‹ La Place RoyaleChapitre 12 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Appréciations littéraires à travers les âges. — Défilés d'Ambassadeurs. — L.a Place Royale dans les œuvres théâtrales.

On sait que la place Royale attira à elle, au détriment des quartiers voisins du Louvre, la noblesse élégante et de bonne compagnie. La littérature et le bel esprit ne devaient pas tarder à en faire également leur quartier général à l'occasion de la venue au Marais, en la petite rue de Beaucc, de la reine des Précieuses, M"^ de Scudér5^

Le centre poétique parisien se déplaçait comme le reste et quittait, dès la mort de Richelieu et la fermeture du Palais Cardinal, le logis hospitalier de la vieille marquise de Rambouillet et la rue Saint-Thomas-du-Louvre, pour le quartier de la place Royale - de la place Dorique — comme la dénomma, en un burlesque langage imité de l'antique, ce cénacle littéraire que Molière railla si spirituellement dans ses Précieuses Ridicules.

Il n'y avait là, d'ailleurs, qu'un chassé-croisé,

qu' « un juste retour des choses d'ici bas », puisque, au dire de Tallemant des Réaux, la marquise de Rambouillet aurait logé à la place Royale, pendant que se construisait son hôtel de Rambouillet devant le Palais-Royal ^ .

C'est l'époque du grand luxe et des splendeurs de la place. On lit, en effet, dans la notice du plan de Gomboust, écrite en 1052, les lignes suivantes qui en consacrent la somptuosité :

«... On peut dire seulement qu'en tout le reste du monde il n'y a point tant de maisons ensemble de mesme symétrie, aussi riches au dehors et par le dedans, que celles qui la composent, n'y ayant que des financiers ou de grands seigneurs qui l'habitent; dont les belles tapisseries, les ameublements de velours, brocatels et autres précieuses estoffes de soye, d'or et de borderie, les grands miroirs, meubles précieux, peintures et dorures des chambres, alcôves et cabinets, surpassent toute la magnificence des anciennes maisons royales 2. »

Et la poésie, vers la même époque, ne manque pas de s'unir à la prose pour chanter, dans la langue des Dieux, les merveilles qui s'y rencontrent. Nous détachons la curieuse description ci-

^ Historiettes de Tallemant des Réaux. Edition Techner, T. I., p. 208.

- Atlas des anciens plans de Paris. Notice à l'appui du plan de Gomboust, 1G52.

dessous d'une pièce de vers adressée à la Reine Marie-Thérèse, lors de son arrivée à Paris, en 1660 :

Guère loin de ces Tours (la Bastille) un superbe édifice

Fait voir en abrégé tout ce que l'artifice

Peut inventer de riche et de rare et de beau

Tant pour estre parfait que pour estre nouveau :

Quatre Arcs en quatre endi'oits 3' forment quatre entrées

Que les règles de l'art ont si bien mesurées

Qu'on n'3' scauroit trouver quatre costez divers

Que par les quatre points qui bornent T Univers !

Quatre rangs de Palais tirez par sj^mmétrie

Bastis également des mains de l'industrie

Dans la proportion d'un noble arrangement

Font paroistre une ville en un seul bastiment.

Et belle comme elle est, et de forme quarrée

Elle pourroit passer pour la cité dorée.

Ses dedans somptueux, ses superbes lambris

Ses riches ornements, ses peintures sans prix,

Ses rares cabinets, ses dais et ses balustres,

N'estant point pour des Dieux, sont faits pour des illustres ;

Ses dehors pour respondre à cet Auguste lieu

Font une longue place où paroist au milieu

Le plus juste des Roys à qui le ciel propice

Fit naistre heureusement pour prix de sa justice

Un fils digne de luy pour estre vostre époux

Et qui devoit donner la paix avecque vous.

Venez voir ce Héros dans la Place Royale,

Lors que vous y serez, ô Reyne sans égale.

Vous ferez en passant dans ce pompeux séjour

D'une place Royale, une place d'Amour *.

^ Le Présent de Paris à la Reyne à son entrée royale le 26 août 1660, ensemble la description de la Porte St-Antoine, de la Place Royale, du Pont Notre-Dame, de la Place Dauphine, du Ponl-Neuf, du Louvre et autres lieux, par P. D. L. M., Paris 1660. (BN. Ye 4.025.)

A cause de la grande réputation qu'elle tirait de sa beauté architecturale, réputation qu'elle conserva pendant toute la durée des xvii* et xviii^ siècles, le Bureau de Ville et aussi la cour ne perdaient pas une occasion de la mettre en valeur et d'en faire, quand la chose se pouvait, le décor de quelque grand événement ou d'entrées solennelles pénétrant à Paris par le faubourg S*-Antoine. On vient d'en lire une description à propos de la venue en France de la jeune épouse de Louis XIV. Nous pouvons encore citer celle de la Reine Christine de Suède, qui eut lieu le 8 septembre 1656, deux années environ après son abdication, et à qui l'on fit traverser avec son esco? le la place Royale, toute tapissée de tentures, d'étoffes rares, de guirlandes de fleurs. Aux fenêtres des pavillons, les plus grandes dames de l'époque montraient les toilettes les plus extraordinaires et les plus riches, pendant qu'un peuple immense circulait sous les arcades et dans les jardins.

Quinze mille hommes sous les armes servaient de cortège, portant des livrées éclatantes d'or et de soie; une cavalerie « si leste et si nombreuse qu'il ne s'est jamais rien veu de si superbe w ; le tout commandé par un colonel général, M. de Veydeau Grammont, conseiller au Parlement, dont la description du fastueux costume fera iuger de l'ensemble du défilé :

« Le Colonel Général, vestu d'un pourpoint de brocar d'or, avec des chausses chargées de quantité de dentelles d'or et d'argent, et d'une garniture, dont la richesse, l'abondance et le meslange des rubans produisoyent un fort bel effet, aussi bien que son chapeau, ondoyé d'un grand bouquet de plumes blanches, attaché à un cordon de diamans et son baudrier en broderies d'or, auquel pendoit une espée dont le pommeau et la poignée estoyent d'un seul lapis, sur lequel brilloyent plusieurs rubis garnys d'or, avec la garde et les branches aussi d'or massif. H estoit sur un barbe bay couvert d'une housse de toile d'or à huit houpes et enrichi partout de grandes dentelles d'or et d'argent, avec un harnois encore tissu d'or, embelli de diamans, le chanfrein de pierreries, et un bouquet de plumes blanches, au-dessus duquel se voyoit une belle aigrette. »

Cet admirable cortège s'engouffra dans la place Royale et fit le tour des pavillons, acclamé par toute la noblesse de France qui s'en disputait les nombreuses fenêtres. La Gaze//e d'alors en a donné un compte rendu fort complet auquel nous voulons encore faire un emprunt concernant le passage dans la Place :

« Lorsqu'elle fut arrivée à la Porte S^-Antoine, ornée des armes de France et de Suède, et embellie de diverses ligures et devises en l'honneur de cette

Princesse, elle trouva à la teste de la Milice, le sieur de Grammont, qui la complimenta, les archers du Grand Prévost de THostel et les Cent Suisses de la Garde, rangez en haye, tambour bâtant, avecles Exempts, commandez par le sieur de Besson leur Enseigne, lesquels marchèrent toujours devant les dits Maréchal (de l'Hôpital) et Prévost des Marchands, précédez de 4 Trompettes de la chambre, qui commencèrent à faire résonner l'air de leurs fanfares, auxquelles Sa Majesté entra dans la ville, où le maréchal de l'Hospital et le Prévost des Marchands lui présentèrent un Dais de toile de brocar d'or, doublé de mesme. Mais Elle ne le voulust point accepter, tellement qu'il fut porté devant sa dite Majesté par les quatre Eschevins, qui mirent à cest effet pied à terre, jusqu'à l'entrée de la Place Royale, par où on la fit premièrement passer, comme par le plus beau lieu non seulement de Paris, mais qui soit en aucune ville du monde : et dont le principal et plus auguste ornement est une grande figure en bronze de Louis XIII, de glorieuse et immortelle mémoire qui est là, par un chef-d'œuvre de l'art, le digne et durable monument de ce grand et victorieux Monarque : La Reyne d'Angleterre s'y estant aussi trouvée avec la Princesse de Conty et quantité d'autres Dames des plus considérables de cette ville. En cet endroit, les flambeaux furent allumez et quatre des Gardes de la Draperie prirent

le Dais et le portèrent jusques devant l'Eglise des Jésuites *. »

Il était environ six heures du soir quand la fille de Gustave-Adolphe pénétra dans Paris. C'est ce qui explique l'allumage des flambeaux dans la place Royale. L'aspect de Sa Majesté suédoise produisit le plus grand effet, montée sur un cheval blanc qui avait été choisi « comme le plus beau pour ses démarches et courbettes ». La crâne allure de la célèbre amazone qui entrait ainsi dans Paris, les pistolets à l'arçon, cravache en main, montrant ses formes nerveuses et masculines sous le justaucorps écarlate brodé d'or et la tête hautaine coiffée du grand feutre à plumes noires, ne manqua pas, on le pense, de lui attirer tous les suffrages d'une population assoiffée de manifestations éclatantes.

Peut-être la fîère capitane, en affectant une aussi mâle désinvolture, avait-elle la prescience de ce qui devait lui arriver vingt ans plus tard alors qu'à la suite d'une transformation physiologique de son individu, elle crut un moment que de reine elle devenait roi 2.

Le succès, quoi qu'il en soit, fut si considérable

' La Gazette, année 1656, n» 116. — La pompeuse entrée de la Reine de Suède.

2 La Chronique Médicale du D' Cabanes : Le cas de la tîeine Christine de Suède. N" du l*^"- octobre 1905, p. 637.

que Loret ne piil se dispenser d'en rendre ainsi compte à Mademoiselle de Longueville, dans sa Muze historique :

Ce jour, Phebus, à tresse blonde.

Dont les autres clartés du monde Ne sont que de foibles crayons, Avoit mis ses plus beaux raj'ons ; Et dans son trône de lumière Brilloit de si belle manière Qu'il sembloit, par un beau soucy.

Vouloir s'intéresser aussj' Pour donner encore plus de lustre Au Triomfe de cette Illustre '.

Bien d'autres cortèges princiers, sans doute, défilèrent encore dans la Place Royale, dont la relation n'a pas été faite ou n'est pas arrivée jusqu'à nous. En 1696, pendant le mois de février, l'ambassadeur de Portugal, entouré de toute sa maison et des nombreux cavaliers envoyés à sa rencontre, en fit le tour en grande cérémonie et ne fut pas peu émerveillé des somptueuses décorations dont les occupants des pavillons avaient leiui à lui donner la faveur.

Coulanges n'a pas manqué de raconter la chose à Madame de Simiane, et voici ce quil lui écrivit :

' Une lettre perdue de la Muze historique de Loret, imprimée par MM. Masson et Edgar Mareusc, dans le BnUctin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, 1905, p. 72.

« L'ambassadeur de Portugal fit hier son entrée solennelle à Paris par la porte Saint-Antoine et fit le tour de la place Royale. La place, avec des tapis sur les fenêtres et à tous les balcons, n'était pas un des moins beaux endroits de la Ville à faire voir à cet ambassadeur : aussi en fit-il le tour et il vit belle et honorable compagnie sur le balcon de l'hôtel de Chaulnes, où avoient dîné M. le cardinal de Bouillon, M""^^ les duchesses de la Trémouille et d'Albret, M™' de Coulanges, l'abbé Têtu, l'abbé d'Auvergne, le comte d'Albret et moi, et où beaucoup d'autres gens considérables se rendirent après le dîner pour le spectacle. > »

Et Coulanges ajoute ailleurs, à propos de cette cérémonie : « Le pauvre peuple de Paris est si affamé de spectacles, que c'en fut un pour lui que cette entrée qui n'auroit pu être regardée en un autre temps. L'ambassadeur a une livrée grise avec des galons d'argent et des veloutés bleus, et quatre beaux carrosses 2. »

Nous ne saurions dire si le grand personnage cité ici par Coulanges, fut le somptueux Alonzo Perez de Castro, marquis de Cascaez, également envoyé en France comme ambassadeur de Portugal. Ce

* Lettre de Coulanges à Madame de Simiane, du 27 février

' Lettres de Madame de Sévigné. Edition des grands Ecrivains français T. X. p. 366.

dernier, dans tous les cas, séduit par les fastes de la Place Royale, avait voulu y loger sa Grandeur avec son extravagance et son originalité. C'est lui qui avait cette délicate attention de porter autour de son chapeau un bas de soie de samaitresse. Quand son carrosse faisait le tour de la place pour se rendre à la promenade du cours, il était plein de cassettes remplies de gants que son Excellence l'Ambassadeur de Portugal jetait à la figure des femmes jolies qu'il rencontrait. Souvent, aussi, les rideaux du carrosse se baissaient, le marquis changeait de costume et apparaissait ensuite aux regards ébahis de la foule, rayonnant d'élégances nouvelles i.

Une autre Ambassade y défila encore dont le souvenir nous a surtout été conservé par une planche gravée bien connue et intitulée : « Entrée de l'Ambassadeur de Perse à Paris, vue dans la Place Roiale, le 7 février 1715. »

Tout le cortège semble défiler de la rue du Pas-dela-Muleà la rue de l'Echarpe, entre les maisons et les grilles; celles-ci y sont clairement dessinées, principalement la porte centrale, écussonnée des chiffres du roi et surmontée de son buste. Les personnages, même ceux de l'Ambassade, ont été interprétés par le dessinateur dans le genre grotesque, et ce

» Historiettes de Tallemand des Réau», Edition Techner. T VI p. 444.

ne sont que batteries, bousculades, perruques arrachées, coups de canne des exempts à des bonshommes ridicules, qui se querellent pour en voir passer d'autres plus ridicules encore. Les architectures n'y sont, en outre, que médiocrement ressemblantes.

Le grand succès de la Place Royale s'explique par la mise à exécution de cette idée tout à fait neuve, de cette chose inattendue et qui n'existait pas encore à Paris, d'une réunion de demeures seigneuriales qui, au lieu d'être, selon l'habitude, édifiées le long d'une rue, étaient toutes groupées en un carré parfait et surtout étaient toutes les mêmes, sans surenchère d'ornementation, par conséquent sans prétexte à se jalouser l'une et l'autre. Chacun était là, sous la main, si l'on peut dire, de sou ami... ou de son ennemi ; et tous avaient, au centre de la belle ordonnance des architectures, un vaste espace bien fermé, bien défini, terre de noblesse, d'où ils pouvaient, au dire de M. Gustave Larroumet, se croire assez chez eux pour y faire chasser à coups de canne les gens mal vêtus et les mendiants ^ .

Ce sentiment d'égalité, dans le faste et dans l'apparat, était bien fait pour séduire une noblesse jalouse et ombrageuse chez laquelle l'envie et la

1 Cours de Gustave Larroumet à la Sorbonne sur la comédie de Corneille — La Place Royale — Revue des Cours et Conférences, N» 29 du 27 mai 1897, p. 543.

susceptibilité n'avaient déjà que trop de terrains de discorde pour se développer.

De suite, ces belles maisons eurent la vogue:

Telles de grandes dames, toutes pareillement coifTées, habillées de rouge et décorées de dentelles blanches, elles semblaient, comme à la cour, faire la révérence, dans un ordre parfait, autour de la statue équestre de leur roi !

Aussi, tous les grands noms de VArmorial de France vinrent ils y asseoir leurs foyers. Limportance de ces personnalités, la sonorité de leurs titres, le poids de leur fortune, indiquent assez combien fut recherchée, jusqu'à la Révolution, de la noblesse d'abord, de la haute bourgeoisie ensuite, l'habitation des fameux pavillons.

Saint-Simon a cité le proverbe qui, de son temps, caractérisait heureusement les trois places de Paris et les trois statues qui les ornaient : «Henri IV avec son peuple, sur le Pont-Neuf; Louis XIII avec les gens de qualités à la place Royale et Louis XIV avec les maltôtiers, dans la place des Victoires ^ »

Elle occupe, en outre, une situation toute spéciale dans les lettres françaises, par les nombreuses allusions qui en furent faites depuis sa lointaine création.

1 Mémoires de Saint-Simon (Edition des grands Ecrivains de France), T. I, p. 147.

M™« de Sévigné, qui y naquit et qui l'illustra, l'appelait la Place tout court, sachant bien qu'il n'était pas nécessaire de la désigner autrement pour la faire reconnaître :

« Je vous manderai avant mon départ des nouvelles de la Rampardière, nous n'avons pas voulu nous engager encore à la Place, que nous n'ayons vu l'effet des espérances de M. de Guénégaud •. »

Et encore :

« La philosophie de Corbinelli est dans cette chambre que vous savez; nous le voyons moins qu'à la Place'-. »

Et ailleurs :

« Prenez-vous la maison de la Place pour un an? — Je n'en sais rien 3. »

Qui ne se souvient de la pièce burlesque et si amusante que Paul Scarron intitula : Adieu aux Marêts et à la place Royale :

Adieu, beau quartier des Marêts :

C'est avecque mille regrets Qu'une très pressante besoigne Pour quelque temps de vous m'éloigne.

Je vais au Fauxbourg Saint-Germain Tremper mon très sec parchemin Dans un bain qu'on tient salutaire A la douleur qui me fait braire,

1 Lettre à M>"« de Grignan, du 6 août 1677. - Lettre à M™« de Grignan, du 11 octobre 1688. Lettre du 30 juillet 1677.

Et jour et nuit depuis deux ans Autant que font les maux de dents.

Cruels bourreaux de la mâchoire.

Adieu donc jusqu'après la Foire.

Que vous me verrez revenir ; Car qui peut longtemps se tenir Si loin de la place Roj'ale ?

C'est là que mainte âme loyale Daigne venir dessous mon toit, Où tout malheureux on me voit.

Or, adieu Place très illustre.

D'une illustre Ville, le lustre; Or, adieu pour peu de temps, Tous les illustres habitans De cet incomparable cloître Que je n'ai le bien de connoître.

Adieu belle Place où n'habite Que mainte personne d'élite.

Par exemple le Villequier, Aussi vaillant qu'un branc d'acier.

Le marquis et l'abbé ses frères . ^

Et tout au long de son poème, l'ex-mari de M"*" de Maintenon prend congé nommément, en termes spirituels et souvent inconvenants, des nombreux amis et ennemis qu'il possédait dans le quartier et dans la Place. On y trouve mentionnés M""" de Bassompierre, le prince et la princesse de Guéménée, la dame de Blérancourt, les Rolian, la

' Recueil des œuvres de Scarron, dédiées à sa chienne. 1'"^ partie, p. 4. Troyes, 1754.

marquise de Pienne, la dame de Maugiron, la dame de Choisi, la dame de Bois-Dauphin, M. de Courcy, le major Aubry, la belle Ninon, la comtesse de Belin, la comtesse de Suze, la marquise de Grimault, M. et M™^ de Gourné, son ami Sarrazin, La Ménardière, Mondori «t la belle de Lorme.

« La Place Royale » est aussi le titre que Pierre Corneille, on ne sait trop pourquoi, donna à l'une de ses comédies. M. Gustave Larroumet, dans son cours de laSorbonne, a indiqué les préoccupations auxquelles obéit le grand poète en plaçant en ce quartier de Paris le sujet de sa pièce. Il voulut, selon lui, solliciter l'attention et la curiosité de ses auditeurs en leur promettant de les conduire en cet endroit de la capitale, alors célèbre entre tous et où sa comédie prendrait un air de réalité susceptible d'en doubler l'intérêt. Le réalisme et l'actualité, telles furent, paraît-il, les deux raisons de ce titre : La Place Royale. Ce qui prouve, n'estil pas vrai, qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil*. Aussi, eut-il soin d'imprimer, après les noms des personnages :

« La scène est à Paris, dans la place Royale. » Que l'on ne s'attende pas, surtout, à y trouver quoi que ce soit justifiant ce vocable.

^ Lire à ce sujet un intéressant feuilleton de M. André Hallays, sur la Place Royale, dans le Journal des Débats du 25 décembre 1903.

Un vers et c'est tout :

CLÉANUUE

Ainsi je veux punir ma llamme déloyale; Ainsi

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