‹ La pitié sons la terreurChapitre 45 sur 83 · ACTE II. — SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE II

Ne fui jamais franc du collier.

Un feu de paille que sa flamme !

Sa marmite des fonds secrets Était plus noire que son âme ; Bouchotte payait ses pamphlets.

Il lapait sur l'aristocrate , Sur l'endormi, sur l'endormeur; Il lapait sur le démocrate , Et semblait toujours en fureur.

Semant l'ordure en son langage .

Il écumait, lui le peureux ; Il simulait le loup sauvage Et n'était qu'un mouton galeux.

Quand ses fourneaux ont fait relâche

Dans un jour au crime fatal,

Il s'est montré timide et lâche ,

Balbutiant au tribunal.

Pas une ombre de sa colère ;

Plus de gros mots, plus de jurons ;

L'écrivailleur atrabilaire

Prenait place au rang des larrons.

Avec équité la Justice

Lui régla son compte. Étouffant .

11 pleurait, marchant au supplice ,

Il sanglottait comme un enfant.

Chacun huait sa couardise , Chacun lui jetait ses dédains Et lui criait : « Jure à ta guise , a Rallume tes fourneaux éteints. »

Il arrive à la guillotine.

Pâle , et voyant le vasistas , Il allonge encore la mine , Tombe en syncope au dernier pas.

On lie à la planche le traître Qui s'enrhume en vain à crier ; Sa tête va de la fenêtre Éternuer dans le panier.

La foule achètera ces deux chansons nouvelles.

ï'IERABRAS.

Et l'argent va pleuvoir dans nos deux escarcelles.

(A Aiglebois. )

N'est-ce pas d'un bon cru, citoyen auditeur?

AIGLEBOIS.

Braillards ! pourquoi d'Hébert imiter la fureur ? On le fit ce qu'il fut , cet infâme Duchesne !

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