‹ La Pleurotomie: dans le traitement des pleurésies purulentes tuberculeusesChapitre 36 sur 44 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Pleurésie purulente au cours d'un pneumothorax gauche. Perforation pulmonaire. Pleurotomie.

Mile B..., 27 ans (Docteur Philip).

Entrée au Sanatorium à Hauteville, le 24 mars 1927, pour tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse du lobe supérieur gauche, avec grosse caverne du sommet et une infiltration fibro-caséeuse de la presque totalité du poumon. Température à 39°, mauvais état général.

On commence un pneumothorax artificiel le 26 mars 1927. Mauvais collapsus par suite d’une adhérence du sommet. Malgré cela, résultat immédiat assez bon (toux et expectoration diminuées, poids en augmentation). Un petit épanchement séro-fibrineux avec température à 39° est reconnu le 7 mai. Le 7 juillet, point de côté violent, température à 40°8, pas de signes de

perforation; mais le liquide est louche. Une première ponction retire 600 cc. de pus où l’examen révèle des bacilles de Koch sans microbes associés.

Les 18, 21 et 30 juillet, nouvelles ponctions suivies de javages de plèvre au Dakin. Les phénomènes généraux sont en rémission.

En décembre 1927, signes de perforation pulmonaire évidente: la malade a des vomiques fractionnées et accuse le goût du liquide de Dakin au moment des lavages pleuraux. On pratique deux ponctions, mais les vomiques se multipliant et l’état de'la malade s’aggravant, on décide une pleurotomie.

Celle-ci est pratiquée le 1* avril 1928 avec drainage discontinu et est très bien tolérée. Le drain ouvert matin et soir donne issue à 100 gr. de pus, quantité qui diminue rapidement, pour être réduite à 100 gr. par Jour, que l’on retire en une fois.

Du jour au lendemain la fièvre a disparu, et parallelement, l’état général s’est transformé. La malade reprend 8 kilogs, suit le régime et le genre de vie normale des pensionnaires du Sanatorium. Son drain ne la gêne plus, et ne laisse plus s’écouler chaque matin qu’à peine 50 cc. de pus. Un lavage de plèvre est pratiqué chaque semaine.

Le drain est retiré le 12 mars 1930. Depuis les trois derniers mois l’écoulement était à peine de 30 cc. par jour. Après la supression du drain, le liquide qui suinte seulement a notablement diminué (10 cc. en moyenne), Il est bien moins épais. Petit à petit, grâce à l’héliothérapie, on arrive à l’assèchement complet

ne

avec réparation de la paroi (juin 1930). La thoracoplastie peut être envisagée chez cette malade. Elle quitte Hauteville en très bon état en juillet 1930.

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