‹ La pleurésie hémorragique cancéreuseChapitre 11 sur 24 · C. — Symptômes spéciaux au cancer pleuropulmonaire · texte numérisé non relu

C. — Symptômes spéciaux au cancer pleuropulmonaire

1° Toux et expectoration. — Percussion et auscultation. — La toux est un symptôme précoce ; elle revêt souvent les caractères de la toux coqueluchoïde. Elle peut du reste manquer totalement. Elle est tantôt sèche, et tantôt amène l’expectoration de crachats dont l’apparence est très variable.

Le plus souvent, les crachats sont muqueux, mucopurulents, purulents, parfois fétides ou gangréneux, mais n’ont en somme aucune valeur symptomatologique; d’autres fois, ils sont sanguinolents ou sanglants: cette hémoptysie est d’ailleurs d’importance variable; elle peut être assez abondante pour entraîner rapidement la mort ; elle peut se répéter tenace, pendant un temps très long (1).

Parmi ces crachats sanguinolents, certains ont une importance spéciale : ainsi Marshall Hughes, puis Stokes ont insisté sur une apparence particulière des crachats « qui n’ont pas la viscosité des crachats de la pneumonie » et « ressemblent pour la couleur et lacon-

sistance à une gelée de groseille noire». Assez souvent aussi ces crachats gélatineux sont de couleur rouge ou rosée.

1 . Lionville, cité dans la thèse du cancer pulmonaire par Gamo Abdon. Thèse de Paris, 1873. L’hémoptysie avait duré 3 mois. '

Parfois l’examen histologique révèle dans les crachats des parcelles de la tumeur: en quelques cas ces fragments sont assez gros pour être visibles à l’œil nu, blanchâtres, cylindriques, semblables à de petits morceaux de vermicelle, et que le microscope montre composés de cellules épithéliales agglomérées (Lancereaux, Hampelu, Ehrlich, Betschart, Claisse (1), Ménétrier (2). Ce dernier auteur a même pu, dans un cas, où il s’agis¬

sait d’un cancer secondaire, reconnaître la coexistence du cancer et de la tuberculose.

Le cancer pleuro-pulmonaire donne lieu à des signes

de percussion et d’auscultation (matité, vibrations locales augmentées, diminution graduelle du murmure vési-

culaire, souffles soit simples, soit tubaires, soit caverneux ou amphoriques, râles humides, etc.,) qui sont modifiés par l'épanchement : on peut cependant les retrouver ou à la limite de cet épanchement, ou dans l’autre poumon.

Quand la caverne cancéreuse est superficielle elle donne exactement les mêmes signes que tout autre cavité pulmonaire.

2° Signes dus à la compression des organes intrathoraciques . — Ces signes sont fournis par la propagation

du cancer au médiastin, c’est-à-dire les adénopathies

1. Claisse. Diagnostic précoce du cancer du poumon par V étude histologique des crachats [Bulletin de la Société médicale des hôpitaux , janvier 1899

2. Ménétrier. Bulletin de la Société médicale des hôpitaux , janvier 1899.

cancéreuses péribronchiques, péritrachéales, pérl-œsophagiennes, etc.

a) . — Cette compression peut porter sur les vaisseaux, les veines et particulièrement la veine cave supérieure: elle se traduit par un œdème sus- diaphragmatique intéressant la tête, le cou, les membres supérieurs et le thorax, et s’arrêtant assez brusquement au-dessous des dernières côtes, d’où un contraste entre la maigreur cachectique de la moitié inférieure du corps, et la bouffissure de la moitié supérieure (i).

Parfois la compression n’intéressera qu’une des branches d’origine de la veine-cave et l’œdème est alors unilatéral ; il peut même être limité encore, se borner à la face, à un seul bras. A la longue, l’œdème diminue et l'on voit s'établir une circulation collatérale complémentaire, apparente daùs la dilatation des veines souscutanées du thorax.

b) . — La compression du cœur et surtout des oreillettes, amène des accidents asystoliques ; celle de l’aorte et des sous-clavières peut déterminer l’inégalité des deux pouls radiaux (2).

c) . — Les nerfs comprimés réagissent à leur manière: le pneumogastrique réagit par la dyspnée, la toux et les vomissements, et par la fréquence extrême du pouls (o) ; les récurrents par la dysphonie ou l’aplio-

1 . L’œdème indique simplement l’obstacle circulatoire, et peut aussi bien être causé par une thrombose ou l’envahissement de veines par le cancer.

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