OBSERVATION IV
(In thèse Ravaut, page 99).
Malade amenée à l’hôpital pour pleurésie droite, dont la cause ne fut déterminée que secondairement.
Il s’agissait d’une malade de 58 ans, assez cachectique, présentant outre les signes d’épanchement une voussure assez considérable du côté droit, des hémoptysies et aucun autre symptôme pulmonaire ou cardiaque permettant d’éclairer le diagnostic étiologique de cet épanchement : si bien que tout d’abord l’on songea à une pleurésie tuberculeuse.
Une ponction donne issue à un liquide pleural légèrement hémorragique et très fibrineux.
L’examen cytologique montre des placards endothéliaux nombreux, quelques lymphocytes, des globules rouges, et surtout la présence d’abondantes cellules d’un volume considérable, plus grand que celui des cellules endothéliales ordinaires.
Examinés à l’état frais entre lame et lamelle, ces éléments paraissent remplis de granulations réfringentes, de vacuoles rappelant celles que l’on constate dans le protoplasma des cellules endothéliales en train de se détruire. Coloré, le protoplasma de ces cellules est comparable à une sorte d’écumoire, tellement sont nombreuses, les vacuoles ; le noyau présente sur quelques cellules des figures de kariokynèse ; sur d’autres, il apparaît comme formé de traînées filamenteuses enchevêtrées, mais sur toutes il est gros et d’un aspect spécial.
La présence de ces éléments nous fait aussitôt penser à la nature néoplasique de l'affection et porter le diagnostic de cancer pleuro-pulmonaire.
L’épanchement ponctionné se reproduisit presque aussitôt et la malade mourut de cachexie quelque temps après.
I/autopsie ne put être pratiquée complètement et l’on ne put obtenir que le poumon malade.
L’on constate, comme dans le cas précédent, que le poumon est rempli de noyaux profonds et superficiels ; mais ces derniers presque tous sous-pleuraux, soulèvent la plèvre et ne semblent pas s’être développés à sa surface ; en quelques points, on remarque à la surface du poumon des traînées de lymphangite cancéreuse. La plèvre, légèrement épaissie au niveau des noyaux pulmonaires, apparaît normale dans toutes les autres régions .
L’examen histologique nous montra qu’il s’agissait d’un sarcome à grosses cellules rondes avec lymphangite considérable sans extension à la séreuse. 11 s’agit d’un cancer beaucoup plus pulmonaire que pleuro-pulmonaire.