GRANDE-BRETAGNE
L’Angleterre, qui a toujours donné une grande attention aux procédés les plus parfaits pour tirer parti de toutes les découvertes, et qui depuis longtemps avait reconnu de combien la culture des eaux donne des produits supérieurs à la culturelle la terre (3), s’empressa de demander à la pisciculture le moyen d’augmenter la richesse îles eaux du Royaume-Uni, et le succès le plus complet est venu couronner ses tentatives. Rappelons que si la prospérité des rivières et des pêcheries d’eau douce de ce pays date des enseignements donnés par la France, comme le reconnaissent d’ailleurs les commissaires des pêches dans leur rapport de 1864, il y avait déjà
(1) Maudheux, Rapport sur les essais de pisciculture du DT Chevreuse {Ann. de la Soc. cl’émul. des Vosges, t. XII).
(2) Thierry et Penillot, Compte rendu d’une visite au château d’Esnon {Bull, de la Soc. cent, de l’Yonne pour l’ encouragement de l’agriculture , t. V, p. 144, 1862).
(3) Un pêcheur peut récolter en un jour plus que le fermier en un an, sans avoir à fournir d’engrais, ni faire aucune des avances de fonds auxquelles le cultivateur de la terre est nécessairement obligé.
eu des essais de repeuplement des eaux effectués avant cette epoque par Shaw, Boccius, etc. Nous ne pensons pas, du reste, qu’on doive attribuer à la pisciculture seule les succès obtenus , mais à côté de l’influence très-grande d’une législation des mieux entendues (U , la pisciculture, ou pour mieux dire la culture des eaux, a contribué, pour une large part, aux résultats obtenus.
Les procédés mis en usage se rapprochent beaucoup de ceux que nous employons en France, et ne diffèrent guère que parce qu autant que possible les Anglais cherchent à opérer en imitant la nature, c’est-à-dire en employant des frayères artificielles, et que, d’autre part, ils ont tendance à prolonger la captivité des alevins plutôt qu’à la raccourcir, et en ceci ils se rencontrent avec les Norvégiens. Dans les grandes exploitations surtout on accorde la préférence, sur les appareils Coste, au dépôt des oeufs sur des lits de gravier, établis au voisinage des sources, là où la température est égale, la rapidité suffisante, sans être trop grande, et où l’eau est difficilement troublée, et on reconnaît une importance extrême à conserver les alevins longtemps dans des espaces clos ou la surveillance est facile, et à ne les abandonner en pleine rivière que lorsqu’ils manifestent évidemment le désir d’opérer leur migration à la mer. Ces opérations, qui se font presque toujours en plein air et sans l’abri de hangars analogues à ceux qu’on emploie à Huningue, sont quelquefois entravées par la congélation, mais cela n’a d’autre inconvénient que de retarder l’éclosion : les produits, dit-on, sont plus résistants et plus disposés à s’acclimater. Du reste, c’est en retardant ( éclosion par le froid que, comme nous le verrons, on est parvenu à doter l’Australie et la Nouvelle-Zélande des saumons qui y manquaient. Le plus ordinairement on ne pratique pas la fécondation artificielle, mais on se contente de placer dans des eaux munies de frayères artificielles des mâles et des femelles disposés à déposer naturellement leurs œufs et leur laitance.
Une des causes qui ont le plus favorisé le repeuplement des cours d’eau, est certainement l’établissement de passages, escaliers ou échelles , qui permettent au poisson de remonter jusqu’aux parties les plus élevées des rivières, qui leur étaient interdites par des chutes d’eau trop élevées pour qu’ils pussent les franchir (2).
Il existe en Ecosse un établissement qu’on peut rapprocher jusqu’à un certain point de celui d’Huningue, Stormontfield, près de Penh, mais c’est une entreprise particulière fondée en 1853 pour aider au repeuplement du Tay, alors que notre Huningue est un établissement d’utilité publique qui distribue ses produits non-seulement en France, mais aussi lait participer l’étranger à ses expéditions d’œufs. Fondé en 1853, à 1 instigation de M. Asworth, cet établissement est placé sur la terre de Stormontfield, qui lui a donné son nom, aux environs de Perth et sur les bords du Tay (3). Organisé, d’une manière générale, sur le même plan qu Huningue, il en dif-
(1) Passage libre un certain temps chaque semaine : Queen’s passage, prohibition de la pêche pendant cent soixante-huit jours de l’année, etc.
(2) Les échelles à poissons, imaginées en 1834 par l’Écossais Smith, ont été heureusement appliquées dans diverses contrées.
(3) W. Brown, The Stormontfield experiment on the Salmon , 1862, Glascow. — Peter of the Pools, Tlie Stormontfield Salmon hatching experiments ( The Field, 22 décembre 1861, 29 juin 1867 ; The Australasian , 23 février et 28 septembre 1 867) . — Robert Buist, The Stormontfield piscicultural experiments ( The Australasian, novembre et décembre 1866). — Delondre, Elevage de la truite à /’ établissement de Stormontfield (Bull, de la Soc. d’acclim., 2e série, t. VI, p. 656, 1869).
CHEZ LES DIVERS PEUPLES
1ère en ce que les rigoles d’incubation sont placées à l’air libre : on y féconde, fie fin novembre à fin décembre, trois cent mille œufs seulement par campagne, bien qu’il soit facile d’en mettre un bien plus grand nombre en incubation. L’éclosion se fait en mars, après quatre-vingt-dix à cent vingt jours de séjour des œufs sur les rigoles : les jeunes alevins continuent à séjourner dans les bassins d’incubation non-seulement jusqu’à ce qu’ils aient résorbé leur vésicule, mais même plus tard, et ce n’est guère qu’en mai qu’ils sont lâchés dans un vivier de 22 ares de superficie et de lm20 de profondeur. Ils y restent un an, y recevant la nourriture nécessaire (1), et y acquièrent une longueur de Q“,15 environ et un poids qui varie de 30 à 50 gr. Quand, l’année suivante, en mai, les pars commencent à devenir smolts , on leur livre la clef des champs, en ayant soin de ne laisser sortir que ceux qui sont prêts à émigrer et d’en marquer un certain nombre, de façon à pouvoir les reconnaître au retour. Dans l’intervalle des opérations, qui ne se font que tous les deux ans, en raison des soins prolongés donnés aux alevins, on enlève, on lessive et on sèche les graviers des rigoles pour assurer la destruction de tous les germes d’insectes, qui pourraient plus tard nuire aux œufs et aux alevins.
L’établissement de Stormontfield a-t-il été profitable aux pêcheries du Tay? Nous le croyons, car nous voyons un accroissement marqué dans les produits de cette rivière et plus considérable que celui présenté par les autres cours d’eau de l Ecosse, qui ne reçoivent point de produits de la pisciculture. Feu Robert Buist, qui s’était occupé, avec un zèle auquel on ne saurait trop rendre hommage, des progrès de Stormontfield et des pêcheries du Tay, pensait que 10 p. 100 du poisson fourni par la pisciculture donnait un produit utile, et faisait observer avec juste raison qu’une dépense aussi minime que celle nécessitée par l’installation de l’établissement (2,500 francs) ne pouvait être mise en balance avec le profit qu’on peut en retirer.
En tous cas, Stormontfield a, tout au moins, l’honneur d’avoir été pour le Royaume-Uni, ses colonies et l’Amérique, ce qu’Huningue a été pour le monde entier, l’objet d’une agitation qui n’a pu que profiter à l’aquiculture.
La pêcherie de Gai way (Irlande), achetée par MM. Asworth en 1851, est un exemple îles produits que l’on peut obtenir par une culture raisonnée des eaux, et est devenue une véritable exploitation ; c’est le plus bel exemple d’une ferme aquicole qu’on puisse citer. MM. Asworth, persuadés qu’il serait aussi facile de propager artificiellement le saumon dans ses rivières que de produire le ver à soie, bien que l’un vive dans l’eau et l’autre dans l’air, avaient pris soin de venir en France pour se familiariser avec les pratiques de la pisciculture, et avaient publié en anglais une traduction des instructions de M. Coste (2). Ils commencèrent dès 1852 des expériences de fécondation artificielle qui leur permirent l’année suivante de lâcher dans le lac Corrib et ses affluents une notable quantité d’alevins, obtenus par l’incubation, près des sources, des œufs placés sur des lits de graviers bien purgés d’insectes; ils ne les mettent en liberté que lorsqu’ils sont assez âgés pour se protéger contre le plus grand nombre de leurs ennemis. L’établissement d’une échelle à
(1) Les i Smolts de 1868, d’après M. Tegetmeier, offraient des dimensions plus considérables que ceux des années précédentes, ce qu’on attribue à l’influence de la nourriture qu’ils ont reçue ; en effet, au lieu d’être nourris de foie de bœul grossièrement pulvérisé, ils ont mangé une grande quantité de Lymneapererjra, petit mollusque qui se développe en abondance sur les plantes aquatiques des réservoirs ( Proceed . of the Zool. Soc. of London, p. 377, 1868; The Field, 13 juin 1868).
(2) Asworth, Treatise of the production of fishes, 1853.
saumon, qui fut faite à la même époque, à Gahvay, pour mettre en communication constante le lac avec la mer, vint singulièrement favoriser leur œuvre, car les saumons s’y sont engages sans crainte et en ont profité pour gagner les hautes eaux, où ils cherchent à déposer 1 espoir de leur reproduction. Ces résultats avantageux ont engagé MM. Asworth à tâcher d augmenter l’étendue de leur domaine de pêche en établissant une communication entre les lochs Mark et Corra avec le lac Corrib, dont ils étaient séparés par des cascades infranchissables aux saumons et un terrain criblé de fissures où l’eau se perdait : ils ont obtenu ce résultat au moyen d’échelles à saumon pour lesquelles ils ont dépensé une somme de 1,700 livres, et depuis cette époque ces deux lochs qui n’avaient pas de saumons en présentent aujourd’hui de notables quantités.
L’éclosion artificielle adonné des résultats incontestables chez MM. Asworth, mais ces messieurs pensent que seule elle ne suffirait pas à assurer le peuplement des eaux, d’autant plus qu’ils ont remarqué que la proportion du produit était d’un saumon pour 3,500 œufs(l). La perte est surtout très-considérable pour les premiers âges du saumon : aussi est-il nécessaire de surveiller avec le plus grand soin les alevins qu’on élève dans fies réservoirs assez petits pour que le moindre ennemi ne puisse exercer ses ravages sans que ceux-ci soient reconnus aussitôt (2). Une surveillance des plus assidues (3) est aussi nécessaire, surtout à b époque de la reproduction, car à cette époque le saumon, cherchant un endroit favorable pour y déposer ses œufs, s’engage dans les plus petits cours d’eau, et souvent même on le voit s’aventurer dans des parties où l’eau n’est pas assez profonde pour le couvrir tout entier, et d’autre part tout obstacle apporté a la ponte est une cause de pertes considérables, 'l otîtes ces causes aidant, éclosion artificielle, établissement d’échelle et de passage, surveillance des plus sévères, les pêcheries de Gahvay sont dans l’état le plus prospère et donnent des résultats merveilleux, comme 1 indiquent les chiffres suivants.
1853 . 1603 saumons de 6 à 30 livres-.
I Eu 1852, MM. Asworth et B. Buist pensaient pouvoir ainsi établir la proportion - un poisson pour mille œufs fécondés ; mais depuis, le premier de ces observateurs a reconnu que la proportion n’était pas juste , mais devait être changée pour celle-ci : 1 poisson pour 3,500 œufs, résultat auquel, du reste, est arrivé d’un autre côté 31. Ffennell. Aussi est-on obligé de féconder beaucoup d’œufs pour obtenir quelques poissons. Les 659,000 œufs fécondés annuellement par 3131. Asworth leur donnent seulement 188 saumons d’une valeur de 67 livres 16 schellings.
(2) La destruction des œufs est énorme : 3131. Asworth ont trouvé, en 1852, 600 œufs de saumon dans l’estomac d’une truite; le saumon lui-même en est un grand destructeur, et c’est ce que connaissent bien les pêcheurs à la ligne, qui ont remarqué que le meilleur appât de ce poisson est son œuf. Les insectes occasionnent aussi de grands ravages, mais de tous les ennemis, le plus dangereux est l’homme , le braconnier qui tue exclusivement le saumon préoccupé de ses amours dans des eaux trop peu profondes pour le protéger, et détruit ainsi l’espoir du repeuplement des eaux.
(3) MM. Asworlh, pendantles 168 jours de la prohibition de la pêche, emploient pour garder leurs pêcheries de Galway de cent vingt à cent trente hommes, et, en outre, ayant reconnu que les braconniers gagnaient en moyenne 30 schell. (37 fr. 50) par semaine à leur coupable industrie, ils leur payent 3 livres (75 francs) pour s’abstenir, et trouvent encore leur bénéfice à cette dépense.
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1859 . 9279 saumons de 6 à 30 livrer
Mais les résultats les plus remarquables (2) sont certainement ceux obtenus par M. Cooper, ancien membre du Parlement, à Ballysadare (Irlande), ou des obstacles qui paraissaient au premier abord insurmontables ont été surmontés, et où l influence de l’éclosion artificielle peut revendiquer pour une large part son contingent des produits obtenus. Les saumons remontaient chaque année dans la baie du Ballysadare, longue de douze kilomètres sur environ deux kilomètres de largeur, mais ne pouvaient franchir une chute d’eau de 9 mètres qui se trouve à son fond; or, ceux qui, à la faveur des hautes marées, y parvenaient, se trouvaient arrêtés 400 mètres plus loin par une seconde chute de 4m20, et ne trouvant dans la rivière qu’un cours très-rapide et dénué de graviers, ne pouvaient y frayer. Par suite de cet inconvénient, la rivière Arrow, qui présente un cours très-propice à la fraye des saumons, restait infertile ; quant à la rivière Ovenmore, qui se réunit à l’Arrow, une haute cascade de 5m50, qui se trouvait à Colloney, devrait être supprimée également si, comme le désirait M. Cooper, on voulait y faire l’éducation du saumon. Vivement encouragé par le succès obtenu en Écosse sur le Leith, en 1834, par 1 établissement dune échelle à saumon, M. Cooper résolut de remédier aux obstacles que lui présentaient ces trois chutes d’eau, et sollicita un acte du Parlement qui lui permît de profiter des conditions favorables qui se trouvaient réunies à Ballysadare et (pii seraient en grande partie son oeuvre. Ayant obtenu l’autorisation désirée en 1837, et pour obéir aux conditions qui lui étaient imposées, il s’arrangea avec les divers propriétaires riverains de la baie, car c’était là seulement que la pêche pouvait être fructueuse et qu’il pourrait récolter le poisson qu’il aurait semé dans ses cours d’eau.
L’échelle inférieure de Ballysadare, construite en 1852, sous le contrôle du conseil des travaux publics d’Irlande, donne ce résultat de bon augure que, dès l’année qui suivit son achèvement, on vit des saumons en profiter pour leur remonte.
Les deux autres échelles furent terminées quelque temps après, mais on lut obligé de revenir sur la construction de la seconde échelle de Ballysadare, qui, ayant été construite droite, venait se terminer à une certaine distance de la chute au milieu des eaux tranquilles, ce qui faisait que les saumons s’épuisaient à triompher directement de la chute d’eau et ne s’y engageaient pas. Aussi ce ne fut qu’en 1855 que fut terminé l ensemble des travaux faits en vue d’ouvrir une voie plus facile aux poissons.
Mais sans attendre la fin de la construction de ses échelles, M. Cooper, de 1837 à 1852, avait fait faire des fécondations et des incubations artificielles, pour en lâcher les alevins dans ses cours
(1) On s’est arrêté à ce chiffre de 20,000 en moyenne pour ne pas rendre l’exploitation trop destructive, car MM. Asworth sont convaincus de la nécessité de limiter l’exploitation pour avoir toujours un assez grand nombre de parents, qui assurent la prospérité future de l’établissement.
(2) Coumes, Rapport sur la pisciculture et la pêche fluviale, p. 42; Pêcherie de Ballysadare ( Irlande ) et mesures prises pour augmenter son rendement.
d’eau ; des 1853 on y prit avec la ligne une assez grande quantité de jeunes saumons, et ceux-ci quittèrent en mai les eaux douces pour gagner les eaux salées; mais c’est à partir de 1 achèvement des travaux, c’est-à-dire de 1855, qu’on vit les saumons remonter en grand nombre les échelles et arriver jusqu’aux parties supérieures des rivières pour y frayer, et on put constater à plusieurs reprises le nombre des poissons qui passaient par les échelles en fermant momentanément les vannes supérieures des échelles. Du reste les chiffres suivants donneront une preuve irréfutable du produit obtenu.
Avant 1855 . 300 saumons.
L’exploitation de M. Cooper est conduite d une manière remarquable, car on a pris le parti de suspendre la pèche pendant une année quand, comme en 1860, on a constaté que la pèche n’offrait pas un produit plus considérable que l’année précédente, et d’autre part on a pris soin de rejeter à l’eau tous les grilses qui ne pesaient pas quatre livres; aussi ne doit-on pas être étonné qu’une pêcherie qui, en 1855, avait donné 1,050 francs de produit, en ait donné 18,824 en 1862.
L’année dernière, une tentative d introduction du sterlet dans les eaux du Sutherland (Angleterre) a été faite par les soins de M. Andrew Murray (1), qui a pensé que ces eaux, qui ne sont souillées par aucun produit de manufactures, offraient les meilleures conditions pour une tentative heureuse de celte belle espèce. Grâce à la bienveillance de Son Exc. JM. le général Zelenoï, ministre des domaines de l’empire russe, toutes les difficultés qui pouvaient se présenter pour la récolte des œufs ont été aplanies, et Al. le docteur Knoch fut chargé d’aller, en saison propice, se procurer des œufs fécondés de sterlet dans le Volga. Bien qu’il ait rencontré de grandes difficultés à obtenir simultanément des individus mâles et femelles en état de lui fournir les œufs et la laitance nécessaires pour ses fécondations artificielles, il réussit cependant, et put envoyer en Angleterre un certain nombre d’œufs fécondés et de jeunes alevins de sterlet. Ce savant observe que les œufs du sterled ne sont pas libres comme ceux des Salmonidés, mais s’agglutinent aux corps qui les environnent. Pendant le voyage de Saint-Pétersbourg, les œufs, fixés aux parois d’un vase de verre suspendu au milieu d’un récipient de cuivre, de façon à éviter tout choc, lurent changés d’eau d’une manière régulière, et les alevins (2) furent placés dans un vase, muni d’un siphon, qui permettait d établir un écoulement régulier de l’eau, tout en prévenant que les jeunes poissons fussent entraînés par le courant; ils arrivèrent en bon état à Edimbourg, pour, de là, être transportés sans accidents dans le Lcith. A l’arrivée au terme du voyage, presque tous les œuls étaient éclos , mais les jeunes alevins avaient parfaitement supporté le transport , ce qui donne de sérieuses chances de succès pour une expérience ultérieure , dans laquelle
(1) Andrew Murray, On tlie introduction of tlie Sterlet into Britain ( Tlie Field , 3 sept, et 3 déc. 1870). Diverses tentatives de fécondation artificielle des Stui ioniens, qui avaient été faites antérieurement par M. Baër, et, d'autx-e part, par le professeur Ovvsjanikow, de Kazan, n’avaient donné que des résultats incomplets.
(2) L’évolution embryonnaire des œufs de sterlet se fait très-rapidement, ainsi qu’on a pu l’observer.
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il faudra même transporter seulement des alevins, puisque ceux-ci sont peu impressionnés par les fatigues du voyage et réclament moins de soins que les œufs. Les jeunes sterlets, introduits dans les eaux du duc de Sutherland, ont été mis en liberté quelque temps après leur arrivée à Leith, et paraissaient être tous en excellente condition (1).