SOIR A LA MER
La mer sourde pousse en crêtes de craie
Ses vagues montantes du trou noir d'horizon,
Les lumières des barques-phares sur la jonchaie
D'ombres au plus lointain du son Tressautent, perroquets maladroits, qui épellent Quelque monotone et de tous soirs nouvelle.
Le vent à grands coups d'aile, chasse le nuage noir, Des étoiles s'éveillent au ras de l'entonnoir Où gémit la grande rumeur monotone.
Sur la berge au lointain, un feu tremble Dans son manteau tordu de fumée noire Quelque feu singulier et timide de pauvres, Ou louche et pauvre des gens timides de la maraude, L'œil rouge d'un steamer luit à l'estuaire sombre.
sont A I.A MER 07
Les (lunes dunneiit roiitlcs comme botes couchées Comme bisons à bosse énurme, Réche, aux Ions vcrdâlres d'écorce ; L'arabesque de la voie lactée
Sourit en mignardcs chapelles de clarté, Tant que le vent rassemble en troupeaux d'ombre
Sur la large mer ses palais en décombres.
PAYSAGE
A Louis Hayet.
L'automne a jeté des fleurs ardentes Au flanc des dunes où l'été murmurait Ses conseils de somnolence et de baisers. L'automne a paré ces terres qui vont dormir D'un éclat de cierges et de chapelle ardente Et le sol gris sous sa caresse s'est lilacé.
L'automne flambe les arbrisseaux Et les éclate de baies rouges comme lèvres, Le retrait d'herbe verte gardé d'arbresle, D'où tranquille, je regardais jouer les faulx Des labeurs dans l'étendue ouverte, Semble tapis d'or mat à futaies violentes de coraux.
PAYSAOK 99
Les ruraux traquent les perdreaux
Leurs fusils broient le silence.
Automne en sa splendeur de ciel indifTérent,
Dételle ses chevaux de nonchalance Et son char luit gemmé de diamants orangés, Et ses harnais llamboient de topazes en turbulence.