LES CASOARS
Sumatra et dans les parties correspondantes du continent. Les iles de l’Archipel indien sont donc sa demeure de prédilection. On le trouve surtout en abondance dans les forêts profondes de l’île de Ceram.
Domestication. — Bien que cet oiseau soit fort difficile à vivre, il s’apprivoise cependant ; mais, il demeure stupide et glouton, et d’un commerce, aussi bien que d’une odeur désagréables. Malgré ces travers et cette infirmité, il semble se croire fort au-dessus du reste des animaux, si l’on en juge par les airs prétentieux qu’il se donne et par sa démarche bizarre et étudiée. On dit des gens vaniteux qu'ils s’écoutent parler, on peut dire de cet oiseau qu’il se contemple marcher. A l’état libre, le Casoar vit de fruits, d'œufs et même, à ce que l’on prétend, de petits animaux. Poivre, qui en a élevé un en liberté à l’ile de France, dit l’avoir vu plusieurs fois frapper de ses pieds des arbres chargés de fruits qu’il ne pouvait atteindre, afin de les en détacher. En captivité, il mange de tout, se montre fort amateur de pommes et de carottes, qu’il avale sans les triturer. Il a, d’ailleurs, les intestins si complaisants et le trajet des aliments à travers son corps se fait si rapidement, qu’il lui arrive de rendre des pommes et des carottes entières. Quant aux œufs de poule, dont il se montre très friand, on l’a vu les rendre, parfois, sans les briser.
Chasse. — M.Thomas Anquetil!, dans le récit qu’il a publié de ses Aventures et chasses en extréme Orient, relate une chasse au Casoar à laquelle il prit part en Birmanie. Poussée par d’habiles traqueurs, une troupe de ces oiseaux arriva, en courant, en poussant des cris rauques et des grognements plaintifs, jusqu’à proximité de l’embuscade où les chasseurs se tenaient cachés. « À cinquante pas, dit M. Thomas An-
1 Thomas Anquetil, Aventures et chasses dans l'extrême Orient, * Paris, 1874.
quetil, j'abattis un volatile à la course avec du gros plomb. Ensuite, j'en tirai un autre; il s’affaissa doucement. Nous eûmes à peine le temps, mes domestiques et moi, de tirer
chacun nos deux coups de fusil. Les volatiles ayant réussi
à gagner la forêt, nous les perdîimes de vue. »
De même que les Autruches et les Nandous, les Casoars,
surtout lorsqu'ils sont blessés, sont quelquefois dangereux à
approcher. L'exemple suivant, que nous empruntons au : voyageur dont nous venons de parler, est là pour le démon-
trer. Le domestique de ce voyageur, transporté de joie d'avoir abattu d’un coup de feu un magnifique Casoar à casque, se précipita sur l'oiseau, qui n’était que blessé. Celui-ci se mit à pousser des grognements intraduisibles, à
se débattre avec tant de violence que son agresseur eut ses
vêtements déchirés, les bras meurtris, et qu’il reçut à la tête :
un coup d’aile qui l’étourdit.
La sauvagerie du Casoar a empêché les voyageurs de
l’observer facilement ; aussi ne sait-on que peu de choses de sa manière de vivre, soit isolé, soit en famille, et de son.
mode de reproduction en liberté. Captifs, ces oiseaux s’ac-
couplent ; la femelle pond et couve; mais, le ménage est …
troublé par des querelles perpétuelles, et il est rare que les
petits soient amenés à bien. Ils n’échappent que difficilement aux fureurs du père. Jusqu'à présent, à Londres seulement,
on a réussi à élever de jeunes Casoars à casque.
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