‹ La pitié sons la terreurChapitre 69 sur 83 · ACTE IV. — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV. — SCÈNE I

LUCILE

Tu ne sais pas le prix des moments différés ! Au nom de mon époux , que l'échafaud menace ; Au nom de mon enfant, de mon petit Horace, Que souvent Robespierre a pris sur ses genoux , Qu'il aimait à couvrir de baisers , sauve-nous !

CORNÉL1E.

Je ne puis.

LUCILE

Hâtons-nous à ces instants suprêmes.

COBNÉLIE.

Je respecte son ordre.

LUCILE

Et l'on dit que tu l'aimes !

Songe donc à sa gloire, à la postérité; Abandonner Camille est une lâcheté.

CORNÉLIE

Robespierre est mon Dieu , mon amour , mon idole :

L'avenir à son nom réserve une auréole Qu'en dépit des pervers rien ne pourra flétrir.

LUCILE

C'est mon arrêt ! Je suis résolue à mourir. L'amant a bien choisi son amante barbare ! Adieu ! . . . tremble du sort que l'hymen te prépare ; Ou plutôt ne crains pas : à son dernier succès Touche la tyrannie expirant dans l'excès , Et j'emporte l'espoir de prochaines vengeances. Vous moissonnerez tous vos horribles semences : Dans Paris indigné va retentir ma voix ; Paris se lèvera pour défendre les lois. Adieu !

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