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melé de brun noir et de jaune; il devient gris foncé chez la femelle, et chez le mâle, il est noir sur le corps et blanc sur les ailes et la queue. Les plumes, avant toute préparation, sont done blanches, grises ou noires. Les plus estimées sont celles qui ont été recueillies sur les mâles adultes ; celles des jeunes mâles et des femelles n’occupant que le second rang. D’un autre côté, les plumes enlevées sur l’animal vivant sont préférées à celles qui sont arrachées à l’oiseau mort; et les plumes de l’Autruche sauvage ont une plus grande valeur que les plumes de l’Autruche domestique. La dépréciation peut être évaluée à 30 pour 100. Les plus belles plumes courantes dans le commerce proviennent des Autruches vivant dans les régions les plus arides et sablonneuses, privées, le plus possible, d’arbustes, ronces et plantes épi-. neuses susceptibles d’arracher les plumes au passage des animaux.
Le caractère de la plume varie d’ailleurs suivant la région du corps à laquelle elle appartient, Une Autruche fournit environ 250 grammes de plumes blanches et 1 kilozgramme et demi de plumes noires. Celles des ailes sont les plus longues, les plus onduleuses ; elles sont d’un blanc plus ou . moins pur. Celles de la queue sont inférieures, en qualité, leur coloration est blanc sale ; celles qui garnissent la région dorsale et le dessus des ailes sont plus courtes et moins souples, mais d’un beau noir lustré; il en est de même des plumes de la poitrine et de la croupe ; ces dernières occupent le dernier rang.
Les plumes blanches, qui varient du blanc mat au blanc jaunâtre, sont les plus estimées de toutes ; elles se vendent à la pièce et se classent comme il suit : n° 1, plumes d'ailes de parfaite conservation, à tête bien garnie, et dontle duvet est épais, long et soyeux; n° 2 (sorte dite femelle), plumes d'ailes légèrement altérées, à tête un peu moins fournie et à duvet moins abondant ; n° 3, plumes d'ailes également, mais
manquant de tête; n° 4, plumes de queue valant dix fois moins que la première sorte. Les plumes noires arrivent assorties en longueur ainsi que les plumes grises; ces dernières comprennent toutes celles dont la nuance varie entre le blanc et le noir.
Récolte des plumes. — On enlève les plumes mûres tous les huit mois, soit en les arrachant, soit en les coupant au niveau de la peau et en laissant la base tomber naturellement. Elles sont néanmoins fort recherchées avant leur maturité, et désignées alors sous le nom de sanguinolentes, parce que l’extrémitédutuyau renferme un peu de sang. Nous trouvons dans le journal le Chasseur français, de curieux détails sur le procédé employé par les éleveurs pour l’enlèvement des plumes.
Dans les établissements d'élevage américains, la première récolte s'effectue dès que les animaux ont atteint l’âge d’un an ; on répète l’opération tous les huit mois.
La force des Autruches et les terribles coups de pied … qu’elles peuvent décocher par devant, font de l'enlèvement des plumes une opération assez dangereuse; aussi deux individus doivent-ils s’en charger en procédant de la façon suivante: dans un des angles de chaque parc à Autruches, on voit une sorte de guérite assez haute, ayant 1",50 de côté. Un des hommes entre dans la guérite, où il répand une poignée de grains sur le sol, l’autre reste à l'extérieur. Une Autruche s'approche, allonge son cou dans la guérite et se met à picorer le grain. L'homme resté dans l'enclos la pousse alors vivement, mais sans violence, vers l’intérieur, pendant que son compagnon la saisissant par le cou, lui enfonce la tête dans une sorte de chausse en tissus épais, de sac long et étroit, fixé à la paroi faisant face à la porte. L'animal aveuglé ne cherche plus à se défendre, et la é récolte peut aussitôt commencer; mais les deux hommes ont soin de toujours se tenir derrière l’Autruche, afin de ne pas
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