FOLIOLES
A Madame A. Slremel.
Sur les jardinets iléricuris Sur des carrousels de folioles
Uq peu Folles, Octobre verso ses mélaticolics.
Il revêt les heures jolies,
Plus peureuses au tomber du soir,
D'un mantelel d'or terni
D'un capucc de velours noir.
Les folioles dont la vie s'achèvo Une fois encore dansent les menuets Démodés, en leurs robes fanées;
Une révérence, encore et puis le vent Au rythme de son fifre strident Les emmène par la nuit et la grève Les folioles mi-folles.
PAYSAGE
.1 Madtimf Trinilt' [.(troslr
C'est par un morne soir du monde — La fatigue d'un dieu pèse sur l'horizon Et les marais éplorent de leur prison De muets émaux de deuil et d'infini Par un soir de crépuscule du monde.
Là sont passés .de p&les pâtres en déroule
Devant les éléments ennemis, Des douloureux quêtant la bonne roule
Vers le lemple dont l'image guérit, Lu chevauchait seul et distrait le bon Tristan Loin des gloires et tournois du monde, Et les bons ermites clôturaient de gazons Leurs cœurs endoloris du spectacle du monde.
C'est par un morne soir d'automne indénni Des vols de milans volulent au ciel clos
Des pasteurs géants miroitent sur les eaux Dormantes Leurs fantasques troupeaux éclos au firmament ;
Vers le nord de rêveuses géantes S'abritent du silence sous le lourd pli de mante Du crépuscule morne.
Là sont passés des oiselets amants, Pérégrinant leurs baisers des solitudes, Et de calmes errants sous la mansuétude D'un ciel d'autrefois, or, argent, diamant bleu Egrenaient leurs chapelets de rêve Loin des fanfares au passage des preux.
Par le morne horizon sur l'amplitude de la forêt Des voix chuchotent dans l'exil — Sur les rochers qui dorment aux iles De funèbres oiseaux blancs se sont posés ; Non loin, le batelier des morts tend ses filets.
Vers l'âme de Marie salvatrice du monde
Appareille l'écho du cloître désolé ; De vagues voix, et longues et blanches, par le silence
Murmurent un regret d'une terre d'autrefois Peuplée d'oisillons d'or beaux messagers des rois.
STEAMI<:il
A Paul Fretin.
Une rumée à rostuaire du fleuve, Fumée laide de charbon,
A bouillons grotesques sous les pavillons De candeur du ciel et ses paillons de lumière.
Phantasme du costume d'une veuve Pour la mort d'un vieux dieu des marécages —
Une Tumce blafarde à l'estuaire du fleuve.
Et s'avance le train puissant d'un vapeur En route d'Amériques et de toisons de cuivre. Des formes hâves aux bastingages Se penchent aux courtes Circés du sillage. De plus pales faces se groupent aux cambuses Cependant que le pas long du capitaine, Son pas long et calme sous la nue croque-mitaine Rassure de sa régularité de pendule.
C'est solide abri et réconfort contre le sort, Ce pas solide de marin tanné, de marin saur.
Les peurs imaginaires d'un grain.
Se dissolvent; sur ce bord L'ivraie pullule :
Peaux de bique, forêts de crins, Italiens trapus aux couteaux à ressort, Allemands durs et longs comme trique Dont ce steamer dote la tentante Amérique.
Le vaisseau blanc brille comme un albatros. Verni de neuf sur une enseigne, On perçoit des discours aux rostres D'une boutique cérulée A Hambourg, sur les quais Express-départ pour Golconde, Et les flambois de bouche rotonde Embauchent le conquistador Epris de telles rades d'or Qu'il ne peut voir sa poche qui saigne.
Sur la mer de dol, qu'elle engloutisse ou qu'elle transporte Des désolations vers les mornes portes Qui ferment le palais des illusions mortes Aux amants d'aventure fructueuse à foison,
STEAMKIl 7
La fumée du vapeur croule cri aspect do spcclrc. Sur l'csluaire du fleuve, dos vies grises s'envolent
En un lilcl de l'uniéc, leur symbole Cumme au pont, près des chaloupes et des anspccls, Glisse une Iragique cargaison Vers des cmbgcUes d'Arn»'i i'ino.