‹ La plume des oiseauxChapitre 26 sur 110 · LES BENGALIS · texte numérisé non relu

LES BENGALIS

LA

tude à l'éducation de leurs petits. En leur procurant, à l'époque de la mue et à celle des couvées, un climat artificiel de 20 à 29 degrés, on est certain d’en tirer de nouvelles générations

FiG. 26. — L’Astrild ondulé fEstrelda undulata).

et d'en jouir sept à huit ans, terme ordinaire de leur vie. Il est vrai que plusieurs d’entre eux, le Mariposa /Bengalus) surtout, ressentent le besoin de se repreduire, et nichent même sous une température moins élevée; mais alors les femelles périssent à la ponte, ou tombent dans un état de souffrance

qui ne leur permet pas de couver leurs œufs et que suit de près la mort. La chaleur que j’indique leur est donc de toute nécessité et d'autant plus indispensable, pour prévenir le malheur de les perdre qu’elles couvent presque toujours en automné et en hiver. On pourrait néanmoins mettre un frein à leurs désirs amoureux et en retarder les effets, dans cette saison, en séparant les mâles des femelles; mais de cette manière on n'aurait à espérer que deux couvées dans l’année. Ces oiseaux muent pendant une partie de notre été, depuis le mois de mai jusqu’à celui d'août. Cette maladie, qui n'a lieu qu’une fois par an, n’apporte aucun changement dans leurs couleurs.

« Le mâle est très attaché à sa compagne; souvent on le voit chanter son amour auprès d’elle, et, tenant au bec un brin d’herbe, exprimer la vivacité de ses désirs en frappant du pied la branche sur laquelle il est posé. Il cherche avec elle les matériaux propres au nid, l’aide à le construire et partage même les fatigues de l’incubation. Le centre d’un arbrisseau très garni de feuilles est l'endroit que préfère la femelle pour y placer le berceau de sa nouvelle progéniture, elle lui donne la forme d’un melon, ou, suivant l’espèce, telle que le Sénégala, celle d’un œuf d’autruche, contourne avec adresse les herbes sèches qui sont à l'extérieur, et en tapisse le dedans avec des plumes. Les plumes leur sont même si nécessaires que, quand elles leur manquent, la femelle se olisse sous le ventre des oiseaux qui sont à sa proximité et même sous celui de son mâle, et leur en arrache avec beaucoup d'adresse et de vivacité. C’est sur cette couche mollette qu’elle dépose quatre ou cinq œufs. L'entrée du nid est sur le côté; le bord intérieur est garni de petites touffes de coton attachées de manière qu’en sortant du nid ces oiseaux les font revenir en dehors pour en cacher l'ouverture, et les font retomber avec eux en y rentrant. Les petits naissent couverts

d’un duvet brun ; le père et la mère les élèvent avec beau-

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coup de soins et d’attentions, et leur dégorgent les grains à demi digérés dans le jabot, à peu près comme les serins. Ils joignent à cette nourriture les insectes, particulièrement les chenilles non velues et les larves, dont ils sont très friands : ce dernier aliment est presque indispensable pour les jeunes, surtout dans les premiers jours de leur naissance. Outre l’alpiste que tous les Bengalis et Sénégalis préfèrent lors qu'il est en épi, ces oiseaux mangent avec plaisir les graines tendres du mouron, de la laitue et du sénecon. »

Chasse. — Au Sénégal, on prend les Bengalis et les Sénégalis sous une calebasse qu’on pose à terre, en la soulevant un peu, et en la tenant dans cette situation par le moyen d’un support léger auquel est attachée une longue ficelle, Quelques grains de millet servent d’appât. Les Sénégalis accourent pour manger le millet ; l’oiseleur qui est à portée de tout voir sans être vu, tire la ficelle à propos, et prend tout ce qui se trouve sous la calebasse,

Les Paddas. — Parmi les passereaux exotiques se distinguent les Paddas ou passereaux de rizières, dont le nom désigne, en langue chinoise, le riz qui n’est pas encore dépouillé de sa balle. En fait, le riz est la principale nourriture de ces oiseaux, et les champs qui en sont ensemencés ont fort à souffrir de leurs déprédations.

Mœurs et habitat. — « Semblable à nos moineaux friquets, dit Bernstein, le Padda oryzivore (fig. 27) habite exclusivement les lieux cultivés et y est très abondant. Lorsque les rizières sont sous l’eau, du mois de novembre au mois de mars ou d'avril, les Paddas se tiennent par paires ou par petites familles dans les jardins, les bosquets, les buissons, se nourrissent de grains, de petits fruits, d'insectes ; je les ai souvent vus sur des routes, où il leur était difficile de découvrir autre chose que des insectes, et plusieurs fois je vis dans leur estomac des restes de coléoptères. Mais dès que les rizières commencent à jaunir, que l’eau s’en écoule,

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