OBSERVATION V
Pleurésie purulente au cours d’un pneumothorax droit. Perforation pulmonaire. Pleurotomie et
thoracoplastie.
Mme B.., 32 ans. (Docteur Dumarest).
Pneumothorax droit créé à Davos, en 1924, pour tuberculose ulcéreuse étendue à droite (Docteur Gwerder Pédoja). La température reste très irrégulière. L’expectoration persiste bacillifère.
Le 23 août 1924, pleurésie à grand fracas. Les signes généraux persistent trois semaines, mais la température tombe complètement au bout de ce temps, et les bacilles disparaissent de l’expectoration.
Pendant le séjour à Davos, qui s’est prolongé 26 mois, l’'épanchement nécessite une dizaine de ponctions ramenant constamment du liquide clair.
La malade vient à Paris en 1926, s’y marie en 1927, et garde toutes les apparences d’une santé parfaite.
En janvier 1928, ascension brusque de la tempéra-
ture entre 39° et 40°. Les ponctions ramènent du liquide purulent, | ;
L'évolution paraît cependant favorable, lorsqu’en juin 1928 une vomique et des signes généraux graves font faire le diagnostic de perforation pulmonaire.
La malade arrive à Hauteville en août. La température est à 40°, et l’état général décline rapidement. Les vomiques se succèdent, et cliniquement et radiologiquement des signes discrets se précisent au sommet opposé, qui font repousser l’idée d’une intervention chirurgicale immédiate.
Des ponctions nombreuses, associées à des lavages à la solution iodo-iodurée, sont pratiquées à des intervalles de 10 à 15 jours; chaque lavage est suivi d’une chute de la température, qui remonte ensuite lentement. Mais l’état général décline si rapidement et si progressivement, qu’on se décide à une pleurotomie pratiquée le 20 novembre 1928. Malgré un écoulement considérable de pus par le drain, et bien que la température reste irrégulière, l'amélioration de l’état général et des signes relevés à gauche, sont si remarquables qu’ils conduisent à poser l'indication d’un traitement plastique de la cavité.
Une thoracoplastie paravertébrale, en deux temps, est pratiquée par le Professeur Bérard, au Sanatorium Mangini, et terminée le 12 mars 1928, sans incidents.
A partir de ce moment, la cavité pleurale est réduite à une mince fente verticale qui nécessite le maintien d’un drainage et sécrète 15 à 20 cc. de pus, par jour. Le poids est en progrès, la température régulière. Mme
B.. marche et se. sent revivre. L’expectoration n’est plus bacillifére, les lésions de l’apex semblent inactives.
En février 1930, dernière intervention plastique tendant à effacer définitivement la cavité. La malade succombe quelques jours plus tard à une généralisation à gauche.