SUÈDE
La Suède, de même que la Norvège, a demandé à la pisciculture le moyen de rendre à ses eaux leur fertilité perdue, et le succès n’en a pas été moins grand. Sous l’habile direction de M. Hjalmar Widegren, les pratiques de cet art se sont répandues dans le pays, et on peut constater d’excellents résultats. lie gouvernement suédois a établi à Ostan-Beck un appareil trèsconsidérable, chargé de distribuer des alevins dans les localités les plus propices. Cet appareil ,
(1) Dans quelques cas, on préfère à la méthode française celle de Vraaski, qui consiste à recevoir les œufs à sec dans un vase et à verser dessus de l’eau qui vient d’être chargée de la liqueur fécondante. L’opération offre, dit-on, mais notre maître, M. Coste, pense que c’est par erreur, l’avantage que les œufs se laissent mieux pénétrer par les spermatozoïdes. D’après M. le professeur Rasch, elle aurait l’avantage de permettre de se procurer des œufs de localités éloignées de plusieurs journées de marche.
placé dans une maison de bois installée au-dessus d’un ruisseau, se compose d’une série de cuvettes de bois placées en gradins et dans lesquelles l’eau circule au moyen de tuyaux d’entrée et de sortie placés alternativement à chaque extrémité des cuvettes. Deux jeux de ces cuvettes occupent le centre de la maison, tandis que sur les parois sont disposées, également en gradins, des cuves de bois réservées pour les jeunes alevins. L’eau, qui provient d’une source voisine, est reçue dans une première auge présentant à son milieu une planchette de bois, qui empêche le mouvement de l’eau de se propager, et permet ainsi aux molécules en suspension de se déposer avant d’être parvenues sur les œufs : cette eau, après avoir parcouru toutes les cuvettes, sort par le plancher et va se perdre au dehors dans le ruisseau (1).
Dès 1858, M. Karl Bystrom avait commencé à OEstersund des expériences de fécondations artificielles et la multiplication des poissons par l’emploi des frayères artificielles, et en obtenait d’excellents résultats (2).