‹ La pleurésie hémorragique cancéreuseChapitre 13 sur 24 · MARCHE — DURÉE — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

MARCHE — DURÉE — PRONOSTIC

L'évolution de la pleurésie hémorragique cancéreuse est chronique (1) et fatalement mortelle du fait des lésions cancéreuses : Son début diffère un peu suivant qu’elle survient chez un sujet déjà manifestement cancéreux ou au contraire comme première manifestation d’un cancer pleuro-pulmonaire encore méconnu. Rarement ce début est brusque et marqué comme dans la pleurésie aiguë séro-fibrineuse par un point de côté violent ; le plus souvent elle se manifeste au milieu de douleurs thoraciques vagues et de gêne respiratoire.

1. On a décrit cependant sous le nom de cancer aigu, des cas à évolution rapide (Hérard et Cornil-Darolles). Pour Ménétrier ce n’est pas la lésion cancéreuse elle-même qui a évolué avec rapidité mais les accidents graves surajoutés ; suivant cet auteur les faits rapportés sont de deux sortes ; dans les cas où il s’agit de cancer primitif, ce sont des accidents fébriles d’infection surajoutée qui ont entraîné la mort à un moment où le cancer ne s’était pas encore révélé par des symptômes importants et sans que le néoplasme ait participé au processus aigu. Quant aux autres, ils appartiennent à l’histoire du cancer secondaire du poumon : ce sont des généralisations pulmonaires très diffuses d’éléments cancéreux venus par voie vasculaire d’un autre organe primitivement atteint, la multiplicité des noyaux métastatiques ayant suffi, dès le début de leur développement et malgré leurs petites dimensions, à entraîner des accidents.

Une fois installée elle n’a généralement aucune tendance à céder : le liquide se reproduit très rapidement et il faut répéter les ponctions (1). Parfois cependant il diminue un peu par suite de la présence des fausses

membranes qui cloisonnent la plèvre.

Cette reproduction rapide et persistante de l'épanchement pleural hémorragique après thoracentèse est un signe commun aux pleurésies tuberculeuses et cancéreuses, Mais il est cependant beaucoup plus accusé en cas de cancer.

Au fur et à mesure des progrès de l’affection, on voit apparaître tous les signes de la cachexie cancéreuse : amaigrissement, teint jaune paille, œdème des membres inférieurs, phlébite, etc. A cette période on observe assez fréquemment de la fièvre qui tient à des infections bronchiques et pulmonaires secondaires : bronchopneumonies, gangrènes pulmonaires, suppurations pleurales, etc...

La durée moyenne de la vie, à partir du moment où

se déclare la pleurésie, est de deux à six mois, rarement plus (2).

La mort peut survenir de diverses façons : par épui-

1. Ainsi dans un cas de Dieulafoy, il fut fait d'abord sept thoracentèses ep. deux mois, puis 25 en dix semaines. Le liquide resta stationnaire pendant cinq nouveaux mois jusqu’à la mort Dans un cas de Desnos il fut pratiqué trente ponctions en six mois enlevant au total 40 litres de liquide. Chez un malade de Moutard-Martin qui survécut sept mois, on retira 50 litres de liquide.

2. En lui-même le cancer du poumon peut durer davantage: un an et même deux ans.

sement cachectique, par asphyxie progressive, par asystoîie et le plus souvent par une infection bronchique ou pulmonaire surajoutée.

On a encore signalé la mort dans le coma, ce qui serait du, pour Jaccoud, à une hydropisie ventriculaire d’origine cachectique, et la mort subite par obstruction de l’artère pulmonaire (Stakes), par hémoptysie (Berewidge),par compression du pneumogastrique (Ménétrier).

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