ND
C’est la même constatation qu'ont faite Nouvion, M'"* Pauc et Rotenstem au sanatorium de Champrosay sur 815 tuberculeux pulmonaires, les uns traités par les sels d’or, les autres soumis à la seule cure sanatoriale.
Ces auteurs ayant cherché à établir la part qui peut être revendiquée par l’aurothérapie dans les nettoyages radiologiques ont trouvé 3,6 % de nettoyages avec les sels d’or et 3,7 % de nettoyages sans les sels d’or.
C’est à une étude analogue que se sont livrés P. Bourgeois et H. Thiel à l'Hôpital-Sanatorium de Brévannes sur 790 cas de tuberculose pulmonaire auxquels a été appliquée la cure par les sels d’or. Leurs constatations furent les suivantes :
Aggravation dans 12 % des cas.
Pas de modifications dans 62 % des cas.
Amélioration dans 26 % des cas.
Elles concordent avec les résultats que nous avons personnellement observés dans le service de phtisiologie de notre Maitre le Docteur René Mignot, où la Chrysothérapie est appliquée avec prudence et modération, selon des indications surtout individuelles.
se D
LES INDICATIONS LIMITEES DE LA CHRYSOTHERAPIE
Les opinions les plus diverses ont été émises sur les indications de la Chrysothérapie. Pour les uns, les sels d’or agiraient avant tout sur les lésions de type exsudatif, sur les formes infiltrantes initiales avec grosse poussée fébrile, sur les lésions nodulaires et ulcéreuses fraîches, sur les formes fébriles et les poussées évolutives. Selon L. Bernard ils exercent sur les poussées évolutives aiguës graves une action d’arrêt dont les effets sont souvent surprenants. Pour d’autres, au contraire, leur efficacité s’observerait dans toutes les formes de la tuberculose même ulcérofibreuse.
En réalité, les indications actuelles de la Chrysothérapie ne sont pas nettement définies. Elles sont fournies avant tout par l’impossibilité de recourir a la collapsothérapie ou par l’échec de cette méthode, à condition qu’il n’y ait aucune contre-indication à l'employer.
Ces contre-indications sont fournies par l’état du foie, des reins, du tube digestif, particulièrement de l'intestin, la tolérance de la peau et la surveillance de la formule sanguine. La forme anatomo-clinique de la tuberculose n’a qu’une importance secon-
daire. L'aurosensibilité ne dépend pas des lésions parenchymateuses, mais des réactions individuelles du sujet et du terrain qu’il offre à l'infection tubercu-
leuse.
Ces indications « à objectif limité » comprendront
certains cas appartenant aux catégories suivantes :
1° Les formes chroniques bilatérales, fibrocaséeuses à prédominance fibreuse, ayant cessé de s’améliorer depuis un certain temps par la cure hygiénodiététique, plus ou moins fébriles, bacillifères, avec état général instable. Il semble que chez ces malades l'amélioration est arrivée au. point mort et la Chrysothérapie intervient pour réactiver les foyers stagnants et favoriser les processus naturels de guérison. Le succès est malheureusement souvent partiel et transitoire.
2° Les granulies froides sont aussi assez souvent favorablement influencées par l’aurothérapie, bien qu'on doive tenir compte, dans l'appréciation de son
action, de leur guérison spontanée, assez couramment observée.
3° Dans les lésions tuberculeuses bilatérales traitées par le pneumothorax du côté le plus atteint, les sels d’or peuvent aider l’action contrôlatérale heureuse du collapsus. En cas de bilatéralisation au cours d'un pneumothorax artificiel, nous avons observé comme beaucoup d'auteurs, que l’or contribuait à la régression des lésions controlatérales. Mais il s’agit en général d’une régression incomplète et passagère