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d'Amérique. Partout où il se trouve, il vit par troupes plus ou moins nombreuses, qui changent de cantons, au fur et à mesure que les fruits qui leur conviennent diminuent en un endroit, et arrivent, au contraire, à maturité dans une autre contrée. Ces émigrations qui n’ont rien de régulier, com- . mencent aux premiers jours d'octobre. Dès cette époque, les Dindons sauvages s’assemblent et s'enfoncent peu à peu vers les riches contrées de l'Ohio et du Missipipi ; les mâles faisant bande à part et laissant les femelles et leurs petits chercher, … de leur côté, leur nourriture. Si longues qu’elles soient, les pérégrinations se font toujours à pied; rien neles interrompt que les accidents inattendus qui forcent toute la troupe à prendre son vol. Le plus souvent, c’est l’irruption d'un 4 chien, l'apparition d’un chasseur qui sèment la panique. D'autres fois, c’est que la route est barrée par une rivière, qu'il faut nécessairement franchir, si l’on veut gagner les ” pays qui produisent les fruits préférés. Alors, les Dindons se réunissent sur les tertres les plus élevés ; les mâles y crient, … font tapage, marchent en se rengorgeant; mais tout ce monde emplumé semble se concerter et les délibérations: à durent parfois plus d’un jour entier. La décision prise, cha- ;
cun gagne le sommet des arbres les plus élevés et, à un signal convenu, sur le gloussement du chef, toute la troupe prend son vol pour la rive opposée. Les plus vigoureux arrivent, sans encombre, jusqu'à la terre promise, mais f beaucoup dont les ailes sont encore trop faibles tombent à l’eau et ne parviennent à atteindre le bord qu’au prix de grands efforts. On voit alors ceux que leurs forces 14
ont trahis se trémousser dans l’eau, serrer les ailes contre le corps, épanouir la queue, étendre le cou et agiter les jambes avec une certaine méthode qui leur permet d'avancer rapidement. Au moment d'atterrir, s'ils trouvent la berge trop escarpée, ils se laisseut aller à la dérive jusqu’à ce que S
le courant les ait amenés à un endroit plus accessible. Une
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fois à terre, ces pauvres oiseaux paraissent pris d’une espèce de folie qui les pousse à courir en tous sens pendant quelques instants; leur égarement est tel, qu'ils ne voient pas le danger. Vers le milieu de novembre, les Dindons, disséminés par petites troupes, ont à peu près dévoré tous les fruits des contrées qu’ils ont parcourues. Aussi les voit-on, oublieux de leur prudence instinctive, se rapprocher des fermes, s’y mêler aux oiseaux de basse-cour, y picorer avec eux dans les auges et s’introduire jusque dans les resserres à grains. Lorsque cette ressource leur fait défaut, ils vivent de peu, dans les bois, pendant l’automne et une partie de l'hiver.
Dès le milieu de février, l’accouplement a lieu; ce sont alors, entre les mâles, des combats acharnés qui souvent se terminent par la mort d’un des prétendants.
Vers le milieu d'avril commence la ponte. La femelle fait son nid à terre, dans une excavation creusée à côté d’un tronc d'arbre, en un sol bien sec; elle pousse là quelques feuilles, sur lesquelles elle dépose de dix à quinze œufs d’un blanc de crème, semés de points rouges. La femelle couve ardemment, au point de ne se pas déranger à l'approche de l’homme, surtout lorsque les œufs sont près d’éclore. On a vu des couveuses qui se laissaient enfermer, sans tenter de fuir, au milieu de palissades dans lesquelles on les emprisonnait.
Les petits marchent dès le premier jour, quoique d’une allure mal assurée dans le début. A partir du quinzième jour, ils commencent à voler, et, au mois d'août, ils sont parfaitement en état de se préserver des attaques des loups, des renards et des lynx.
Chasse. — Depuis qu'on leur a déclaré la guerre, les Dindons sauvages sont extrêmement difficiles à approcher ; ils fuient dès qu’ils apercoivent l’homme. L’habitude qu'ils ont d’écarter et de gratter la terre, pour chercher leurs aliments, décèle souvent leur retraite, et permet de les sur-
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prendre au fourré. Pendant la neige et les fortes gelées, ils restent fréquemment perchés sur les arbres, pendant tout un jour, sans en bouger ; et, on peut profiter de leur engourdissement pour les approcher d'assez près. Mais, au dégel, ils parcourent des espaces considérables, à une allure si vive qu'il est presque impossible au cavalier le mieux monté de les atteindre. Les chiens dressés à la chasse des Dindons, doivent, aussitôt après avoir éventé ces oiseaux, s’en approcher en silence, puis bondir, à l’improviste, au milieu de la troupe pour la débander, Les oiseaux dispersés sont alors plus faciles à atteindre et à tuer.
« Quand les Dindons s’abattent sur un arbre, à ce que rapporte Audubon, il est quelquefois très difficile de les apercevoir, à cause de leur parfaite immobilité. Lorsqu'on en a découvert un, on peut s’en approcher sans beaucoup de précaution, pourvu qu’il ait les jambes pliées ; s'il est debout, on a besoin de se conduire plus prudemment, car, pour peu qu'il vous apercoive, il s'envole à l’instant, et à des distances assez grandes parfois pour rendre vaine toute tentative de |
poursuite. En hiver, beaucoup de personnes chassent les
Dindons, au clair de la lune, sur les arbres où ils sont + perchés. On en détruit aussi une grande quantité d'une ù manière qui prouve peu de mérite, c'est-à-dire, en automne, lorsqu'ils font effort pour traverser les rivières, ou immédiatement au moment où ils touchent le rivage.» On prend les Dindons dans des pièges, notamment en les attirant dans des tranchées, où l’on a semé des grains et au bout desquelles on a disposé une batterie dont on lâche la détente, au bon moment. D’autres fois, la traînée de grains suit une longue galerie qui s’achemine jusqu’en dessous d’une vaste cage, construite en solives de bois, serrées les unes contre les autres, suffisamment pour empêcher de s’enfuir les oiseaux captifs, assez espacées pour que le jour pénètre. Lorsque les … Dindons, après avoir picoré, à l'ouverture de la tranchée, ‘ca
s’y sont engagés assez avant, ils sont poussés vers le pièce par les nouveaux arrivants. Bientôt, bon gré, mal gré, ils passent sous le petit pont qui masque l'entrée de la cage, franchissent cet endroit obscur, et se trouvent dans une
F1G. 28, — Le Dindon ocellé,
prison ajourée dont ils cherchent à sortir par le dessus et par les côtés. Jamais il ne leur vient à l’idée de regarder en dessous, et de rechercher, sous leurs pieds, la passe par laquelle ils ont pénétré. On en prend plus d’une douzaine d'un coup dans les pièges ainsi préparés.
/ Lacroix DaxLrarp, La Plume. Ô
Au printemps, on attire les Dindons au moyen d’un appeau, en soufflant d’une certaine façon à travers l’un des os de la seconde articulation de l'aile de cet oiseau. Au bruit que l’on produit, et qui ressemble au cri de la femelle, le mâle accourt et on peut le tirer aisément.
Usages. — En dehors des médiocres plumeaux que nous procurent les plumes du Dindon domestique, des excellents que l’on fabrique avec celles du Dindon sauvage, on fait des palatines à l’usage des fermières américaines, avec les longues plumes cotonneuses qui garnissent les cuisses et les parties inférieures et latérales du corps du Dindon d'Amérique. Ces plumes qui sont blanches portent le nom de fauxmarabout.
Le type du genre est le Dindon ocellé (fig. 28) dont, pendant longtemps, on n’a connu en Europe qu’un seul individu. Il habite la baie de Honduras.
Les Paons. — Caractéres. — Parmi les oiseaux qui forment l’ordre des Gallinacés, les Paons se font remarquer à la fois par la richesse de leur parure et par la majesté de leur démarche. Ils se différencient d’ailleurs de tous les
autres gallinacés par leurs sus-caudales, extrêmement allon-
gées, à barbes lâches et soyeuses, qui peuvent se redresser pour s’étaler en roue. En grandeur, les Paons dépassent tous les autres représentants de l’ordre; leur corps est épais, leur cou assez long, et leur tête petite. Les ailes sont courtes,
la queue grande, les tarses hauts; chez le mâle, ils sont
pourvus d’un ergot. Le bec en cône courbé finit en forme de crochet à la pointe. Des joues en partie nues, une aigrette sur la tête sont encore des caractères qui distinguent ces oiseaux.
Distribution géographique. — L'Inde est leur patrie; c’est là qu’on les trouve à l’état sauvage. À Guzarate, à Barroche, à Cambaye, sur la côte de Malabar, dans le
royaume de Siam et à Java, ils sont l’objet d’un commerce