B. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les grandes lésions anatomiques de la coxarthrie sont connues et décrites dans tous les traités; elles ont été classées en deux grands types isolés par PADovanI dans sa thèse :
1° Les formes où la morphologie générale de la hanche normale est conservée ;
2° Les formes avec grosses déformations de la morphologie de la hanche.
Cependant, si nous examinons de plus près les lésions, deux faits sont à retenir : le siège de ces lésions et leur aspect.
1) Siège des lésions.
a) Sur la tête : les lésions constructives occupent la périphérie des surfaces articulaires, surtout en haut et en avant (Cuxko et Rocuer). La limite entre le cartilage articulaire et la surface du col a perdu sa netteté ; cette région est occupée par une série de bosselures arrondies, groupées surtout à la face antérieure du col, au niveau de l’empreinte iliaque (PAnovant) dans les formes ayant conservé la morphologie normale.
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Dans les autres formes, la tête est aplatie, en tampon de wagon, la surface articulaire déborde de tous côtés le col, tend à sortir du cotyle tant son rayon de courbure est augmenté.
b) Sur le cotyle : là encore, les lésions prédominent à la périphérie, surtout en haut et en avant, le cotyle apparaissant cerné par des néo-
formations ostéophytiques.
ID Aspect des lésions.
Tant sur la tête que sur le cotyle la néoformation l'emporte sur la destruction (Cunéo et RocHER).
La tête apparaît évasée, agrandie, étalée, voulant se libérer d’un cotyle :
— ou trop étroit qui l’enserre et la bride (cotyle dit fermé) formant un auvent en haut, un mur en avant ;
— ou trop aplati et laissant la tête « accrocher » la capsule et la repousser (cotyle dit ouvert).
Au total : des lésions fémorales et cotyloïdiennes prédominant en haut et en avant, une tête trop grande pour un cotyle trop profond et trop étroit, ou trop plat (cotyle ouvert et à double fond).
N'y a-t-il pas là sujet à méditation puisque ces néoformations, comme l'ont montré Cunéo et
Rocer au Congrès de Chirurgie de 1932, ne sauraient, par leur localisation même jouer un rôle réparateur. Bien mieux même, les néoformations viennent considérablement gêner la mobilité de l'articulation et « le processus constructif, s’il utilise les déchets du travail d'usure articulaire, ne contribue en rien à réparer les effets de celui-ci. Cette inefficacité du travail d’édification constitue, en somme, l'explication des lésions de l’arthrite
déformante ». Le siège, l’aspect de ces lésions:
constitue, pourrions-nous ajouter, l'explication du traitement que nous désirons exposer.
À ces lésions osseuses il convient d'ajouter les autres modifications articulaires ; toute l’articulation souffre et participe à l'affection. Plus particulièrement la synoviale et la capsule se modifient
et s’épaississent. C’est là un processus déjà signalé
(Papovanr) et qui n’est du reste pas pour étonner ; nous l'avons relevé dans plusieurs de nos observations (observations IT, IX, X, XID.
Mais l'intérêt de ces lésions réside, plus que dans leur constatation, dans la conclusion thérapeutique qu'il convient d'en tirer : la face profonde de la synoviale épaissie est le point de départ de corps étrangers intra-articulaires ; plus la synoviale sera mécaniquement irritée, plus ses réactions vaso-motrices seront importantes et plus ses lésions s’exagéreront. D'autre part, plus la
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synoviale sera altérée, plus le « grippage » des surfaces articulaires sera important, plus les lésions osseuses auront de tendance à s’accroître. Il y a là une sorte de cercle vicieux qu'il faut rom- pre. Le choc des surfaces articulaires « l’une recouverte de synoviale, l’autre de cartilage altéré, donnent lieu à cet épaississement de la synoviale, à l’'épanchement intra-articulaire, et, par suite de l'irritation périostée, à la modification hypertrophique des extrémités osseuses » (SMITH-PETER- SEN). -
La conclusion semble donc s'imposer du point de vue thérapeutique : supprimer, en partie tout au moins, la synoviale. C’est là un point important sur lequel nous aurons l’occasion de nous étendre plus loin ; nous y reviendrons donc.
Tels sont les points anatomo-pathologiques qui nous ont semblé les plus intéressants à rappeler.
Il est encore un fait, lui aussi classique, mais non dénué d'importance : la bilatéralité très fréquente de la coxarthrie. Le plus souvent un côté est plus profondément atteint que l’autre, mais le fait reste avec toute la rigueur de son pronostic les deux hanches sont prises et cette bilatéralité même contre indique un certain nombre d’'interventions, telles que les arthrodèses. Il faudra donc, à ces formes doubles, opposer des traitements permettant au sujet le libre jeu, tout au moins rela-
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tif, d’une de ses articulations coxo-fémorales et entraînant pour lui le minimum de chances d’ankylose complète secondaire.