‹ La pluie et le beau tempsChapitre 7 sur 33 · LES BEAUX CAPTIFS · texte numérisé non relu

LES BEAUX CAPTIFS

C'était sous un ciel de turquoise et de mica Immobile et posant comme une belle tenture, Armure de splendeur fixe, inllexible clôture A Tcssaim des songes vers les caprices de I&-ba«, Un grand jardin pompeux, robe d'un rare palais.

Aux largos baies do marbre de la façade D'hermétiques étoffes d'or tendues comme pavcsadc Et les marches des perrons ctincclaient D'un solitaire et fixe éclat de lumière de lait.

Les allées du jardin savamment colorées Du sable riche des mers orientales Convergoaieiit, majestueuses, vers une étoile D'onde pure aux rutilances de métal Qu'aucune bizarrerie du vent ne ridait.

Les arbres étaient aussi strictement droits Que les nombreux barreaux d'une très haute grille Ornée et façonnée de feuillages d'aiguilles, Buissons de fer doré, gardiens aux durs octrois.

Des passages muets de manteaux d'écarlate Aux épaules des seigneurs décorés de pierreries Eclairaient d'un surplus de feux les avenues ; Des soleils luisaient vers les bancs où leurs haltes Saluaient un instant des dames revêtues Du trésor de couleurs ardentes et de diamants Que conte à l'homme la parure du soleil couchant.

Et le jardin enclos de ses lances dorées, La paresse des paroles autour des vasques de pureté, La rareté du geste sous ce ciel hermétique Et sur ce sol ensommeillé Suggéraient au poète Au ras de celte splendeur arrêtée dans sa quête D'air d'ombre, de danses vives, de sources fraîches L'idée d'une cage colossale et bariolée

Où de gros oiseaux pavaneraient

En livrée de luxe et de paresse Sous l'œil indolent et impassible du soleil.

VIEILLES MlSigUES

La llùtc exhnic un mineur fané Près (le la sensible guitare.

L'épincllc suit d'un air laissé Le mineur d'allure incertaine D'un vieux flonflon de Grisar.

C'est la folle et le bal La valse tourbillonne !

0 jeunesse brouillonne, 0 mil huit cent ({iiaranle !

Elle belle et bonne Et lui bien fatal.

Lucie se lamente à la grève Inès aux grilles du couvent; Les murs de glace du néant

Enserrent Raoul et Valenline ; Si l'Alcazar est un beau rêve Cyihère est un lieu charmant Tout près du balcon de Rosine.

Le page et le capitaine Conversent avec l'écuyer, La chasse corne, ton- ton, ton-laine, L'Eternel est un bouclier Pour Moïse ou le bon croisé, Guillaume sur les glaciers Écoute la plainte lointaine Du plus alpestre des chevriers Et Jeannette file la laine.

Dans la salle où des pastels Chantent d'autrefois jeunes romances De coloris fraîcheur d'innocence, Elles étaient douces ! pensaient-elles, Ils étaient si troublants de vaillance.

Pour finir en pleine gaieté Ils entament une styrienne Puis autour de la tasse de thé Chevrotent les amours anciennes.

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