‹ La pluie et le beau tempsChapitre 8 sur 33 · HAMEAU DE FRONTIERE · texte numérisé non relu

HAMEAU DE FRONTIERE

Le hameau dormant dans les friches près de la mer Entre les plates terres, mousseuses de bruyères S'éveille lorsque le pas d'un passant frappe la pierre De Tunique rue, entre les cahutes blanches, prisonnière.

Des lueurs d'yeux épient, à travers les rideaux ; Est-ce porte-balle, anii rôdeur de route, Bon compagnon fraudeur des bidons d'eau-dcvic Ou le terne douanier, chasseur qu'on redoute ?

Est-ce le pas scandé du gendarme Mandé par quelque quotidien vacarme Celui de la veille, ou de l'avant-veillc ? Les hommes sont cachés dans l'appentis avec une arme Et la conscience du village guette — ce sont les vieilles Mentant sur leur seuil la misère et les larmes.

Les pas s'effacent, au loin, vers l'horizon, La ruelle se remplit de traînantes chansons ;

Les vieilles marmottent grâces à Dieu; La conscience du hameau s'est encore assoupie ; Gamins et hommes, sans parler (parler nuit), De toute leur large bouche carnassière, rient.

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