bois, long de 14 à 15 pieds et armé à son extrémité de trois fers aigus et longs de 14, 16 et 18 pouces.

Le lo-tsay-ken (pl. XV, fig. 3) consiste en un barrage très-serré fait avec des bambous ou des roseaux de 8 à 10 pieds de hauteur, en avant duquel on creuse des trous de 2 à 3 pieds de largeur sur 7 à 8 pouces de profondeur ; le poisson, arrêté par le barrage, cherche un refuge dans ces trous, où on le capture au moyen du filet yuen-kio-ouanrj (voir p. 154, pl. XII, fig. 2).

Le ly-yu-pao (pl. XXIII, fig. 2), au moyen duquel on prend les ly-yu (carpes), est formé d’une espèce de paillasson rond, épais de 5 à 6 pouces et d’un diamètre de 4 à 5 pieds, qu’on amarre au milieu des lacs ou étangs à un pieu ou à une branche d’arbre. Les poissons, qui, pendant le jour, recherchent volontiers l’ombre, viennent se placer sous l’abri que leur offre le ly-yu-pao , et y sont facilement pris au moyen d’un filet qu’on fait passer doucement au-dessous du paillasson.

Le ky-yu-pao (pl. XX, fig. 1), plus spécialement affecté à la capture des perches, ky-yu, se rapproche beaucoup de l’engin précédent et n’en diffère guère que parce que la paille est réunie en gerbes, liées de distance en distance à une longue corde attachée à un corps fixe.

Quelquefois on construit une palissade circulaire en bambous assez espacés, tchay-oey-tsee, et on jette au milieu une assez grande quantité de branches d’arbre; après un certain temps, les poissons recherchent ce lieu d’abri et de refuge où les pêcheurs les prennent au moyen de filets , mais plus ordinairement de fouênes (1). Cette pêche, comme les précédentes, n’est possible que dans les eaux stagnantes.

On fait usage, pour la pêche aux crabes, du moyen suivant, tsao-long. On fabrique, avec une grande quantité de paille, quelquefois plus de mille livres, et de la corde, une espèce de mannequin qu’on charge au milieu de terre et de pierres, pour le maintenir au fond de 1 eau, où on le laisse nuit et jour, et sur lequel on jette un filet pour capturer les crustacés qui s’y sont réunis.

Un autre procédé mis en usage pour pêcher les crabes, pang-hai-tchen (pl. XXX, fig. 2), consiste à laisser au fond de l’eau une longue corde de paille qu’on retire rapidement, quand on suppose que les animaux s’y sont accrochés pour y chercher quelque proie.

(1) On fait en Russie, surtout sur les bords de la Neva, une pêche analogue à l’époque des débordements.

LA PECHE EN CHINE

He-ma-tcho (pl. XXV, fig. 2). Les Chinois, pour prendre les grenouilles, allument du feu sur le bord de l’eau, ce qui les attire en grand nombre. On les prend alors à la main, et on peut ainsi en ramasser en peu de temps de quoi remplir de grands sacs.

La pêche aux mollusques, ta-lo-sse (pl. XI, fig. 4), se fait au moyen d’un filet nommé lao-loouang. C’est une sorte de poche fixée sur un cadre de bois ajusté à un long manche, et qui joue tout à fait le rôle d’un haveneau. On peut ainsi prendre des lymnées des étangs, lo-sse, des paladines, des moules et des anodontes.

Le kia-pang-ouang (pl. XXV, fig. 1), employé pour prendre les coquilles dans les lacs, se compose de deux longs bâtons à l’extrémité desquels est une sorte de raquette. En rapprochant ces deux raquettes, le pêcheur saisit les coquilles placées au fond de l’eau et les remonte jusqu’à lui.

La récolte des châtaignes d’eau, keou-tsien-che-pen (pl. XXVIII, fig. 1), est l’objet des soins des Chinois, en raison de la substance amylacée que renferment ces fruits. Pour y parvenir, le pêcheur fait usage d’une sorte de crochet de fer avec lequel il détache les fruits, mais comme la navigation au moyen d’une barque, au milieu des herbes, pourrait les endommager, il se place dans une sorte de cuve juste assez grande pour le contenir et munie d’un grand appendice en bambou qui doit lui faire contre-poids.

Pêche aux tortues. Parmi les nombreux habitants du Yang- tsec-hiang est une tortue à carapace molle, liio-gu , pie, tan-yu, dont le poids ne dépasse pas 5 à 6 livres, et dont la chair excellente jouit, dit-on, de propriétés fortifiantes. Les Chinois font usage d’un moyen très-ingénieux pour s’en emparer au moment où elle paraît à la surface de l’eau : à l’extrémité d’un bâton de 4 pieds de long est fixée une petite poulie sur laquelle passe une ligne de 20 à 30 pieds de longueur, armée d’un plomb et d’un ou plusieurs très-gros hameçons à quatre branches. Cette ligne, tangyu-keou (pl. I, fig. 2), s’enroule autour d’une roue ou moulinet en bois de 4 pouces de rayon, munie d’une manivelle et clouée sur le bâton. Le pêcheur, qui est assis sur le rivage, guette attentivement l’apparition des tortues; dès que l’une d elles est en vue et à portée, il lance la ligne au delà du point où est l’animal et la ramène immédiatement au moyen de la manivelle; presque toujours la pauvre tortue est saisie par les griffes de l’hameçon et devient ainsi sa proie.

LesChinois, de même que presque tous les peuples qui s’adonnent principalement à la pèche, font un grand usage de nasses (1). Presque toujours ces engins sont fabriqués avec des bambous, qui laissent l’eau y entrer sans résistance, mais qui forment un treillissage assez serré et assez résistant pour retenir le poisson qui s’y est aventuré; quelquefois il n’y a qu’une ouverture d’entrée, mais plus souvent il y en a plusieurs, disposées d’une manière différente pour les différentes nasses. Les brins de bambous qui forment les entonnoirs de ces ouvertures ne sont pas réunis sur toute leur longueur par des traverses, ce qui permet au poisson qui veut pénétrer de les écarter facilement; mais dès que celui-ci est entré dans la cavité de la nasse, les brins, en vertu de leur élasticité, tendent à se rapprocher et ferment ainsi la sortie au captif. En général on dispose, soit à une extrémité, soit vers la partie médiane de l'appareil, une ouverture qui permet de retirer le poisson de la nasse et qui est obturée au moyen d’un opercule qui varie suivant les différentes nasses. Presque toujours appâtées pour attirer le poisson, et cela est surtout nécessaire

(1) On trouve dans les hypogées égyptiennes des scènes de pêche qui prouvent la haute antiquité à laquelle remonte l’emploi de ces engins.

LA PÈCHE EN CHINE

dans les eaux troubles ou par les temps orageux, les nasses ont leur ouverture en général regardant le bas du fleuve, pour assurer ainsi la capture du poisson, qui, comme on sait, a toujours une grande tendance à remonter le courant.

Le clien-iju-lo (pl. XXV111, fig. 5) est une petite nasse de bambou à treillissage très-serré, n’offrant qu’une seule ouverture assez large, et qu’on emploie pour prendre dans les rivières les anguilles' chen-yu (Monopterus) ; à l’extrémite de la nasse est une ouverture pour retirer le poisson, et qui est fermée au moyen d’un lien en bambou.

L e pe-chen-kao-tsee (pl. XXVIII, fig. 4), employé dans les lacs et les rivières pour capturer les murènes , pe-chen-yu (Muræna avisotis), est une nasse longue de 4 à 5 pieds, à goulot très-large, que l’on appâte avec du son et des lo-sse (Lymnées) écrasés et cuits avec de l’huile de sésame. Dans quelques rivières, les pêcheurs substituent à cet appât des chevrettes écrasées.

Sous le nom de mie-lo, ou de mie-kao (pl. XXVIII, fig. 3), on désigne une nasse faite en bambou que l’on tend dans les petits cours d’eau, les lacs, les étangs , lorsque l’eau est trouble, et avec laquelle on prend des chevrettes, de petits poissons, etc.; on appâte avec du son et des lymnées cuites dans de l’huile de sésame, ou des chevrettes écrasées. Cet engin a une longueur de 8 à 9 pieds et un diamètre de 3 pieds.

Le kiang-lo-lo (pl. XXII, fig. 2), spécialement employé sur Je grand fleuve, a 11 pieds xle longueur; l’ouverture d’entrée est placée au milieu des deux corps qui le constituent et dont la carcasse est formée de pièces de bois supportant un filet à mailles assez serrées. En général, les pêcheurs tendent plusieurs de ces appareils à une certaine distance les uns des autres, et ont soin de fixer chacun d’eux à un corps mort; on les relève tous les matins. Leur duree ne parait être que de trois mois, ou tout au moins les pécheurs trouvent avantageux de ne les faire servir que ce temps.

Le kou-tang-lo (pl. XXII, fig. 3) est de moins grande dimension que le kiang-lo-lo ; il en diffère parce qu’il est formé de bambous très-rapprochés. Il consiste en une première nasse volumineuse offrant à une xle ses extrémités une ouverture infundibuliforme, et à son extrémité postérieure xleux autres nasses plus petites et plus étroites xjui en sont séparées chacune par un goulot en entonnoir.

Le chouang-yen-lo (pl. X, fig. I) est une nasse â xlouble goulot très-évasé, de 4 à 5 pieds xle longueur, faite xle bambous, et qu’on tend dans les lacs au milieu xles herbes. Le corps en est formé xle deux sphères communiquant l une avec l’autre.

Le sg-mie-kia (pl. XIII. fig. 3), xlont on se sert dans Es lacs, est une nasse composée xle xleux grosses sphères, faite xle bambous longitudinaux, qui se replient aux extrémités libres pour former une ouverture infundibuliforme par laquelle le poisson peut entrer.

Le cliouang-lo (pl. X, fig. 2) est une nasse xle 4 à 5 pieds xle longueur, qui sert à prendre les crabes dans les fleuves et xlans les lacs; faite en bambous très-serrés et en forme xle tonneau, elle offre à chacune xle ses extrémités xleux ouvertures infundibulifonnes qui permettent l’entrée xles animaux.

Sous le nom de chouang-lo (pl. XIII, fig. 4), on désigne une nasse en bambou composée de xleux corps qui viennent se rejoindre à angle plus ou moins ouvert, et forment une bouche infundibuliforme unique à l ouverture et présentant xleux cônes qui se rendent xlans chacun des deux corps.

Le ia-hoa-lo (pl. X, lig. G) est une immense nasse globuleuse de 10 piexls xle diamètre à cinq

LA PECHE EN CHINE

ouvertures de 14 à 15 pouces, disposées l’une à la partie supérieure et les quatre autres également espacées à la circonférence la plus large.

Le san-yen-lo (pl. X, fig. 5), nasse en bambou composée d’un corps cylindrique portant trois larges ouvertures infundibuliformes, placées l’une après l’autre; à la partie supérieure du cylindre est une sphère qui offre deux goulots successifs, dont le supérieur est au sommet de l’appareil.

Le ta-liao-tsce (pl. XII, fig. I) est un grand filet conique dont l’ouverture est plus ou moins large, suivant les cours d’eau où il doit être tendu ; à son extrémité est fixé une grande nasse en bambou, dans laquelle le poisson vient s’accumuler. Les pêcheurs chinois placent à l’entrée du filet un bambou qui supporte la ralingue supérieure et est muni d’une sonnette dont les tintements annoncent au pêcheur 1 arrivée des poissons. Cet appareil se tend à l'embouchure des lacs qui communiquent avec une rivière, au moment où les eaux se retirent.

L epeng-ltao (pl. XXXII, fig. 2), qui est construit d’après les mêmes principes que le ta-kao-tse, consiste en un grand guideau, terminé par une nasse en bambou, dans lequel vient se déverser toute l’eau du courant, celui-ci étant intercepté par un barrage de bambou qui occupe tout le reste de la largeur du cours d’eau (1).

Le siao-hao (pl. XXX H , fig. 1) n’est autre chose que le pang-kao avec un guideau moins long.

Le tcha-kao (pl. XXVIII, fig. 7) ne diffère des barrages précédents que par la substitution d’une nasse en bambou au filet. Cet appareil se place à l’embouchure des étangs ou lacs lorsque l’eau se retire (2).

Le chouang-piao, ou Ueou-ouang (pl. XIX, fig. 3), se tend également à l’embouchure des lacs et des rivières, au moment de la baisse des eaux. H consiste en une nappe de filet garnie de flottes à la ralingue supérieure et de poids à la ralingue inférieure, à mailles larges de quatre doigts, avec laquelle on bouche l’ouverture du barrage. De chaque côté de cette nappe, on dispose, sous une certaine inclinaison, deux autres petites nappes carrées de 10 pieds de largeur, sans flotte ni plomb, qui arrêtent le poisson qui ne se prendrait pas dans la grande nappe. Deux hommes, postés de chaque côté de l’appareil, sur une estrade, saisissent le poisson avec un haveneau.

Pêche au bateau blanc. Tiao-pé-tchuen (pl. XXIX, fig. 3). Lorsque, pendant les belles nuits des mois d’août, septembre ou octobre, les étoiles scintillent au firmament et que la lune éclaire de sa douce lumière les eaux calmes et limpides des lacs, on aperçoit, glissant sur leur surface, de longs bateaux très-étroits, ras au-dessus de l’eau et à barrière desquels un homme, incline sur sa pagaie, manœuvre en gardant le plus profond silence; cet homme est un pêcheur qui a cloué sur un des côtés de son bateau, d’un bouta l’autre, sous une inclinaison de 45°, une planche enduite d’un vernis blanc luisant et dont l’extrémité supérieure dépasse îe plat-bord de trois à quatre pouces; sur le bord opposé du bateau, est dressé un filet à mailles extrêmement fines. Les poissons, trompés parle mirage, cherchent à dépasser la planche, qu’ils prennent pour un obstacle naturel, et tombent dans le bateau, ou, si leur élan a été trop impétueux, ils viennent se heurter contre le filet, qui les rejette au fond de la barque, beaucoup de poissons sont victimes de ce mirage, principalement pe-gu (Leuciscus) , houang-iju (Adelopeltis angusticeps) et Ig gu (Cyprinus obesus). Ce moyen ingénieux permet de prendre des poissons pesant jusqu’à deux livres

(1) Cette pêche est très-connue en France.

(2) Vanal muni de sa nançouc.

170 LA PÊCHE EN CHINE

et demie; il s’emploie avec le plus d’avantages dans les eaux qui ont cinq à six pieds de profondeur (l).

Pêche à la marmite, ting-ko (pl. XXV, fig. 3). Lorsque les bateaux d’un assez fort tonnage sont mouillés dans le fleuve par des fonds de vingt à trente pieds (le courant ayant une vitesse moyenne), les matelots chinois passent quelquefois leur temps à pêcher au moyen d une marmite, de deux pieds et demi de diamètre sur quatorze pouces environ de hauteur, et fermée par une spirale de bambous dont les divers tours de spire sont séparés par un vide. On irotte 1 intérieur de la marmite de teou-fou (fromage de pois oléagineux), afin d’attirer les petits poissons, qui pénètrent entre les séparations des bambous, pour se nourrir des intestins de poulets, poissons, canards, etc., qu’on y a déposés, doutes les demi-heures on enlève l’appareil, et on peut prendre ainsi, excepté pendant l’hiver, de trente à quarante livres de petits poissons en un jour.

Pêche au marteau. Nous terminerons cette longue énumération de procédés employés pour la pcche par les Chinois, par la description d’un moyen dont ils nous ont souvent parlé, mais dont nous laissons toute la responsabilité à ceux de qui nous le tenons.

Les rivières qui arrosent les pays montagneux, disent-ils, renferment dans leurs eaux cristallines de petits poissons aussi agréables au goût que difficiles à prendre. Filets, hameçons ne peuvent rien contre leurs ruses diaboliques; abrités derrière ou sous leurs rochers, ils semblent defier tous leurs ennemis; et cependant, à force de recherches, le Chinois, né malin, est parvenu à les capturer. Pour cela, quand il suppose que quelqu’un de ces poissons s’est réfugié sous une pierre, il frappe à coups redoublés sur celle-ci avec un gros merlin, et bientôt il voit la surface de l’eau couverte de ces malheureux petits êtres dont l’oreille délicate n’a pu supporter ce bruit assourdissant. Encore une fois, nous ne prétendons endosser ici la responsabilité ni du fait ni de l’explication, et nous la laissons tout entière aux Chinois.

Page 1