‹ La Place de l'Étoile et l'Arc de Triomphe; la construction de l'Arc de Triomphe et ses ornements; les événements historiques--appendices et tablesChapitre 6 sur 23 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DÉCRET DE L'EMPEREUR NAPOLÉON. — RAYMOND ET CHALGRIN. — HUYOT ET GOUST. — BLOUET. — LES QUATRE GROUPES DE SCULPTURE DES MASSIFS.

L'Arc de Triomphe de l'Etoile a été érigé en vertu d'un décret impérial du 18 février 1806, en l'honneur des armées françaises.

La première pierre fut posée le 15 août de la même année, jour anniversaire de la naissance du chef de l'Etat.

Outre les monnaies et médailles qu'on y enferma, elle portait l'inscription suivante : L'an 1806, le quinzième d'août, jour de V anniversaire de la naissance de Sa Majesté Napoléon le Grand œtte pierre est la première qui a été posée. Le ministre de VIntérieur étant M. de Champagny.

L'empire fit procéder avec activité à la construction du gigantesque monument. Mais les fondations retardèrent son élévation. Les couches calcaires du sol n'offraient point de solidité. On

fut obligé après avoir creusé à 24 pieds de profondeur, de former un sol factice qui pût supporter sans danger l'énorme poids de cette construction. Ce sol factice fut composé de plusieurs assises en pierres de taille de grande dimension ; chacune de ces assises était disposée de manière à ce que les joints des pierres de l'une ne correspondaient point avec ceux des assises qui lui étaient inférieures et superposées. Les pierres présentaient des formes irrégulières, de manière que les angles saillants des unes étaient reçus dans les angles rentrants des autres. Ce sol, dans un sens horizontal, offrait l'image des constructions antiques et verticales, nommées pélagiennes ou clyclopéennes. S'est sur ces assises que s'éleva lentement l'Arc de Triomphe. Les architectes Raymond et Chalgrin(l) avaient été chargés de présenter des projets. Ce fut Chalgrin qui l'emporta, mais comme nous l'avons dit précédemment, les fouilles très longues ne permirent à l'architecte de commencer les travaux d'élévation qu'en 1809. Il mourut en 1811 et MM. Huyot et Goust lui succédèrent. Mais le premier de ces artistes ayant présenté un projet qui s'écartait des données primitives, il dut cesser ses fonctions et M. Goust fut chargé

(1) Chalgrin (Jean-Francis-Thérèse), né à Paris en 1739, mort en 1811. Elève de Servandoni, puis de Boulée, cet architecte remporta en 1758 ie grand prix de Rome et devînt membre de l'Académie d'architecture (1770). Architecte de Monsieur (depuis Louis XVIII), membre de l'Institut (1799), il devint architecte du palais du Luxembourg, qui lui doit un admirable escalier. Il fît l'église Saint-Pbilippe-du-Roule, le Collège de France et le buffet d'orgues do l'église Saint-Sulpice. Passionné pour l'architecture grecque, il ne fut pas toujours heureux dans ses imitations.

de diriger les ouvrages, sous la surveillance d'une commission composée de quatre architectes : MM. Fontaine, Debreî, de Gisors et Labarre. L'arc de triomphe fut élevé alors jusqu'à la première assise de l'architrave de l'entablement.

La hauteur de l'Arc de Triomphe devait être de 44 mètres, la largeur de 45 mètres, l'épaisseur de 23 mètres. L'arcade du centre, placée sur l'axe de la route des Champs-Elysées à Neuilly devait avoir 30 mètres de hauteur sous la cleî et une largeur de 15 mètres. Les arcades latérales s'ouvrant sur l'avenue des Ternes et sur l'avenue Kîéber devaient avoir une hauteur de clef de 18 mètres et une largeur de 9 mètres.

Voici les mesures réelles :

Hauteur . 49 mètres 483 mil!. (153 pieds 3°)

Largeur . 44 — 820 — (137 - 44°)

Epaisseur 22 — 210 — (68 — 4°)

Le grand arc mesure :

Hauteur . 20 mètres 429 mill. (90 — 6°) Largeur . 14 ~ 620 — (45 6°)

Les petits arcs mesurent :

Hauteur . 48 mètres 680 mill. (57 6°) Largeur . 8 — 440 — (25 — 14°)

Les fondations mesurent :

Profondeur 8 mètres 375 — (25 — 9°) La profondeur au-dessous du sol est de :

Longueur 54 - 560 - (467 - 40°) Largeur . 27 - 280 - (83 - 44°)

Les événements de 1814 et de 1815 arrêtèrent les travaux que Napoléon élevait à la gloire de ses armées. Les échafauds furent abattus, et leur bois servit à la toiture du grenier de réserve. Un belvédère fut établit sur un des massifs de maçonnerie et tout annonçait alors que l'ouvrage ne serait pas continué et que les constructions existantes ressembleraient dans quelques années à des ruines antiques.

La Restauration évidemment moins intéressée et moins ardente à l'élévation de cet arc glorieux pour les armées de la République et de l'Empire, en reprit cependant les travaux, en n'y faisant travailler que lentement certes et peut-être avec l'intention d'en détourner le but. Il fallut le règne de Louis-Philippe, à qui il était réservé de terminer tous les travaux laissés inachevés par ses prédécesseurs, pour que les travaux fussent repris avec activité jusqu'à la fin. En 1828, M. Huyot en avait repris la direction. Il fit exécuter le grand entablement, la voûte ogive destinée à supporter le dallage supérieur et la sculpture d'ornement de la grande voûte.

Enfin, le 31 juillet 1832, M. Blouet a été appelé à terminer l'Arc de Triomphe de l'Etoile ; c'est alors que furent exécutés l'attique, la grande salle voûtée, le dallage de la plate-forme, la balustrade supérieure et l'acrotère qui surmonte le monument, le pavage sous les arcs, la base et l'entourage du monument. C'est Louis-Philippe qui fit inscrire les noms des capitales envahies, des champs de bataille et des généraux qui ont illustré l'Empire, légendes

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