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cri terrible qui n’avait rien de la voix d’un oiseau, et ressemblait plutôt au rugissement d’un des grands carnassiers, tel que l’Hyène. » (Nordmann.)
Captivité. — En captivité, surtout s’il a été pris de jeunesse, le Pélican est susceptible d’une certaine éducation ; on cite un de ces oiseaux qui, nourri à la cour de Bavière, y resta quarante ans, aimable compagnon et grand amateur de musique. Belon en vit un autre dans l’île de Rhodes, qui se promenait familièrement dans la ville, et Gesner raconte, d’après Culmann, l’histoire d’un Pélican qui suivait l’empereur Maximilien, en marche avec son armée, Ce Pélican fameux vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans; dans sa vieillesse il eut une liste civile de quatre écus par jour; il fut ainsi nourri aux frais de l’État jusqu’à sa mort.
Chasse. — Onse livre à la chasse du Pélican surtout dans le sud de l’Europe; elle se pratique presque toujours à l'affût dans les endroits où ces oiseaux viennent digérer et dormir. On en massacre ainsi de grandes quantités, et il n’est pas besoin pour tuer l'animal de charger à gros plomb, un coup de petite grenaille suffit à l’abattre. Maïs quand les Pélicans ont entendu siffler le plomb à plusieurs reprises, ils deviennent inquiets, farouches, et bien qu'ils ne quittent la place adoptée qu'à la dernière extrémité, ils ne s’y laissent plus surprendre que difficilement. Sur l’eau, après les premières poursuites, ils deviennent inabordables.
La loi de Mahomet prohibe l'usage de la viande de Pélican; toutefois les Mahométans ne craignent pas de chasser cet oiseau pour le manger. Mais il paraît que les pêcheurs arabes se montrent à l’égard de ce malheureux volatile d’une impitoyable cruauté. Lorsqu'ils ont capturé un Pélican, ils lui crèvent les yeux avec une aiguille, passent un fil au travers de la blessure et attachent les deux bouts du fil sur le sommet de la tête. Une grave inflammation ne tarde pas à survenir, qui, après de cruelles souffrances, occa-
sionne la mort de l'oiseau. On envoie le corps au marché, où il est vendu de 20 à 25 sous.
Classification. — Les Pélicans se divisent en cinq
espèces :
1° Le Pélican ordinaire ou onocrotale (fig. 53), dont le plumage est d’un beau blanc nuancé de rose clair sur toutes les parties. Il vit habituellement dans les contrées orientales de l’Europe, est très commun sur les lacs et sur les
rivières de Hongrie et de Russie, et se rencontre acciden-
tellement en France. On le trouve aussi en Afrique eten …
Amérique.
2o Le Pélican huppé ou frisé, à plumage blanc nuancé de roux sur la poitrine. Il doit son nom aux plumes de sa tête et de la partie supérieure de son cou qui sont crispées et croisées entre elles; de façon à former une touffe assez grosse. La mer Noire, lesîles voisines de l'embouchure du Danube, sont les contrées qu’il habite communément ; on le voit aussi au Sénégal. ;
3° Le Pélican brun qui se trouve aux Antilles, sur les côtes du Pérou, au Bengale et à la Caroline du Sud. Plus petit que le Pélican ordinaire, il est aussi d’une coloration différente. Il a la tête blanche, le cou marron ; le dos et les ailes flammés de brun; le thorax et l'abdomen marron, flammés de blanc.
4° Le Pélican à lunettes, au plumage blanc, légèrement teint de roussâtre sur la poitrine, qu’on trouve dans les terres australes. |
5° Une cinquième espèce habite le Mexique et le Chili. Le plumage est blanc et noir, comme celui du Pélican ordinaire. Il ne diffère du reste de cet oiseau que par les dentelures de ses mandibules, dont les bords sont découpés en scie.
Les Phaëtons. — Caractères et mœurs. — Les Phaétons,
fils du soleil, dont les longues pennes de la queue sont très
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recherchées par les habitants des îles de l’océan Indien, ont excité l'enthousiasme de la plupart des naturalistes. Quelques-uns, plus sceptiques, ont donné à ces oiseaux le nom assez vulgaire de Paille en queue, à cause des deux rectrices très longues, très minces, simulant des brins qu'ils portent à l'extrémité de cet appendice. On les connaît aussi sous le nom d’Oiseaux des tropiques, parce qu’ils apprennent au marin que le navire qui le porte a atteint la zone torride. En fait, le Phaéton, abandonne bien rarement cette zone pour les régions tempérées du globe et c’est par accident qu'il s’y égare. Voici comment s'exprime Bennett sur notre oiseau : « Les oiseaux du tropique appartiennent incontestablement aux plus jolis oiseaux de mer et soulèvent l'admiration générale, quand le soleil se joue dans leurs admirables couleurs. Leurs habitudes sont aussi douces et aimables que leur vol est gracieux, et c’est un véritable plaisir que d'admirer leurs évolutions. Les navires semblent souvent attirer leur attention ; ils s’en approchent, les entourent, descendent du haut des airs en spirales de plus en plus étroites, se balancent alors un certain temps, à une petite hauteur et vont même, mais rarement, se poser sur les vergues. Quand ils ne sont pas inquiétés, ils accompagnent souvent les navigateurs des jours entiers, jusqu'à ce que le bâtiment ait dépassé leur circonscripiton ou qu’une autre cause les force à s’éloigner. »
Les Phaétons, comme les autres oiseaux pélagiens, tels que les Fous, les Pétrels et les Frégates, sont presque exclusivement piscivores. C’est donc vers la pêche que sont tendues toutes leurs facultés, et sur les flots que se passe la plus grande partie de leur existence. Aussi les voit-on presque sans relâche voltiger au-dessus des eaux, guetter et poursuivre les poissons volants, et prendre, sans plonger, toutes les proies grosses et petites que la vague tire du fond pour les amener à la surface, Sortis de l’eau, ils recherchent
les arbres et les rochers escarpés, d’où ils peuvent, à la
faveur de l’air qui s’engouffre dans leurs ailes énormes, se laisser tomber sans danger et prendre un essor facile. Des flots, où ils viennent s’abattre souvent pour se reposer, ils ne
peuvent s'élever qu’en profitant des hautes lames qui les. emportent, et du sommet desquelles ils reprennent leur
volée.
Les Phaétons choisissent, de préférence, pour nidifier et
se reproduire, les îles les moins fréquentées. Là, où 1ls ne
sont point dérangés, is déposent leurs deux ou trois œufs,
par terre, sous d’épais fourrés ; s’ils craignent les visites de … l’homme, ils choisissent pour - faire leurs nids les excava-
tions et les crevasses des rochers les plus escarpés.
Les petits, à ce que dit Bennett, ressemblent plutôt à une À
houppe à poudrer en duvet de cygne qu’à un oiseau : « Ils sont ronds comme une balle et recouverts d’un abondant duvet, d’une grande souplesse et d’une blancheur de neige.» Au bout de trois ans seulement apparaissent Les belles cou
leurs qui en font des oiseaux recherchés, et les longues |
pennes de la queue qui les distinguent.
Classification. — La plupart des naturalistes s ACCOS à reconnaître trois espèces dans les Phaétons :
4° Le Phaëton à brins rouges, habitant les mers de
l'Inde et de l'Amérique, Madagascar, l’île de France et l'océan Pacifique. Son plumage, généralement blanc, est
nuancé d’une légère teinte rose ; la région oculaire et les couvertures des ailes sont noires ; les deux longues pennes de la queue et le bec sont rouges. Cet oiseau mesure 2,11 de long ; 2,33 d'envergure ; la grandeur des plus longues pennes de la queue est de 31 centimètres.
20 Le Phaëton à brins blanes,ou Phaëton éthéré(fig.53),.
l'Oiseau des tropiques des navigateurs, il se trouve dans
l'océan Atlantique ; son plumage est blanc, son bec rouge ; la région oculaire et le haut des ailes noirs ; les deux lon-.
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gues pennes de la queue blanches, à tiges brunes. Il mesure 80 centimètres de longueur, 1",12 d'envergure ; les longues pennes de la queue ont à elles seules 47 centimètres.
3° Le Phaëton a bec jaune, qui se rencontre dans les parages des îles Bourbon et Maurice,