‹ La pitié sons la terreurChapitre 68 sur 83 · ACTE IV. — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV. — SCÈNE I

j'ai eu de bon, mes vertus, mon amour de la liberté, Dieu le récompensera. Je te reverrai un jour, Lucile ! Sensible comme je Tétais, la mort, qui me délivre de tant de crimes, est-elle un si grand malheur ? Adieu , ma vie , mon âme , ma divinité sur la terre ! Adieu , Lucile ! ma Lucile ! ma chère Lucile ! Adieu , Horace, Annette , Adèle ! Adieu , mon père ! Je sens fuir devant moi le rivage de la vie. Je vois encore Lucile ! Je la vois , ma bien-aimée ! ma Lucile ! Mes mains liées t'embrassent , et ma tête séparée repose encore sur toi mes yeux mourants. »

(Cornélie s'arrête penshe après cette lecture , et sort de sa rêverie eu disant, avec

fermeté :)

Un si grand désespoir est l'aveu d'un coupable Que l'accusation tient , que la preuve accable , Qui n'a rien à répondre.

LUCILE

Ah ! tu ne sais donc pas Que ces jurés vendus ne sont qu'un vil ramas D'hommes vils !

CORNÉLIE

J'en connais de purs, à l'àme tendre, Esprits droits : devant eux , Marat sut se défendre Avec calme ; Marat fut absous , et Danton

Hier , au tribunal , semblait de Charenton Sorti pour éclater dans toute sa démence : C'était de la fureur et non de l'éloquence ; C'était l'immense orgueil mettant sa vanité Dans le mépris des lois et de la liberté.

LUCILE

La liberté? les lois?... on n'en a tenu compte. Ces odieux débats ont été clos ( ô honte ! ) En fermant tout à coup la bouche aux accusés.

ÇORNÉLIE.

Eux , Lucile , à quel point n'étaient-ils pas osés ? De leurs bancs quelques-uns, turbulents indociles A leurs juges lançaient d'insolents projectiles.

LUCILE

Provoqués... irrités... Mais, grâce pour celui Que Robespierre seul peut sauver aujourd'hui. Robespierre à ma voix serait-il insensible ? Non , non ! fais qu'à l'instant je lui parle.

ÇORNÉLIE.

Impossible

Il est le maître , ici ses ordres sont sacrés.

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