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Photographie de la mastoïde droite normale d’un lapin

2, Mastoïde gauche du même lapin, photographiée 45 jours après l'opération. — La masloïde est comblée.

fortement au couteau. Nous avons placé la pièce dans un liquide décalcifiant pour pouvoir en faire plus tard l'examen microscopique. Le tissu de cicatrice ainsi formé aux dépens du périoste est sûrement du tissu osseux en majeure partie avec un peu de tissu fibreux.

Nous reproduisons dans notre travail les photographies des deux mastoïdes de notre lapin; la droite qui n’a pas été touchée et la gauche qui a été ouverte quarante-cinq jours après l’intervenlion. L'on peut voir nettement que la vaste cavité sous-tympanique qui a été curettée est maintenant complètement comblée.

Ces expériences prouvent donc bien que la cavité antrale se comble complètement après l’antrotomie, de même que les cavilés sinusiennes après la cure radicale. L'on comprend alors l'inutilité des différents procédés autoplastiques qui consistent à combler la cavité mastoïdienne opérée, puisqu'elle seule se

charge de ce travail de régénération.

Faits cliniques. — Nous nous permettons de reproduire in exlenso à ce sujet une observation publiée par le Professeur Mouret, de Montpellier, et qui nous a paru très intéressante :

« Il y à une douzaine d’années, je fus appelé à opérer une fillette de 7 ans qui avail un écoulement d'oreilles depuis sa plus tendre enfance. Depuis trois semaines, cette enfant souffrait beaucoup. La région mastoïdienne gauche s'était fortement enflée; les douleurs spontanées étaient très grandes; la palpation de la région était très douloureuse, mais ne donnait pas de sensation de fluctuation. La température évoluait depuis plusieurs jours aux environs de 39° et 40°. Il s'agissait d'une mastoïdite tuberculeuse. A l’incision, il sortit peu de pus; l’enflure mastoïdienne était due surtout à un amas énorme de fongosités d'aspect blafard qui avaient détruit tout le bloc osseux pétro-mastoïdien. Les fongosités s'élendaient dans la profondeur du cou jusqu'au voisinage des vertèbres cervicales. D'autre part, la mastoïde était complètement détruite et la dure-mère était recouverte par tout cet amas de fongosilés. Ni gouge, ni pince coupante ne furent nécessaires, la curette suffit pour enlever tout

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cet amas de fongosilés au sein duquel courait le facial qui, malheureusement, ne sortit pas indemne de ce curettage. La voûte de la caisse avait résisté à la destruction, mais la curette dut cependant la débarrasser de nombreuses fongosités. L'enfant guérit. La cicatrice cutanée resta d'autant plus apparente que, dans ce cas, je n'avais pas osé faire la fermeture immédiate de l'incision cutanée et la destruction totale de toute la mastoïde avait laissé une dépression très accentuée de loute la région. Cependant, lorsque, plusieurs mois plus tard, la cicatrisation fut terminée, l'os masloïdien paraissait s'être refait dans toute la région opérée, car le doigt sentait un plan très résistant sous la peau.

» Bien que ce cas grave eût guéri opératoirement, je n'avais pas obtenu cependant une guérison absolue de la suppuration auriculaire. Quelques gouttes de pus conlinuaient toujours à se former au fond du conduit auditif, nécessitant encore les lavages d'oreilles. La vature tuberculeuse du mal me faisait penser à une récidive en un point de la caisse.

» Six ans plus lard, je dus opérer l’autre oreille pour un cholestéatome de l’antre. Je profitai du sommeil chloroformique pour évider à nouveau l'oreille si gravement alteinte quelques années auparavant. La région mastoïdienne élait aplatie et l'os moins épais que normalement; mais, abstraction faite de cela, loutes les parties de la mastoïde (régions antrale, sous-antrale, apicale) qui avaient été complètement détruites par les fongosités tuberculeuses s'étaient refaites solidement. Je {rouvai un antre et des cellules assez grandes dans toute l'étendue de l'os; l'apex mastoïdien, peu épais, était très saillaul et pneumatique; l'antre, étroit, aplati de dehors en dedans, élait assez grand. La suppuralion était cantonnée dans l’aditus. La corticale extérieure et les cloisons intercellulaires étaient très minces, mais la mastoïde tout entière s'était reformée suivant le type primilif, très pneumatique. Ce fait démontre, une fois de plus, combien la nature tient à ses droits, grâce, sans doule, au pouvoir ostéogénétique du périoste et, peut-être aussi, de la dure-mère. Si jamais os compact avait dû se faire après un tel état pathologique, c'était bien, semble-t-il, dans un cas pareil,

»: Geci ne vient-il pas encore à l'encontre de ceux qui pré:

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tendent que les mastoïdes compactes, par eux dites scléreuses, sont le résultat des suppurations chroniques des cavités pneumatiques de l'oreille ? La réparation naturelle aurait dû se faire par de l'os cicatriciel et sclérosé, elle s'élait faite simplement avec de l'os richement pneumalisé » (Annales des maladies de l'oreille, 1913, n° 2).

Cette observation est particulièrement intéressante, car elle apporte une preuve de ce que nous avançons : la tendance de l'os opéré à se reformer. Ce fait est des plus nets, puisque dans

une première intervention toute la mastoïde était détruite, et que dans la seconde, elle s'était refaite avec de l'os richement preumatisé.

Cependant les conclusions pathogéniques de ce fait clinique nous paraissent devoir être les suivantes : il n'était pas possible que l'os refail fût compact, parce que la suppuration avait persisté ; l'impossibilité de refaire cet os compact serait absolue, si l’on réopérait un os qui à guéri. La suppuration persistante apporte fatalement un trouble à la régénération osseuse. Il se passe en ce point la même chose que dans un sinus maxillaire insuffisamment curetté; 1l ne se comble pas entièrement, parce qu’il est resté un point d'infection dans sa cavité (Moure).

En somme, non seulement l’os resté en partie malade ne pouvait pas se refaire en tissu compact, mais le fait que, même avec cette suppuration persistante, une partie de régénération s'est produite nous apporte la preuve que, malgré tout, l'os opéré tend à se combler entièrement.

Nous rapportons encore, à l'appui de cette théorie, une observalion personnelle que nous avons prise dans le service du Pro-

fesseur Moure.

I, — Mo Amélie S..., 28 ans, tailleuse, vient consulter à l'hôpital le 41 avril 1996. La malade a eu la grippe, il y a un mois, et présente depuis cette époque des douleurs intermittentes de l'oreille gauche, L'oreille n'a jamais coulé; depuis deux jours, les douleurs ont beaucoup augmenté. A l'inspection, le tympan gauche est rouge ; l'on trouve un gonflement en masse de la région mastoïdienne,

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Toute l’apophyse est douloureuse à la pression, mais surtout dans la région de l’antre.

L'antrotomie est pratiquée le 12 avril 1906 par le Professeur Moure. A l'incision des parties molles, l’on ne trouve pas de pus, mais les tissus sont épaissis et lardacés. L'apophyse est légèrement piquetée. A l'ouverture de la corticale externe, l'on tombe sur un amas de pus et de fongosités, Toule Ja mastoïde, qui est celluleuse et fongueuse, est enlevée de proche en proche, y compris la pointe. L'on est obligé de faire une contre-incision en arrière. La corticale externe est en bon élat. L'on trouve de nombreuses cellules diverticulaires, surtout une grosse fongueuse contre la paroi sinusienne, en arrière el en bas. La paroi osseuse du sinus bombe, et est entourée d'une rainure, qui part de l’antre, va vers la pointe, et remonte en arrière du sinus. Cureltage, chlorure de zinc, drain et sulure immé- . diale.

IL. — Récidive de mastoïdile 8 ans- après. Nouvelle opéralion. — Les jours suivants se passent normalement. Le 9 mai, la malade quitte le service et vient encore se faire panser à l'hôpital.

Cette malade revient nous voir le 17 février 1914. Depuis le 9 février, elle est atteinte d'un fort coryza, de douleurs de tête, bourdonnements et douleurs dans l'oreille gauche. L'on pratique une myringotomie dès son arrivée à l'hôpital. La malade n'est pas soulagée; le 18 février au soir, léger écoulement purulent par le conduit. A l'inspection, l’on trouve à peine trace de la première intervention; la mastoïde est rouge, soulevée en masse. L'apophyse est douloureuse particulièrement au niveau de l’antre, Ces phénomènes ne diminuant pas sous l'influence du traitement habituel, au contraire la tuméfaction mastoïdienne apparaissant avec lendance à la fluctuation, l’on se décide à intervenir à nouveau,

L'antrotomie est pratiquée le 2 mars 1914 par le Professeur Moure. A l'incision des téguments, l'on tombe sur une collection purulente superficielle. La mastoïde est presque complètement refaite, comblée de {issu osseux, compact. L'on trouve simplement une pelite fente se dirigeant vers l'antre. Celui-ci est tout petit. L'on trouve un peu de pus et quelques fongosilés. Toute la région postérieure et de la

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pointe est comblée de tissu osseux cicatriciel sain. Drain et fermeture immédiate.

Conclusions. — D'après nos expériences personnelles et d’après les observations que nous venons de rapporter, nous arrivons donc aux conclusions suivantes :

1° Le plus souvent, après l’antrotomie, la mastoïde se comble complètement de tissu osseux ;

2° Il arrive parfois qu'elle ne se comble qu’en partie et laisse persister une pelite rainure dans son épaisseur ;

3° Parfois aussi, elle peut se combler complètement en laissant subsister une nouvelle cavité antrale. Dans ces cas, l'apophyse peut s’infecter de nouveau et donner naissance à üne nouvelle poussée mastoïdienne.

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