‹ La plume des oiseauxChapitre 38 sur 110 · TER T · texte numérisé non relu

TER T

pa]

« s TT: At -S

45, = 7 KR s56!

momètres placés sur le plan inférieur des œufs ; les thermomètres placés au-dessus des œufs devant toujours avoir 8 degrés de moins que les premiers.

« La transition entre ces périodes doit se faire graduellement, dans l’espace de vingt-quatre heures.

« Il est nécessaire, le matin et le soir, à la même heure, d'ouvrir les coffres, d'enlever les couvertures supérieures et de tourner les œufs d’une demi-révolution pour leur faire prendre l'air pendant 15 minutes. Cette opération doit étre régulière et faite à heure fixe.

« La période d’incubation peut varier de quarante-deux à quarante-six jours ; toutefois, elle peut atteindre cinquante jours, suivant que la saison est plus ou moins avancée, mais rarement et très rarement au delà.

« Vers le trente-cinquième jour, il convient de mirer les œufs, afin de rejeter ceux qui seraient clairs, et de tracer exactement, avec un crayon, la section de la chambre à air.

« Le mirage des œufs d’Autruche est une opération qui, avec les appareils ordinaires, demande une certaine pratique pour reconnaître l'état d'avancement de l'embryon. J'ai inventé, à cet effet, un appareil qui permet de mirer très distinctement les œufs d'Autruche, malgré l’opacité de leur coquille, qui varie de 2 millimètres à 2"%,5 d'épaisseur.

« Dès le trente-cinquième jour, l'œuf acquiert une chaleur intensive qui indique, au toucher, la vitalité de l’embryon, et réclame de la part de l'opérateur une scrupuleuse surveillance dans la conduite de son appareil.

« À partir du quarantième jour, il convient de ne pas quitter l'appareil, afin de suivre attentivement la marche de l'incubation et vérifier si quelques mouvements, bruits ou tressaillements, ne se manifestent pas dans les œufs.

«Au quarante-troisième jour, il faut percer la coquille vers la chambre d’air, au moyen d’un vilebrequin agissant par un arçon qui se meut sur une vis d’Archimède, à filets allongés.

L'œuf, ainsi percé, est remis dans l’incubateur et recouvert

de ses couches de laine ou de ouate; cette petite ouverture permet de surveiller plus facilement l’évolution du poussin.

« Le lendemain, le trou est agrandi de facon à présenter une ouverture de 2 à 3 centimêtres de diamètre. Si, à ce moment, le fœtus fait quelques mouvements saccadés de plus en plus rapprochés, en soulevant fréquemment la membrane séreuse qui l'enveloppe, il faut procéder à sa mise au monde,

déchirer l’enveloppe et l'aider vivement à sortir de prison,

par un tour de main adroit qui réclame une habileté de praticien accoucheur, en prenant le plus grand soin de ne pas porter les mains vers l’abdomen du poussin, ou de le blesser dans ses parties vives.

« Gette opération, qui demande une grande pratique, est extrêmement délicate, et représente la partie la plus difficile de l’incubation artificielle. »

Élevage à la colonie du Cap. — Les colons du Cap de Bonne-Espérance, sur lesquels les éleveurs algériens peuvent encore prendre modèle, laissent à l’état libre, le jour et la nuit, les Autruches adultes de l’âge de six à huit mois. Ges oiseaux pourvoient eux-mêmes à leur nourriture, et ce n’est que de temps en temps qu'on leur jette quelques poignées de grains ou de maïs, pour les habituer aux personnes qui les élèveront et les familiariser avec leurs éducateurs. Les jeunes Autruches s’accoutument si bien à leurs pourvoyeurs qu’elles donnent, s’ils s’absentent trop longtemps, des marques non équivoques d'inquiétude, d’impatience et dé tristesse.

Ces Autruches sont élevées de la manière suivante : très peu de temps après leur éclosion, on les attire en imitant le cri de la mère, afin de leur donner de la nourriture. Cette nourriture consiste en feuilles coupées menues, en légumes de toutes sortes, carottes, salades, etc.; outre cela,on leur donne un peu plus tard quelques poignées de maïs, de blé ou d'orge. On a soin de les tenir chaudement la nuit, sur de la paille,

du foin ou de la laine, et de plus dans une chambre chaude. On ne les laisse point sortir avant que le soleil soit déjà un peu ardent, enfin on leur donne à manger toute la journée.

Maladies des jeunes Autruches. Moyens de les prévenir et de les combattre. — Malgré tous les soins qu’on leur prodigue, la maladie les décime parfois.

Les poussins en bas âge sont sujets à l’inflammation de l'estomac et des instestins, et surtout à l’anémie, qu’ils soient venus naturellement ou par incubation artificielle. On leur administre comme remèdes de la rhubarbe, du fer et du quinquina. Cette médication a produit, jusqu’à présent, des résultats sensiblement meilleurs que l'emploi des phosphates de chaux. À partir du troisième jusqu’au cinquième mois, les Autruchons sont sujets à ce qu’on appelle communément la maladie des pattes ; elle n’est autre chose quele rachitisme ; le D' Merlato, ex-sous-directeur du pare à Autruches du Caire, plus tard directeur du parc d'Aïn-Marmora (province d'Alger), paraît l’avoir démontré dans plusieurs des notes qu’il a publiées. Il prévient et guérit les effets du rachitisme qui se traduisent par l’enflure du talon, le déboîtement du jarret et la fracture des jambes, au moyen du phosphore pur, en dissolution dans de l'huile, administré pendant trente ou quarante jours, à raison d’un milligramme par jour et par bête.

Nous avons dit plus haut que les éleveurs avaient coutume d'appeler à leur aide les couveuses artificielles et qu’ainsi ils arrivaient à tirer parti d'œufs abandonnés par les Autruches dérangées dans leur ponte. Le hasard qui fait bien des choses s’est chargé, au moins une fois, de favoriser une éclosion, sans le secours d’un appareil préparé à dessein. En 1862, à Géryville, à quelques lieues du petit Sahara, se trouvait un israélite, nommé Mardoché, qui était commissionné par une maison d'Alger pour l’achat des plumes et des œufs d’Autruches, Un jour ce juif, revenant d'une oasis

appelée El-Abriod-Sidi-Cheik, avec un chargement d'œufs frais et de dépouilles d’Autruches, n'eut pas le temps de faire vider tous ses œufs, comme il en avait l'habitude, par les soldats de la garnison, et il déposa dans un trou &e la muraille de sa chambre quatre œufs encore pleins. Il les trouvait trop lourds pour les emporter à Alger, où une dépêche l’appelait, sans délai. Un mois et demi se passe, Mardoché revient; il rentre chez lui, et trouve à la place des œufs qu’il avait laissés quatre Autruchons. fort bien portants. L'explication de ce mystère, la voici: la muraille de la chambre de Mardoché était contiguë au four du boulanger

de la localité, chaud de jour et de nuit. Les œufs avaient été

artificiellement couvés et étaient éclos à la faveur de cette douce température.

Maintenant eussiez-vous jamais pensé que les Autruches fussent expertes en l’art de la danse, non! n'est-ce pas ? cela est pourtant, et au dire d’un officier français, fort digne de foi, rien n’est plus curieux que de voir jouer ensemble deux Autruches adultes par un beau clair de lune d'été. « Elles valsent, tournent, sautent, dit-il, vont à la rencontre l’une de l’autre comme deux lutteurs, s'évitent et se recherchent avec une légéreté et une rapidité telles qu'on a peine à suivre leurs mouvements. À chaque course, on se demande si elles ne vont pas briser leur enclos ou se tuer sur le mur ; il n’en est rien; elles évitent tous les obstacles, et ressemblent alors à de véritables oiseaux voltigeant d’une branche à l’autre, »

Nous emprunterons au remarquable ouvrage publié par le D' Pennetier quelques-uns des renseignements qui suivent.

Différentes catégories de plumes. — Les plumes d’Auche peuvent revêtir des couleurs naturelles différentes suivant qu’elles ont été prises sur l’Autruche femelle ou sur l’Autruche mâle. Le plumage de l’Autruche jeune est pom-

# à" a 1Èe Cr à

Cape +

SR Ps :

sg nr:

rom

Re ST LE -

ra

RP

Page 1