LES ARGUS
Des quatre espèces connues, le Polyplectron chinquis (fig. 30) est la plus remarquable. Get oiseau de 60 centimètres de long (dont 27 pour la queue) a la tête et le haut du cou gris brun, finement moirés et ponctués de noir, le bas du cou, la poitrine, le milieu du ventre bruns, rayés transversalement de brun noir et parsemés de points d’un jaune clair, disposés en séries ; les plumes du manteau jaunâtres, variées de petites raies noirâtres et marquées chacune d’une tache en forme d’æil, arrondie, à reflets variant du gris vert au pourpre; les plumes du dos, du croupion, les grandes sus-caudales d’un brun mat, finement tachetées de jaune d’ocre; les rémiges primaires brun-bistre, tachetées de gris, les rectrices et les longues couvertures de la queue d’un brun mat, tachetées de gris clair et présentant sur leurs bandes internes et externes, près de la pointe, une grande tache en œil, bleu-vert à reflets pourpres, entourée de noir.
On trouve cet oiseau dans l’Assam, le Silhet, l’Arakan et le Tenasserim.
Les Argus. — Distribution géographique. — Dans la famille des phasianidés, on rencontre l’Argus géant (fig. 31), hôte des forêts obscures et sauvages de Java et de Sumatra, de divers points du continent de l'Inde et surtout de Malacca, où il est très commun.
Caracteres. — Le plumage de ce superbe oiseau est plutôt remarquable par l'élégance du dessin que par la vivacité des teintes. Et, quoique le fond de ce plumage ne soit composé que de teintes ocreuses, rousses et brunes, que ne relève aucune nuance vive et brillante, elles y sont réparties avec tant d'harmonie et couvertes d’une si grande profu sion de petites taches, de points même, tantôt plus foncées, tantôt plus claires que ce fond, qu'elles produisent l'effet le plus agréable et même le plus rare dans toute la série ornithologique. Les longues et larges rémiges secondaires de l’Argus géant sont couvertes, dans toute leur longueur, d’une
rangée de grandes taches oculaires, imitant merveilleusement le relief de demi-globes, dont la teinte douce, comme celle de tout le plumage, a cependant quelque chose du bronze antique. Les primaires, à barbes externes blanchâtres, tigrées de brun, à barbes internes fauves, pointillées de blanc, ont leur tige du plus joli bleu de ciel.
La femelle n’offre ni le développement extraordinaire de la queue et des ailes, ni les taches oculaires du mâle. Son plumage est plus obscur. Elle est aussi plus petite que l’Argus qui mesure en longueur près de 2 mètres.
Habitudes. — À ce que rapporte de Rosenberg, «à Padang, sur la côte occidentale de Sumatra, les indigènes apportent souvent des Kuaus (Argus) vivants, et pour le prix de 1 florin et demi à 2 florins la pièce. Cet oiseau doit donc être commun dans les forêts des montagnes de l’île. Au dire des indigènes, il vit en polygamie. Tant que l’amour ne l’excite pas, il a le port et les allures du paon; il rabat ses ailes contre le corps, et étend sa queue horizontalement. Pendant la saison des amours, on voit le mâle, marchant fièrement, dansant dans les clairières les ailes entrouvertes et traînant à terre; on entend le cri singulier, ronflant, par lequel il appelle les femelles, et qui ne ressemble en rien au cri *waw, qui lui a fait donner son nom. La femelle pond de. sept à dix œufs blancs, un peu plus petits que des œufs d’oïe ; elle les dépose dans un nid grossièrement construit, caché dans un buisson; mais, je n’en ai jamais vu. En liberté le Kuauw vit d'insectes, de limaces, de vers, de bourgeons, de graines. Deux que j'ai eus préféraient la bouillie de riz à toute autre nourriture. Sa chair est très savoureuse. »
« Le Kuau ou Argus, écrit Marsden, en 1785, est un oiseau d’une beauté remarquable, et le plus beau peut-être de tous les oiseaux. Quand on l’a pris dans la forêt, il est extrémement difficile à garder en vie. Je n’en ai jamais vu vivre plus d’un mois. Il haït la Jumière, Le tient-on dans un en-