‹ La pluie et le beau tempsChapitre 11 sur 33 · PERCE-NEIGE · texte numérisé non relu

PERCE-NEIGE

A Madame Paul Fort.

Il l'ait si triste, il fait si tard, C'est telle pâleur sur face sans fard, C'est la chute lasse des voiles le long des mâts La trop morne paix d'un soir de frimas Comme une vie qui glisse sur la neige Et la divine Perce-Neige La retrouvera-t-on sous le ciel, si tard, La belle survivante que nulle mort ne désagrège?

On a torturé la petite Perce-Neige, On lui met aux doigts des cadenas, On peinturlura sa simple robe de jaconas De Sioux hurlant sur des pistes.

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Tous les périls h Pimprovislc Fondaient sur son corps de pèche ; Sous SCS oripeaux (pi'on décora, Se reconuail-ellc la |)cliie Perce-Neige?

C'est une pure et Tréle lillellc Qui soufTrc au contact et geint au dormir, Des folioles pjiles parent ses mains nettes,

Ses mains trop blanches comme cire, Elle rêve un retrait loin des turbulences Des rois d'hiver, de printemps et d'été. Ses yeux sont couleur de feuilles d'automne

Et ses pas ont toujours glissé, Mais sa voix est frêle comme une chanson de source, Et ce sont de lourds charrois qui sont passés Tout le jour entier aux routes du désir, Charriant le gros vin en lourdes tonnes

Vers des halles, près des Bourses.

Il fait si tard et si perclus, Voici passer un chœur d'élus Devisant de l'amour et de la mort.

Puis c'est un cheval sans mors Qui s'ébroue dans les avenues, Le chœur des élus lui donne tort.

Autrefois elle aimait marcher Par les sentiers pleins d'églantines.

Elle savait trouver les muguets des ravines, Tandis que les bons hôtes S'en allaient fouiller leurs mines Ou cultiver leur verger.

Maintenant c'est l'hiver sur la ville ; Il fait un ciel noir de suie Et nul regard doux n'essuie Les douleurs qui la vrillent,

Elle s'étendra un soir de verglas Sous ce ciel si tard, sous ce ciel si las. Sous le ciel sans au-delà De la riche, trop riche ville.

coutî:ges a la mer

A ma fille Lucienne.

La nef aux rames tranquilles

Aborde au plaisir.

Sa quille elUeure les coquilles

Du sable de la rive.

Le vizir descend d'abord, La cage des perruches arrive, Puis la sullanc et le sultan ; Le bon peuple bée et attend

A d'autres rives,

11 attendra tant.

La mer est une imagellc

Qui reflète un ciel gentil,

Un bon ciel que le peintre guette,

Bleu ciel pour tente de coutil.

Et le prince et la princesse Oh figurettes! oh figurines!

Descendent sur la douce mollesse

Du sable de la rade.

Oh figurines ! oh figurettes !

Et puis saluent et font trpis fjàs

A la parade

En belle toilette.

Trois pas vers le trépas, Altesses, Et pour qui? la grève des fous :

A trop. remué les cailloux

De la terre plane.

La grève s'aggrave, L'émeute grimpe aux drapeaux ; Les jardins de betteraves Pour le sucre et les troupeaux Le populaire les dévora, ^ i Un soir d'émeute de gala.

11 mange tant.

Ah ! temps perdu, qui rappellera Sur la vaguette, le passage D'un vrai cortège de rois.

• On caqueté à voix d'aras.

CORTÈOL- \ 1, A UER

On piaillo, on épie, on Hécrèle, Les coqs hérissent leurs créles Dans les basses-cours.

Sonl-ce des rois, des étrangers?

Des grands ambassadeurs de cours,

Des rciidataircs !

Voyez leurs servantes coquettes !

Ecoutez les cbainbellans se taire !

Ou sont-ils histrions en voyage!

Las ! bonnes gens ! c'est la destinée C'est le mirage Familier Dont vous êtes sans cesse en quête, Ils viennent à votre ardente requête •Mbîs. bonnes gens, vous n'avez pas vu, Kt vous l'auriez .vu, n'auriez reconnu Votre rèvc à nu.

fut

LIED

Fils de roi, fils de roi Vous vous en irez quand sonnera l'heure. Dame, je ne sais.

Fils de roi, fils de roi La bruyère est courte, pour Félan d'une heure. Dame, je ne sais.

Fils de roi, fils de roi La terre est plus belle au loin de ce palais Plus large à chevaucher au gré du bon varlet. Dame, je ne sais.

LIED 53

Si tu savais i»liis, mauvais écuyer,

Près de mou rouet, saurais le garder.

Fils de roi, flis do roi Vous m'avez caché bien des chevauchées.

Dame, je ne sais.

LIED

.4 Félix Fénéon.

La face si pâle dans la rose Luzerne, luzerne, on y vole.

La face si pâle, en ses pleurs, rosée D'incarnat de douleur menacée — Aux avènerons broutent les destriers.

On ne parle plus, aux châteaux de décembre. — Greniers pleins de blé, de blé mûr, on y vole ; Pourquoi pleure la face en cette matinée

La face si douce, aux roses pourprées. — Les caves de vin, Messires, on y vole.

C'est mirage de rêve, la face de destinée — Luzerne, luzerne, nourris les destriers — C'est mirage de fol espoir les pleurs de rosée

LIED 55

De Viviane de douleur menacée — Aux avènerons broiileiil les destriers — Chi\teau de déccmlirc aux parterres de roses Les fourriers d'infini aux portes ont frappé.

Dame Viviane a lorcé Si souvent là iune -à danser.

Dans ses coffres on y vole — Les varlets de noir habillés Forceront Viviane à danser. — Alix avènerons s'ennuienl lés destriers.

A Mademoiselle Camille PlatlccL

La pluie tend des écharpes grises

Aux ailes immobiles des moulins,

La mer de cendre s'immobilise

En un ciel couleur d'âtre éteint.

Pas un oisillon qui pépie Les lièvres terrent leur peur en folie Dans les sapinières au vert plus verni

Sous l'âpre rosée de la pluie.

Et se hâtent les mantes noires Des paysannes au grand trot.

Le village est si loin dans l'herbe, Si loin l'âtre au large manteau

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