PREFACE
le$ prisons , dans les hôpitaux civils et militaires , dans les guerres de peuple à peuple , et même dans la guerre civile. Il se termine par un épisode qui présente un des plus intéressants et des plus terribles tableaux que pût tracer la poésie , celui de deux camps français de la Vendée , volant Fun vers l'autre dans un moment de trêve ; toutes- les animosités oubliées , toutes les fureurs suspendues , la nature et le sang reprenant leurs droits ; chacun reconnaissant , embrassant son ami , son parent , le compagnon de son enfance ; et ^ au milieu de cet attendrissement et de cette allégresse universelle , le signal terrible du retour à leurs drapeaux parricides , et du renouvellement des massacres.
Le TROISIÈME Chant a pour sujet la pitié dans les tenips orageux des révolutions, et t'est là que le poème prend davantage la couleur d'un ouvrage de circonstance ; mais l'auteur a eu soin d'attacher tous les détails à des idées générales ; il a cherché les sources de la pitié , il les a trouvées dans la grandeur déchue dont on mesure les malheurs par la
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lO PREFACE
l'aateur ajoute :
Avec moins de plaisir les yeux d'un voyageur Dans un désert brûlant rencontrent une fleur ; Avec moins de transport, des flancs d*un roc aride L'œil charmé voit jaillir une source limpide.
De même , dans la peinture du règne de la terreur , il a interrompu un instant cette, longue suite de meurtres abominal>les jpar ces vers d'un ton plus doux , et d'une couleur moins lugubre :
Ah ! dans ces jours aflreui^y heureuse l'indigence A qui l'obscurité garantit l'indulgence !
Et qu'importe au pouvoir qu'auprès de ces troupeaux Le berger enfle en paix ses rustiques pipeaux ? Qu'importe le mortel dont la table champêtre Se couronne le soir des fruits qu'il a fait naître ?
C'est dans la même intention que l'auteur a ajouté ici le juste éloge des femmes qui , presque toutes , sont montées sur l'échafaud avec un courage dont l'histoire ofTre à peine quelques exemples , cités sans cesse et rarement imités. Enfin , pour varier encore cet épouvantable tableau de la plus effroyable
SB L AUTEUR. n
époque du genre biunaÎD , il a terminé ce chant par [a description d'une fête champêtre instituée en l'honneur de ces douze filles de Verdun , également intéressantes par leur ▼ertu et leur beauté , toutes immolées dans un m£me jour , et dont la mort prématurée rappelle d'une manière si touchante ce mot charmant d'un Grec après une balaiUe où la jeunesse athénienne périt en foule : rannêe a peritu son printemps. Par cette description natureDement amenée , le lecteur consolé passe arec plaisir ei sans secousse des massacres i une tête , de là terreur des échafauds aux spectacles délicieux des bocages , des fleurs et du printemps. Plus ces images sont inattendues j plus l'effet en est sAr.
Dans le QUATRIÈME CHANt enf"» » ^^ * ?*"^ la pirié dans les temps de spoUaW°" *' „fegrâtioD. I.à se trouvent e|, ^ àc* ^ .ites •* liéi^ïlés de justice et de ij, " o^S^ ^^^ <*
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