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ils s’y rendent souvent en bandes innombrables et y causent de tels dégâts, qu’on met tout en œuvre pour les éloigner. Dans les endroits infestés d'ordinaire par ces pillards ailés, on dresse dans le champ une ou plusieurs guérites, montées sur quatre pieux en bambou, et d’où partent des fils, attachés de l’autre côté à des perches de bambous, plantées dans tout le champ ; on suspend à ces fils de grandes feuilles sèches, des chiffons de couleur vive, des poupées, des crécelles, etc. Dans la guérite, comme une araignée dans sa toile, se tient un indigène, tous les fils en sa main; il les tire, et aussitôt les feuilles sèches s’agitent, les chiffons se remuent, les crécelles font du bruit, et, effrayés, les Paddas s’envolent. Après la moisson, jusqu’à la saison des pluies, vers le mois de novembre, ces oiseaux trouvent encore dans les rizières une nourriture abondante. Nombre d’épis sont restés à terre ; quantité de mauvaises herbes s'élèvent rapidement au milieu des chaumes, et leur offrent des graines en abondance. A ce moment, ils sont gras et fournissent, les jeunes surtout, un mets assez recherché.
« À l'exception des enfants qui capturent les Paddas pour s'en amuser, en leur attachant un fil à la patte en les faisant voler dans les rues, les marchands sont seuls à tenir des Paddas captifs pour les vendre aux matelots et aux passa gers. »
Caractères. — Le Padda oryzivore est d’un gris cendré; ses flancs sont nuancés de rose; la tête, la gorge et la queue sont noires ; le bec est rose vif; les pattes rouges; les joues blanches. On compte de nombreuses variétés dans l'espèce ; l’une de ces espèces est d’un blanc de neige. Les Paddas se trouvent dans tout le sud de l'Asie; à Java, à Sumatra. On en amène de grandes quantités en Europe, et nos marchands d'oiseaux en ont toujours en nombre à leurs vitrines.
Captivité, — En cage, le Padda est remuant, querelleur ;
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son chant est insignifiant, En volière, à l’air libre, il résiste, même l'hiver, à la condition qu’on lui mette en quelque coin une botte de paille dans laquelle il puisse s’enfoncer par les grands froids,
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FiG. 27. — Le Padda oryzivore.
Nous avons eu en volière une paire de ces oiseaux qui avaient trouvé, pendant un hiver rigoureux, un singulier moyen de se tenir à l’abri du froid. La volière était habitée par des serins, des chardonnerets, des verdiers, une perdrix rouge bien apprivoisée, deux tourterelles et nos deux Paddas. Un soir qu'à la lumière d’une lanterne nous visitions nos oiseaux, nous fûmes fort surpris de ne point découvrir les Paddas ; nous cherchâmes longtemps, mais en vain. Le len-
demain, au jour, nouvelle visite; les Paddas se prélassaient, gais comme des Paddas dont le sommeil n'avait point été troublé. Au crépuscule, nous guettâmes ces deux oiseaux, afin de savoir en quel réduit ils s’abritaient la nuit. Ce ne fut point sans surprise que nous les vimes tout à coup s’élancer après un des perchoirs et s’y suspendre chacun, précisément au-dessous d’une tourterelle, déjà en place pour faire sa nuit. Ainsi posté, chaque Padda ne tardaiït pas à exécuter un véritable rétablissement et à s'installer sans façon, entre les pattes de la tourterelle dans les plumes de laquelle ïl comptait passer la nuit. Tous les soirs, tant que dura l'hiver, nos deux Paddas se livrèrent au même manège. On ne découvrait de tout leur corps, une fois qu'ils étaient ainsi gîtés,
que leur bec rose tranchant sur la coloration du plumage des
oiseaux qui leur donnaient si charitablement l'hospitalité.
Les Cotingas. — Distribution géographique. — Les Cotingas (Ampelis) forment un genre de l'ordre des Passereaux, dentirostres de Cuvier et insectivores de Temminck. Ces oiseaux, de la grosseur d’un Merle, vivent solitaires dans les forêts profondes et dans les creux des marécages de la Guyane et du Brésil. On les rencontre surtout dans le voisinage des palétuviers.
Caractères. — On les reconnaît à leur queue médiocre et élargie, à leur bec court, légèrement déprimé, plus haut que large, dur solide, triangulaire à la base, comprimé et un peu convexe en dessus, fléchi à la pointe et très fendu. Ils se distinguent par des couleurs brillantes dans lesquelles le carmin, le pourpre et l’azur dominent à l’époque des amours. Ce moment passé, les couleurs s’amortissent. La coloration est d’ailleurs, comme chez la plupart des oiseaux, plus vive chez le mâle que chez la femelle.
Régime. — Ils vivent de fruits, de grains et d'insectes. Ce ne sont point des oiseaux chanteurs, c’est tout au plus s’ils font entendre un sifflement monotone ou une voix en-
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rouée. On leur fait la chasse, non pour la délicatesse de leur chair, mais pour la beauté de leur livrée, dont les religieuses du Brésil mélent les plumes aux bouquets destinés aux cérémonies du culte. Ces oiseaux sont assez recherchés pour qu'on en apporte chaque année des quantités considérables à Rio-de-Janeiro, préparés en peaux.
Classification. — Il existe plusieurs espèces de Cotingas. Les plus connus sont l’Ouette (Ampelis carnifex); le Pompadour (A mpelis ie ie et le Cordon bleu (Ampelis cotinga).
& Il est peu d'oiseaux, dit Guénau de Montbéliard, d’un
aussi beau plumage que les Cotingas : tous ceux qui ont eu occasion de les voir, naturalistes ou voyageurs, en ont été comme éblouis et n’en parlent qu'avec admiration. Il semble que la nature ait pris plaisir à ne rassembler sur sa palette que des couleurs choisies pour les répandre avec autant de goût que de profusion sur l’habit de fête qu’elle leur avait destiné. On y voit briller toutes les nuances de bleu, de violet, de rouge, d'orangé, de pourpre, de blanc pur, de noir velouté, tantôt assorties et rapprochées par les gradations les plus suaves, tantôt opposées et contrastées avec une entente admirable, mais presque toujours multipliées par des reflets sans nombre qui donnent du mouvement, du jeu, de l'intérêt, en un mot, tout le charme de la peinture la plus expressive à des tableaux muets, immobiles en apparence, et qui n’en sont que plus étonnants, puisque leur mérite est de plaire par leur beauté propre, sans rien imiter, et d’être eux-mêmes inimitables.
Toutes les espèces, ou, si l’on veut, toutes les races qui composent la brillante famille des Cotingas appartiennent au nouveau continent. Il paraît qu’ils ne se plaisent que dans les pays chauds; on ne les trouve guère au delà du Brésil du côté du sud ni au delà du Mexique du côté du nord.
Habitudes. — Tout ce qu’on sait de leurs habitudes, c’est
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qu'ils ne font point de voyages de long cours, mais seulement des tournées périodiques qui se renferment dans un cercle assez étroit. Ils reparaissent deux fois l’année aux environs des habitations et, quoiqu'ils arrivent tous à peu près dans le même temps, on ne les voit jamais en troupes. Ils se. tiennent le plus souvent au bord des criques, dans les lieux marécageux; ce qui leur a fait donner par quelques-uns le nom de Poules d’eau. Ils trouvent en abondance, sur les palétuviers qui croissent dans ces sortes d’endroits, les insectes dont ils se nourrissent, et surtout ceux qu’on nomme hkarias en Amérique et qui sont des poux de bois suivant les uns et des espèces de fourmis suivant les autres. Les créoles ont, dit-on, plus d’un motif de leur faire la guerre : la beauté de leur plumage, qui charme les yeux, et, selon quelques-uns, la bonté de leur chair, qui flatte le goût. Mais il est difficile de concilier tous les avantages, et l'une des intentions fait souvent tort à l’autre; car, en dépouillant un oiseau pour manger sa chair, il est rare qu'on le dépouille comme il faut pour avoir son plumage bien conservé. Cela explique assez naturellement pourquoi, tous les jours, il arrive d'Amérique tant de Cotingas imparfaits. On ajoute que ces oiseaux se jettent aussi sur les rizières et y causent des dégâts considérables. Si cela est vrai, les créoles ont une raison de plus pour leur donner la chasse... »